Sterne arctique

Sterna paradisea

Espèce protégée

Migrateur rare

Statut en Europe et en France

L’aire de répartition européenne de la Sterne arctique est centrée des Pays-Bas à l’Irlande jusqu’au Grand Nord, où se trouve le bastion de l’espèce. L’Islande est son principal bastion européen. Elle est considérée comme en déclin en Europe.

La Sterne arctique niche occasionnellement en France, en Bretagne, où elle est au mieux rare et irrégulière, après avoir constitué une population régulière de 150 couples environ il y a 40 ans. En France, elle est donc principalement un migrateur qui passe le long du littoral de la mer du Nord et de la Manche, le plus souvent assez loin des côtes.

La Sterne arctique est considérée comme En danger critique dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN), mais stable à l’échelle européenne.

Statut en Normandie

En Normandie, la Sterne arctique est probablement de passage régulier sur le littoral, de début avril à mi-mai avant la reproduction, puis d’août à octobre. Il y a cependant trop peu de données certaines pour être affirmatif quant à l’importance et la régularité du passage. Il est très probable que la plupart des individus qui passent au large de la Normandie soient trop loin pour être détectés. Les sternes arctiques qui longent la côte de plus près passent facilement inaperçues, car généralement mêlées aux sternes pierregarins, nettement plus abondantes et d’aspect très semblable. Notre base de données indique des observations de septembre à novembre, d’oiseaux tous immatures. Il s’agit d’oiseaux isolés en général. Elle est donc un migrateur rare, mais probablement plus régulier que ne le laissent montrer les mentions circonstanciées.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « de double passage régulier le long des côtes, mais toujours assez rare ».

Écologie et habitat

Espèce coloniale, la Sterne arctique fait son nid au sol, dans les galets ou le sable. Elle s’hydride parfois avec la Sterne pierregarin, en particulier là où elle est rare, mais ces nidifications son souvent un échec. Elle se nourrit de poissons et de crustacés, qu’elle attrape en voletant près de la surface de l’eau, voire en plongeant. Elle a la particularité d’hiverner au sud de l’hémisphère sud, faisant ainsi un circuit migratoire parmi les plus longs de l’avifaune mondiale.

Conservation

Certaines populations du sud de son aire de nidification (cf. sa quasi disparition de la Bretagne) comme celle qui existait en Bretagne, sont en déclin de même que les populations des Iles Britanniques et de Norvège.

Les menaces qui peuvent peser localement sur les populations nicheuses sont la prédation par le vison d’Amérique, le dérangement, ou encore la disparition des sites favorables du fait d’aménagements divers. Plus globalement, la pollution marine (hydrocarbures), la diminution des ressources halieutiques et les destructions directes en Afrique constituent des facteurs probables de diminution ou de menace.

Comme pour toutes les espèces pélagiques passant au large des côtes normandes, il faudra veiller à bien évaluer l’impact potentiel des futurs champs d’éoliennes en mer.

Sterne arctique sur un pierrier
Sterne arctique © LPO Normandie

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Sterne arctique, période de reproduction et d’hivernage.