Tarier pâtre

Saxicola torquatus

Espèce protégée

Nicheur commun (15 000 couples), hivernant peu commun

Statut en Europe et en France

Le Tarier pâtre occupe, sous différentes sous-espèces, l’Asie, l’Afrique du Nord, ainsi que l’Europe moyenne et méridionale. Au nord des Pays-Bas, il niche seulement en Ecosse, et depuis une vingtaine d’années sur la face occidentale de la Norvège. La péninsule ibérique abrite plus de la moitié de la population européenne. Il est considéré comme en déclin en Europe.

Présent dans toute la France, il a connu une phase de déclin sévère jusqu’en 1990 en lien avec les modifications des pratiques agricoles, puis une récente augmentation globale mais modérée de ses effectifs, avec des fluctuations en fonction de la survenue d’hivers rigoureux. Au total, sur le long terme, l’espèce est en déclin modéré en France. Migrateur partiel, le Tarier pâtre quitte les régions les plus froides en hiver pour se rendre le long du littoral occidental européen et sur le pourtour méditerranéen. La France abrite, dans une grande moitié sud-ouest, des hivernants probablement issus en grande partie des nicheurs nordiques et est-européens.

Statut en Normandie

Les auteurs anciens le disaient commun ou très commun, avant le milieu du xxe siècle : « En partie sédentaire ; en partie migrateur. Commun ou très commun » selon Olivier pour la Haute-Normandie. Ceci n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Il est surtout présent dans le département de la Manche, et sur tout le littoral de la région, ainsi que dans la vallée de la Seine. Il est peu fréquent, voire rare ou absent ailleurs. Un passage de migrateurs, comprenant les oiseaux de Normandie qui fuient l’hiver, est noté de fin août à fin octobre. En hiver, le Tarier pâtre est nettement plus rare à l’intérieur des terres, l’essentiel de la petite population hivernante se concentrant sur le littoral ; en effet, l’espèce est fort sensible au froid, et les populations hivernales sont parfois décimées par les hivers rudes. Néanmoins, les territoires désertés en hiver sont souvent réoccupés dès février.

Écologie et habitat

Le Tarier pâtre est typiquement une espèce de landes et de friches, sèches ou non. En Normandie, les nicheurs occupent essentiellement les landes côtières, les bandes non cultivées des hauts de falaises, les bordures de prairies, les remblais et bordures de carrières, les hauts de talus autoroutiers, ou encore les parcelles forestières en régénération. Il niche aussi parfois à l’intérieur des champs de colza, mais semble éviter les zones de cultures intensives. Il lui faut aussi des buissons ou des touffes de hautes herbes pour abriter son nid, avec la possibilité de se percher bien en évidence. Souvent sous une clôture ou un piquet, le nid est caché en dessous, au sol ou près du sol. Les alentours, bien dégagés, doivent comporter une végétation basse ou clairsemée. Les secteurs côtiers recueillent les meilleures densités de nicheurs, mais sont aussi ceux qui accueillent le plus d’hivernants, ces derniers se repliant aussi localement dans les grandes vallées alluviales où le climat est plus clément, comme dans la vallée de la Seine.

Certains couples sont déjà appariés en automne, et paraissent défendre leur territoire dès cette époque de l’année. Les premières pontes sont déposées en avril, une seconde ponte est habituelle, suivie parfois d’une troisième, permettant d’observer des familles jusqu’en septembre. Le Tarier pâtre est insectivore.

Conservation

La principale cause du déclin du Tarier pâtre est l’intensification agricole, avec la destruction des haies et des buissons, la mise en cultures des prairies, le boisement de zones ouvertes favorables à l’espèce (anciennes carrières, par exemple). Des facteurs naturels, comme les hivers très froids, peuvent provisoirement réduire les populations du Tarier pâtre, qui a la capacité de compenser assez vite ces pertes par  une forte productivité.

C’est le maintien d’une agriculture extensive, ou un retour à celle-ci, qui favorisera le Tarier pâtre, avec la disponibilité de secteurs comportant prairies, haies et buissons. De même il convient, dans ce but, d’éviter le boisement systématique des carrières en fin d’exploitation, ainsi que des landes et des friches. Il a été également préconisé de laisser des bandes herbeuses fauchées seulement tous les 3 ou 4 ans, au milieu des pâturages intensifs.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Tarier pâtre mâle
Tarier pâtre © Photothèque LPO Normandie

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
8 0005 00015 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

L’estimation des effectifs indique que la densité en Normandie pourrait être supérieure à celle au niveau national (environ 10 % des effectifs nationaux).

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, le Tarier pâtre montre de fortes densités essentiellement sur la bordure littorale et singulièrement dans le Cotentin.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
0,61,40,8 (45ème rang)
Densité (couples / km²)

Au 45ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), le Tarier pâtre est une espèce peu commune en Normandie. Ses densités sont plus élevées dans la partie occidentale de la région.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
423737 (49ème rang)
Fréquences (%)

En termes de fréquence sur les échantillons, on constate une similitude avec les chiffres de densités (49ème rang contre 45ème rang). On note une diminution (- 12 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
0,30,5NA1,30,8
Couples / km²

C’est dans les habitats de mosaïque que le Tarier pâtre montre ses plus fortes densités, puis dans les zones de prairies. Il est aussi bien présent dans les cultures et même aux abords des villages. En fait, il est présent à la faveur des friches et est absent des forêts, qu’il peut cependant occuper à la faveur des clairières.

Période internuptiale

Un passage de migrateurs, comprenant les oiseaux de Normandie qui fuient l’hiver, est noté de fin août à fin octobre. En hiver, le Tarier pâtre est nettement plus rare à l’intérieur des terres, l’essentiel de la petite population hivernante se concentrant sur le littoral ; en effet, l’espèce est fort sensible au froid, et les populations hivernales sont parfois décimées par les hivers rudes. Néanmoins, les territoires désertés en hiver sont souvent réoccupés dès février.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
151419141414
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On constate dans l’enquête une fréquence très homogène sur nos échantillons lors de toute la période internuptiale.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
272420141115
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique une baisse significative des fréquences au fur et à mesure de l’avancée de la période hivernale, suivie d’une remontée en février.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
139
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Comme en période de reproduction, le Tarier pâtre montre une nette diminution de fréquence en période internuptiale entre les deux enquêtes en Haute-Normandie (- 29 %).

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)0,50,30,30,30,30,4
Effectifs (nombre d’individus)14 0009 0008 0008 0008 00011 000
Densités et effectifs par mois en Normandie

LLes densités notées sur les échantillons lors de la période d’étude montrent, comme pour les fréquences, une grande homogénéité entre les mois de présence. Ce sont quelques milliers d’individus qui occupent la Normandie à cette période.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Tarier pâtre, période de reproduction ou d’hivernage.