Acanthis flammea et Acanthis cabaret
Espèce protégée
Hivernant rare
Statut en Europe et en France
Espèce nordique, le Sizerin flammé est surtout présent en Scandinavie où il est un oiseau commun. Historiquement présent en Grande-Bretagne et dans les Alpes, le Sizerin cabaret a connu une forte expansion à partir de la moitié du xixe siècle. Il a conquis, en profitant des nouvelles plantations de conifères, le sud des Iles Britanniques, puis, après avoir passé la Manche, s’est installé en Hollande, au Danemark et même en Europe centrale. Cette expansion semble aujourd’hui stoppée et les populations françaises du Nord-Pas-de-Calais et des Ardennes ont disparu. Il est considéré aujourd’hui en déclin dans l’Union européenne.
C’est un hivernant rare et irrégulier dans les plaines du nord de la France, surtout sur sa façade orientale. Ainsi des oiseaux sont observés, souvent en petits groupes et irrégulièrement en hiver dans le tiers nord du pays, sans qu’il soit toujours facile de savoir s’il s’agit du Sizerin flammé ou du Sizerin cabaret. Le Sizerin peut faire de véritables invasions lors de certains hivers, les deux dernières d’importance ayant eu lieu en 1972-1973 et 2005-2006. C’est à cette occasion que ques sizerins flammés apparaissent alors en France.
Statut en Normandie
C’est probablement le recul lors des deux dernières décennies en Europe de l’Ouest qui explique que les nidifications normandes, du début des années 1970 dans la presqu’île de la Hague et de la fin des années 1980 au Havre, n’ont pas eu de suite.
La dernière grande « invasion » en Normandie date de l’hiver 1972-1973, avec des groupes de plusieurs dizaines d’oiseaux. Ces oiseaux étaient très certainement d’origine nordique. Depuis, des oiseaux sont observés annuellement, surtout dans la partie orientale de la région et singulièrement lors des hivers 1996-1997 et 2005-2006. Il s’agit alors de petits groupes.
Pour la Haute-Normandie, Olivier, en 1938, notait le Sizerin « cabaret » (oiseaux britanniques et alpins), hivernant « assez régulier, souvent même assez rare » et indiquait le Sizerin flammé « flammea » comme un « rare migrateur ; quelques captures authentiques seulement sont connues ».
Écologie et habitat
Si, à l’instar du Tarin des aulnes, les sizerins fréquentent souvent en hivernage les bouleaux et les aulnes, donc le plus souvent les secteurs de vallées de nos rivières, ils ont un régime plus diversifié que leur cousin. On suppose une différence d’écologie entre les deux taxons : le Sizerin cabaret étant nettement plus arboricole en hivernage et le Sizerin flammé fréquentant des secteurs de friches, souvent en bordure d’agglomération, la part des graines de plantes sauvages étant importante dans son alimentation hivernale.
Conservation
La quasi disparition des zones de friches en milieu urbain, leur diminution en zone agricole, peuvent conduire dans l’avenir à une diminution des stationnements du Sizerin flammé lors de ses invasions. Ce phénomène a dû jouer aussi dans le déclin des populations hivernantes de Moineau friquet, espèce qui accompagne souvent le Sizerin flammé. Pour tous ces petits passereaux granivores, la reconstitution de friches jouerait certainement un rôle positif lors des hivers rigoureux. Quant au Sizerin cabaret, son déclin actuel pourrait s’expliquer en partie par le réchauffement climatique, qui impacte toutes les espèces montagnardes.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Sizerin flammé et du Sizerin cabaret, période de reproduction et d’hivernage.
