Saxicola rubetra
Espèce protégée
Nicheur rare (4 000 couples) ; migrateur peu commun
Statut en Europe et en France
Le Tarier des prés niche dans toute l’Europe sauf dans certaines parties du sud et du sud-est du continent. Plus de 90 % des couples nichent de l’Europe du Nord à l’Europe de l’Est. Sa population européenne a décliné de 75 % depuis 1980. Pologne et Pays Baltes constituent le principal bastion européen.
En France, ses effectifs sont très nettement en déclin, particulièrement dans la moitié nord du pays, alors que l’espèce était donnée par tous les auteurs anciens comme commune presque partout, notamment dans le nord-ouest de la France. Il semble que les populations de plaine du Tarier des prés soient en train de disparaître, avec une réduction de la population française de 43 % depuis 2001.
Le Tarier des prés est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
Actuellement très localisé, essentiellement aux marais de Carentan, à la basse vallée de la Seine, et plus secondairement aux marais de la Dives dans le Calvados, avec quelques sites épars de moindre importance numérique, le Tarier des prés était, selon les auteurs du XIXe siècle, commun dans presque toute la Normandie. Ses effectifs, comme dans les régions voisines, se sont fortement réduits ces dernières années. Ainsi, ce Tarier n’occupe plus que les secteurs où subsiste un ensemble de prairies humides de fauche bénéficiant d’une fenaison tardive. Celles-ci permettent le maintien de petites populations formant des colonies lâches.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Le Tarier des prés est commun à ses deux passages annuels ».
Écologie et habitat
En Normandie, le Tarier des prés est un habitant des prairies de fauche humides, plus rarement des pâturages extensifs, présentant des perchoirs peu élevés (clôtures, tiges élevées éparses). Il nous quitte en septembre et hiverne en Afrique tropicale, pour revenir nicher dans notre pays à partir d’avril, des migrateurs pouvant être notés jusqu’au début de juin. Il construit son nid au sol sous des herbes retombantes et pond ses œufs dans la seconde quinzaine de mai ou au début de juin, une deuxième nichée étant très rare. Son alimentation est à base de petits invertébrés de type insectes, araignées et petits vers.
Conservation
La principale cause du déclin du Tarier des prés est la raréfaction des prairies de fauche, par le drainage, la culture du maïs, la plantation de peupliers, la disparition du pâturage extensif et l’exploitation des granulats (vallée de la Seine et de l’Eure en particulier). Une cause peut-être tout aussi importante est la fenaison précoce (constatée souvent dès le début de juin voire courant mai), en pleine période de nidification, détruisant nids et oisillons (comme pour le Râle des genêts ou la Bergeronnette printanière). De plus, l’appauvrissement de la variété de semis utilisés pour les prairies artificielles, et les biocides répandus, raréfient l’entomofaune dont le Tarier des prés se nourrit. Les conditions d’hivernage sont peut-être aussi partiellement en cause du fait de l’extension du désert, allongeant ainsi les distances à parcourir pour gagner l’Afrique sub-saharienne qu’occupe en hiver le Tarier des prés jusqu’au sud de l’Afrique Centrale.
La protection de son habitat est l’objectif prioritaire. Celle-ci passe par une agriculture moins intensive : conservation des prairies humides de fauche avec fenaison tardive et pâturage extensif. Ceci implique des mesures gouvernementales, déjà prises en partie mais semble-t-il insuffisantes, pour limiter la conversion des prairies humides en carrières, champs de maïs, peupleraies, et pour éviter toute forme d’intensification agricole, quelle qu’elle soit. Les mesures agri-environnementales destinées à encourager la fauche tardive (pas avant le mois d’août) doivent être développées, mais comme pour le Râle des genêts, il sera certainement indispensable d’engager des politiques de préservation de plus grande ampleur, comme créer sur de grands secteurs de prairies humides des zones de plusieurs milliers d’hectares sur lesquelles les pouvoirs publics auront une réelle maîtrise afin de gérer les contraintes hydrauliques, définir un maillage de zones de faible superficie pâturées très extensivement ou fauchées, avec en permanence des zones refuges, retarder les dates de fauche au mois de septembre et proscrire tout amendement et tous produits chimiques, pour espérer sauver cette espèce.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Actuellement très localisé, essentiellement aux marais de Carentan (80 % de la population régionale) et à la basse vallée de la Seine, avec quelques sites épars de moindre importance numérique, le Tarier des prés présente un des derniers bastions nationaux de plaine (environ 10 % des effectifs français, autour de 4 000 couples en Normandie).
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 4 | 1 | 5 (96ème rang) |
L’enquête fait apparaître une nette rétractation de l’espèce en Haute-Normandie entre les deux sessions.
Période internuptiale
L’espèce est cependant assez répandue au passage postnuptial, dans tous types de milieux ouverts, ce qui n’est pas le cas au printemps, où les contacts avec des migrateurs sont nettement moins fréquents.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 3 | 1 | NA | NA | NA | NA |
C’est en septembre où on l’observe le plus, avant son départ en Afrique. Quelques individus peuvent encore être observés en octobre mais en très petit nombre.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 10 | 1 | NA | NA | NA | NA |
Notre base de données montre une situation similaire, avec une fréquence élevée au passage de septembre.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La fréquence trop basse de cette espèce migratrice ne permet pas d’évaluer les effectifs lors de la période internuptiale.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Tarier des prés, période de reproduction et d’hivernage.
