Torcol fourmilier

Jynx torquilla

Espèce protégée

Nicheur éventuel, très rare et irrégulier ; migrateur rare

Statut en Europe et en France

Le Torcol fourmilier est largement répandu dans tout le Paléarctique. En Europe, ses bastions se situent dans la partie orientale et méditerranéenne du continent, et son aire de distribution se contracte par le nord-ouest de l’Europe. Il est dorénavant absent des Iles Britanniques. Il a décliné en Europe depuis la fin du xixe siècle, et particulièrement depuis les années 1960, mais est considéré comme en augmentation plus récemment.

En France, il manque maintenant dans une grande partie du tiers nord-ouest du pays, et son recul continue vers le Sud.

Le Torcol fourmilier est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).

Statut en Normandie

Entre 1985 et 1988, lors de l’enquête pour l’atlas des nicheurs de Normandie, le Torcol avait été trouvé nicheur en plusieurs points de la vallée de l’Eure, et des indices de probabilité ont été notés près du Havre ainsi que dans le Calvados. Cette situation appartient maintenant au passé, puisque malgré des recherches ciblées depuis plusieurs années sur les derniers sites occupés, le Torcol n’a donné aucun indice de nidification en Normandie depuis le début du XXIe siècle.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Arrive en avril et nous quitte en août-septembre. Beaucoup moins commun qu’il y a une trentaine d’années – peut-être pour les mêmes raisons que la Huppe – le Torcol niche en petit nombre dans toute la Haute-Normandie ».

Écologie et habitat

Migrateur transsaharien, avec quelques hivernants autour de la Méditerranée dont la France, le Torcol niche dans des secteurs plutôt secs, chauds et abrités, relativement ouverts et comportant haies, vieux arbres et zones herbacées suffisamment rases pour y trouver les fourmis qui font l’essentiel de son régime alimentaire. Il occupait ainsi en Normandie les secteurs bocagers traditionnels bien exposés, où il nichait surtout dans des cavités (souvent creusées par des pics) de vieux pommiers, d’arbres têtards ou de lisières forestières, parfois près des habitations. L’arrivée des nicheurs s’effectue de début avril à début mai, et leur départ depuis le début d’août à la mi-septembre. Si quelques oiseaux hivernent dans le sud de l’Europe, la majorité des torcols se rend en Afrique sub-saharienne.

Conservation

Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer le déclin du Torcol, celui-ci étant vraisemblablement dû à plusieurs facteurs intriqués. L’espèce étant en régression depuis longtemps, on peut envisager d’abord certaines causes plausibles à cette époque : élimination des vieux arbres (mentionnée déjà par Olivier en 1938) et des haies, concurrence avec l’Étourneau (que le Torcol a du mal à déloger alors qu’il y arrive très bien avec les autres passereaux), facteurs climatiques, diminution du pâturage ovin (fermeture du milieu, disparition des pelouses sèches). Après le milieu du XXe siècle, on peut mentionner les pesticides, responsables de la diminution de ses ressources alimentaires, la diminution des prairies pâturées, la disparition des vergers hautes tiges et des têtards riches en cavités et la destruction des haies. En résumé, il semble qu’il faille incriminer en premier lieu la disparition du paysage et des activités agricoles traditionnels. La solution, comme pour nombre d’espèces liées à ces milieux, réside dans le changement des pratiques agricoles vers une extensification : polycultures, pâturage extensif, réhabilitation des haies, maintien de vieux arbres, limitation sévère des pesticides, pratiques qui pourront redevenir la règle, avec l’aide d’une réelle volonté politique et des aides financières incitatives.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Torcol fourmilier sur un tronc d'arbre
Torcol fourmilier © Frédéric Malvaud

Nidification

Le Torcol n’a donné aucun indice de nidification en Normandie depuis le début du XXIe siècle.

Période internuptiale

Quelques migrateurs isolés se manifestent annuellement, les observations étant concentrées sur la période fin août-début septembre.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
1NANANANANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

La fréquence très basse du Torcol sur les échantillons prospectés traduit son passage migratoire en septembre. Il est ensuite absent le reste de la saison hivernale.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
1NANANANANA
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

De façon identique, notre base de données indique bien un passage en septembre, puis l’absence de l’espèce.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Torcol fourmilier, période de reproduction et d’hivernage.