Roitelet huppé

Regulus regulus

Espèce protégée

Nicheur sédentaire commun (45 000 couples)

Statut en Europe et en France

Nicheur des latitudes moyennes et septentrionales de l’Europe à l’Asie, le Roitelet huppé concentre l’essentiel de sa population européenne en Fennoscandie et en Allemagne. Il est rare au sud du continent. Seule l’Islande ne connaît pas l’espèce. La population européenne est en diminution modérée, malgré des fluctuations inter annuelles parfois importantes, liées une sensibilité du Roitelet huppé aux hivers froids.

En France, il a connu une expansion importante au cours de XXe siècle, en lien avec de l’enrésinement (aussi bien sylvicole qu’ornemental), mais la population française est récemment entrée dans une phase de déclin.

En hiver, l’effectif augmente par l’apport d’oiseaux issus du nord et de l’est de l’Europe, qui se répartissent alors dans tout notre pays.

Statut en Normandie

Gadeau de Kerville le disait peu commun en tant que nicheur. Il est devenu nettement plus répandu actuellement grâce, en partie, à l’enrésinement des jardins et des forêts. Il ne manque réellement que dans les secteurs non boisés. Les nicheurs locaux restent dans la région en hiver, tandis que les oiseaux de passage et les hivernants arrivent à partir de septembre, la migration prénuptiale et le départ des hivernants s’échelonnant de fin février à avril.

Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « De passage d’octobre à mars ; un certain nombre est sédentaire ou erratique l’hiver. Se reproduit dans les conifères ».

Écologie et habitat

Lors de la reproduction, il est inféodé presque strictement aux résineux, plutôt âgés de plusieurs dizaines d’années (surtout sapin et épicéa), il niche parfois dans les jardins et les parcs, mais plus volontiers dans les forêts de résineux, occasionnellement dans les feuillus, comme en forêt de Cerisy (Manche et Calvados). Le nid, presque sphérique, est suspendu à une branche, souvent terminale, à plus de deux mètres du sol. Une seconde ponte est effectuée alors que les poussins de la première ne sont pas encore émancipés. Le Roitelet huppé est principalement insectivore.

Conservation

Ce roitelet sera, comme le Roitelet à triple bandeau, à surveiller. Ses populations sont en effet déclinantes depuis le début des années 2000. Cette espèce spécialisée, d’affinités montagnardes, peut subir l’effet du réchauffement climatique.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Roitelet huppé dans un ajonc en fleurs
Roitelet huppé © Frédéric Malvaud

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
21 0005 00045 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

Les effectifs estimés en Normandie représentent environ entre 7 % de la population nicheuse en France, soit une densité un peu supérieure à la moyenne nationale.

Carte des densités par zones biogéographiques

Le bastion de cette espèce est concentré en Haute-Normandie, regroupant le plateau du Neubourg, le Roumois, le pays d’Ouche et la vallée de la Seine-Amont (3 couples / km²). Il se maintient bien en milieu bocager (Cotentin, Pays-de-Bray, Lieuvin), dans l’estuaire de la Seine et vallée avale du fleuve, en forêt âgée (Pays-de-Lyons) avec deux couples en moyenne au km². Les marais du Cotentin, les grandes cultures du Vexin et le Petit-Caux ne lui sont pas favorables avec moins d’un couple / km². Il est absent du littoral sauf étonnamment sur celui du Bessin.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
1,71,41,6 (32ème rang)
Densité (couples / km²)

Le Roitelet huppé est une espèce commune en Normandie (32ème rang en termes d’abondance sur 187 espèces nicheuses). Sa densité est plus forte dans la partie orientale de la région, notamment dans l’Eure.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
626666 (33ème rang)
Fréquences (%)

Sur les échantillons de nos enquêtes terrain entre 2007et 2019, la fréquence du Roitelet huppé a légèrement augmenté (+ 4 %).

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
2,01,03,81,41,6
Couples / km²

Le Roitelet huppé est essentiellement forestier avec presque quatre couples au km² comme le montre ses densités en pays d’Ouche et aussi Pays-de-Lyons. On le rencontre également dans les zones bâties pourvu qu’il y ait des parcs et jardins avec des conifères. Les cultures ne lui conviennent pas d’où son absence du Vexin par exemple.

Période internuptiale

Les nicheurs locaux restent dans la région en hiver, tandis que les oiseaux de passage et les hivernants arrivent à partir de septembre.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
314349404332
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

La fréquence du Roitelet huppé augmente à partir d’octobre avec les individus migrateurs et reste stable jusqu’en janvier. Les fiches de relevés (voir tableau ci-dessous) traduisent les mêmes mouvements de population et leur stabilité hivernale.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
122332292423
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés
Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
3141
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Comme pendant la période nuptiale, la fréquence du Roitelet huppé a augmenté, mais plus fortement (+ 33 %) entre les enquêtes de 2007 et 2019.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)0,81,31,61,30,90,9
Effectifs (nombre d’individus)24 00040 00047 00039 00027 00026 000
Densités et effectifs par mois en Normandie

Comme pour la fréquence, la densité et les effectifs du Roitelet huppé augmentent au cours des mois d’octobre à décembre avec la venue d’oiseaux migrateurs. On peut estimer à quelques milliers les individus qui séjournent en hiver dans la région.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Roitelet huppé, période de reproduction ou d’hivernage.