Oenanthe oenanthe
Espèce protégée
Nicheur éventuel, très rare et irrégulier ; migrateur peu commun
Statut en Europe et en France
Le Traquet motteux niche dans la plus grande partie du Paléarctique, ainsi que dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord. Il est largement distribué en Europe, ce sont les pays du Nord qui sont les plus peuplés (Scandinavie) ainsi que la Turquie. Un déclin numérique a été constaté dans une grande partie de son aire de répartition, y compris dans ses bastions, depuis les années 1980.
En France, son déclin est réel et concerne surtout les populations littorales et de plaine, nettement plus dispersées que les populations montagnardes qui sont majoritaires dans le pays. Cette population de plaine est très menacée et pourrait rapidement disparaitre.
Le Traquet motteux est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
Il existe (ou existait ?) une petite population normande qui a nettement diminué depuis 30 ans, en particulier sur le littoral dunaire du département de la Manche, les différents sites de nidification n’étant le plus souvent pas occupés régulièrement. En particulier, le havre de la Vanlée au nord de Granville, qui recelait il y a encore quelques années une petite population de quelques dizaines de couples, n’est plus occupé chaque année actuellement. L’espèce est donc au bord de l’extinction en Normandie, voire déjà éteinte.
En migration, le Traquet motteux peut être considéré comme peu commun en Normandie, mais visible dans toute la région, tant sur le littoral que dans les cultures ou les prairies rases.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « De passage régulier, surtout sur le littoral, en mars, avril et en septembre. Un petit nombre d’individus niche chez nous, surtout le long de la mer. Œnanthe œnanthe leucorhoa : cette forme passe régulièrement à peu près comme la précédente (plutôt un peu plus tard) le long de nos côtes ».
Écologie et habitat
En période de nidification, le Traquet motteux occupe des milieux ouverts et vallonnés, dotés d’une végétation rase et de cavités pour cacher son nid, telles que terriers de lapins, tas de pierres ou trous sous des rochers. Un sol bien sec est également nécessaire. Il peut ainsi nicher dans les dunes, les plaines cultivées extensivement et les carrières. Le Traquet motteux hiverne au sud du Sahara. Les insectes constituent la base de on régime alimentaire, agrémenté de quelques fruits. Lors de ses déplacements migratoires, il peut s’observer dans tous types de milieux ouverts, y compris les terres labourées des zones de grandes cultures. Des migrateurs peuvent être vus et peuvent même stationner tardivement au printemps, en l’absence de toute tentative de nidification, ainsi que sporadiquement presque jusqu’à la fin de l’automne.
Conservation
Le déclin a d’abord surtout touché les populations de plaine. Ayant débuté dans les années 1930, il est avant tout le fait de l’agriculture intensive : occupation maximale des parcelles cultivées au détriment des sites potentiels de nidification, mise en culture, plantation de résineux, pâturage intensif ou fermeture spontanée de secteurs autrefois soumis au pastoralisme extensif ovin (coteaux calcaires, hauts de falaises). D’autres facteurs peuvent être mis en avant : élimination des vieux murs, pesticides, développement urbain (littoral), aménagements industriels (baie de Seine) et dérangements dus à la fréquentation humaine (littoral). A tout cela s’ajoute la myxomatose qui, en éliminant 90 % des lapins dans les années d’après-guerre, a forcément eu des répercussions sur le Traquet motteux, en permettant à l’herbe de pousser et en raréfiant les terriers. Les années de sécheresse sévère dans la région du Sahel, où hiverne l’espèce, ont également été incriminées dans la diminution des effectifs nicheurs européens, ainsi que la capture persistante des oiseaux dans les pays du pourtour méditerranéen. A ces causes s’ajoute aussi l’impact du réchauffement climatique, qui pourrait affecter significativement les populations montagnardes et nordiques de ce passereau.
Des mesures pour tenter de fixer quelques couples dans la région pourraient être prises : protection et gestion adaptée de secteurs littoraux prairiaux (hauts de falaises, pelouses dunaires) et de coteaux calcaires, avec pâturage extensif, et sans chasse (pour favoriser le développement des populations de lapin) ; protection, avec limitation de la fréquentation canine et humaine, de secteurs favorables à l’espèce ; prise en compte des exigences du Traquet motteux dans les réaménagements de carrières.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
L’espèce est disparue comme reproductrice régulière.
Période internuptiale
En période postnuptiale, il est observé surtout en août et septembre. A l’instar des oiseaux nicheurs, les effectifs des migrateurs ont nettement décliné.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 9 | 5 | NA | NA | NA | NA |
Nette en septembre avec une fréquence de 9 %, la migration du Traquet motteux s’estompe en octobre sur nos échantillons. L’espèce ne fait que passer et demeure absente le reste de la période hivernale.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 19 | 8 | 1 | NA | NA | NA |
Comme lors de l’enquête, le passage migratoire est bien décelé dans notre base de données en septembre, diminue en octobre et n’est plus qu’anecdotique en novembre. Ce migrateur ne reste pas en hiver dans notre région.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 1 | 3 |
Migrateur peu commun, la fréquence du Traquet motteux semble néanmoins augmenter entre les deux enquêtes de 2017 et 2019 en Haute-Normandie.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Traquet motteux, période de reproduction et d’hivernage.
