Acrocephalus palustris
Espèce protégée
Nicheur migrateur peu commun (2 000 couples)
Statut en Europe et en France
Espèce de la partie tempérée du Paléarctique occidental, elle a ses bastions dans une zone allant du nord et de l’est de la France à l’Europe de l’Est et au sud de la Fennoscandie. La limite occidentale de son aire de répartition est constituée par le nord-est de la Bretagne, de colonisation récente. La population européenne s’est accrue, en même temps que sa répartition (vers le nord et l’ouest de l’Europe surtout) depuis le milieu du XIXe siècle. Il est à noter qu’une petite population fragile se maintient semble-t-il difficilement à l’extrême sud-est de la Grande-Bretagne.
En France, elle niche dans l’extrême nord du pays, de la Normandie à l’Alsace ainsi que du Jura au nord des Alpes, et très ponctuellement ailleurs. La Rousserolle verderolle a une très longue route migratoire, puisqu’elle hiverne dans la partie méridionale de l’Afrique, après avoir quitté l’Europe par l’est de la méditerranée. Ainsi, les passages migratoires sont peu détectables dans l’ouest de la France.
Statut en Normandie
Il est difficile de savoir si la Rousserolle verderolle nichait en Normandie avant la seconde moitié du XXe siècle. En effet, Gadeau de Kerville avoue n’être pas suffisamment renseigné sur ce sujet, et les avis d’autres ornithologues qu’il rapporte sont contradictoires. Compte tenu du peu de discrétion de cette espèce et de son habitat, et malgré sa ressemblance avec l’effarvatte, il est probable qu’elle ne nichait effectivement pas dans la région au XIXe siècle, pas plus qu’au début du XXe. Ceci est cohérent avec la progression de cette fauvette aquatique notée en Europe occidentale depuis 150 ans, avec cependant des fluctuations plus ou moins marquées. Celles-ci pourraient expliquer les divergences que montre la lecture des auteurs normands anciens et l’embarras de Gadeau de Kerville à se prononcer sur une espèce qui aurait pu – peut-être plusieurs fois – coloniser très temporairement la Normandie dans cette longue période. Nous savons qu’elle a niché en Normandie dans les années 1960-1970, même si les indices de cette période ont été rares, peut-être aussi rares que les ornithologues sachant reconnaître son chant.
Actuellement, la Rousserolle verderolle est présente semble-t-il par taches en Normandie, de larges secteurs apparemment favorables n’étant pas occupés, les couples vraiment isolés étant rares chez cette fauvette aquatique semi-coloniale. La vallée de la Seine, dont l’estuaire, paraissent les secteurs les mieux occupés, avec le Pays-de-Bray, le Petit-Caux, les secteurs côtiers de la moitié sud du département de la Manche, les marais du Cotentin et du Bessin, et une large bande littorale dans le Calvados. La population normande représente un bastion national pour cette espèce.
Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « un mâle de cette espèce a été capturé près de Dieppe en 1838 et un autre individu à Saint-Georges-de-Gravenchon en 1887. Nous pensons que cet oiseau, que nous n’avons jamais rencontré en Haute-Normandie, ne doit pas y être de passage régulier, mais accidentel ».
Écologie et habitat
La Rousserolle verderolle tisse un nid accroché à des tiges de hautes touffes d’herbes typiques des sols humides non cultivés : grande ortie, reine des prés, épilobe, pour les plus régulièrement notées, avec volontiers des grandes ombellifères qui attirent nombre d’insectes dont elle se nourrit, et des arbustes (saules en particulier). Ces milieux sont ceux où la faucheuse ne passe pas : bordures de chemins, de prairies, de cultures, de cours d’eau, ou encore friches ou remblais. Ce nid est généralement à environ 50 cm du sol. La ponte est effectuée très rapidement après l’arrivée, et les premiers jeunes indépendants apparaissent à partir du 10 juillet. Une éventuelle seconde ponte, qu’elle soit effectuée après une première nichée ou à la suite de la perte d’une couvée, peut donner des jeunes ne s’émancipant pas avant la mi-août. Insectes et araignées constituent la base du régime alimentaire de la Rousserolle verderolle lors de sa courte présence chez nous.
Le retour de la Rousserolle verderolle est un des plus tardifs de l’avifaune régionale, et le départ des adultes un des plus précoces, les arrivées ayant lieu pour l’essentiel après le 20 mai, et les départs de mi-juillet à fin août.
Conservation
Si l’expansion de la Rousserolle verderolle n’est pas réellement expliquée, il semble que la déprise agricole ait pu favoriser la présence de petites surfaces dispersées, autrefois fauchées manuellement, mais actuellement négligées. Le ruissellement et la stagnation, dans certains fossés, d’eau chargée en engrais, a pu favoriser la végétation que la Verderolle affectionne. Les menaces qui pourraient peser actuellement sur l’espèce seraient liées aux pesticides, qui pourraient, en dehors d’un toujours possible empoisonnement des oiseaux, limiter la ressource en proies. La Rousserolle verderolle, moins sensible que les autres fauvettes paludicoles à la dégradation des zones humides au vu de son habitat herbacé particulier, doit être cependant être surveillée dans le cadre du réchauffement climatique qui pourrait à terme affecter cette espèce d’affinités orientales et nordiques.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
La population normande représente un bastion national pour cette espèce orientale et nordique, environ 2 000 couples en Normandie.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 12 | 14 | 14 (72ème rang) |
L’enquête fait apparaître une augmentation en Haute-Normandie entre les deux sessions de l’enquête.
Période internuptiale
Les passages migratoires sont peu détectables dans l’ouest de la France.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
La Rousserolle verderolle a quitté la Normandie avant septembre et n’est pas contactée sur les échantillons prospectés, ni dans notre base de données.nuptiale lors de l’enquête.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Rousserolle verderolle, période de reproduction et d’hivernage.
