Tarin des aulnes

Carduelis spinus

Espèce protégée

Nicheur rare et occasionnel (10 couples) ; hivernant peu commun

Statut en Europe et en France

Nichant dans les forêts de conifères, de l’Europe de l’Ouest à l’est de l’Asie, le Tarin des aulnes a ses bastions européens en Fennoscandie, principalement en Finlande. La population européenne est considérée fluctuante et l’espèce décline dans l’Union européenne.

En France, il est un nicheur montagnard rare, peu fidèle à ses lieux de nidification, et d’effectifs fluctuants d’une année sur l’autre, mais le Tarin des aulnes est surtout un hivernant peu commun sur l’ensemble du territoire, à effectifs annuels très variables.

Le Tarin des aulnes est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).

Statut en Normandie

En Normandie, le Tarin est un hivernant peu commun qui arrive surtout en octobre ; il se déplace alors en bandes nomades et bruyantes (des mâles pouvant chanter en fin d’hiver) atteignant parfois plusieurs centaines d’individus, mais plus généralement quelques dizaines, parfois en compagnie de sizerins flammés. A l’instar du Pinson du Nord, le département de la Manche semble manifestement peu fréquenté par l’espèce.

Une augmentation de l’effectif hivernant moyen depuis la seconde guerre mondiale est patente, au vu des commentaires d’Olivier pour la Haute-Normandie, qui ne reflètent pas la réalité actuelle (« Passe en octobre ; un petit nombre hiverne parfois ; repasse en mars-avril. C’est toujours un oiseau très peu commun, même rare le plus souvent »). Le gros des départs vers les zones de reproduction se situe en février-mars, avec de rares attardés jusqu’en avril.

Un passage migratoire est noté à l’automne sur les sites d’observation du littoral.

Des indices pouvant indiquer une nidification ont été relevés certaines années récentes, en particulier dans l’Orne, mais la reproduction est toujours difficile à prouver car cette espèce est extrêmement discrète. La découverte d’une famille (jeunes à peine sortis du nid nourris par des adultes) en forêt du Trait-Maulévrier (Seine-Maritime) en 2018 atteste cependant que notre région abrite des reproducteurs occasionnels.

Écologie et habitat

En hiver, le Tarin exploite principalement les fruits des aulnes ou des bouleaux. C’est en forêt et dans les aulnes bordant les rivières qu’on le rencontre le plus souvent. Les tarins qui hivernent en Normandie viennent du nord et de l’est de l’Europe et, peut-être, certaines années d’invasions, de populations plus orientales.

Conservation

Le Tarin des aulnes a probablement connu une expansion il y a quelques dizaines d’années, probablement en lien avec l’expansion des plantations d’épicéas dans son aire de nidification, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, où un déclin est constaté, bien que probablement modéré. Le réchauffement climatique pourrait à l’avenir avoir des effets négatifs sur le statut du Tarin.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Tarin des aulnes
Tarin des aulnes © Jean-Pierre Aumont

Nidification

Notre région abrite de rares reproducteurs occasionnels (10 couples).

Période internuptiale

Les effectifs hivernants sont très fluctuants d’une année sur l’autre, et au cours d’un même hiver.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA101210126
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Le Tarin arrive en Normandie à partir d’octobre, avec une fréquence stable jusqu’en janvier. Les départs vers les sites de nidification commencent à partir de février.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
11817171812
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données reflète le même profil du séjour des hivernants : nette arrivée à partir d’octobre, fréquences stables jusqu’à janvier puis départ en février. 

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
107
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

La fréquence du Tarin des aulnes a nettement baissé (- 30 %) entre les deux enquêtes de 2017 et 2019 en Haute-Normandie, ce qui pourrait s’expliquer par une diminution des hivernants due au réchauffement global.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)NA2112NA
Effectifs (nombre d’individus)NA49 40017 90018 70050 600NA
Densités et effectifs par mois en Normandie

Notre enquête indique que quelques dizaines de milliers d’oiseaux passent ou séjournent en Normandie en période internuptiale.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Tarin des aulnes, période de reproduction et d’hivernage.