Rallus aquaticus
Espèce chassable
Nicheur rare (250 couples) ; hivernant assez rare
Statut en Europe et en France
Le Râle d’eau niche dans toute l’Europe, à l’exception de la plus grande partie de la Scandinavie. L’Espagne est son principal bastion européen.
L’espèce est présente dans toute la France, mais plus sporadique dans la moitié Sud. On suppose qu’une partie des nicheurs français migrent vers le sud en hiver et sont, au moins partiellement, remplacés par des oiseaux des pays du Nord et de l’Est. Si ce râle n’est pas considéré comme menacé à l’échelle européenne (par défaut de connaissances), il est en déclin en tant que nicheur en France, déclin qui semble s’accélérer ces dernières années.
Statut en Normandie
Le Râle d’eau est présent dans la plupart des zones humides de la Normandie, mais en très faible nombre. Le déclin est manifeste, comparée à la situation du début du vingtième siècle. Les sites abritant l’espèce sont devenus, en dehors des grandes zones humides et des marais arrière-littoraux, très rares, même si localement les secteurs de phragmitaies qui lui plaisent particulièrement se sont agrandis. Il faut noter cependant que l’espèce est difficile à détecter et qu’une prospection ciblée et accrue montrerait sans doute une répartition plus large, en lien avec la présence des zones humides favorables.
Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 considérait le Râle d’eau comme « très commun et sédentaire ».
En hiver, le Râle d’eau est nettement plus commun, et aussi réparti plus largement dans la région. La Normandie représente manifestement, à l’instar du Butor étoilé, une importante zone d’hivernage pour les râles d’eau nordiques.
Écologie et habitat
Pour nicher, le Râle d’eau recherche des zones de marais, roselières, cariçaies, même de faible superficie. Il exige donc non seulement la présence proche de l’eau, mais aussi une abondante couverture de végétation. Il se nourrit d’insectes aquatiques, d’amphibiens ou de petits poissons.
Il pond ses 6 à 11 œufs de mi-avril à juin. La seconde ponte serait irrégulière, mais des pontes de remplacement sont fréquentes jusqu’en juillet.
En période hivernale, il est beaucoup moins exigeant, s’installant en bordure de petits ruisseaux, dans des prairies inondées, des bordures de bois envahies par les eaux.
Il se nourrit surtout d’insectes aquatiques, amphibiens, petits poissons, mais il peut être aussi végétarien en hiver.
Conservation
Le déclin du Râle d’eau est certainement la conséquence de la disparition et de la dégradation des zones humides depuis un demi-siècle.
Si la chasse peut déranger des familles en août, on ne connaît pas bien l’impact de cette activité sur la dynamique de population du Râle d’eau, espèce peu recherchée par les chasseurs. L’avenir de l’espèce, qui est aujourd’hui en situation difficile, dépendra des mesures de préservation et réhabilitation des zones humides, principalement dans l’estuaire de la Seine, mais aussi dans toutes les vallées normandes. Des travaux de recherche sont nécessaires pour mieux évaluer l’importance des effectifs et la distribution du Râle d’eau dans notre région. C’est une espèce qui pourrait bénéficier de mesures de préservation de ses habitats dans le cadre de la mise en place d’une « trame verte et bleue » à l’échelle régionale.
Au vu du statut de conservation défavorable du Râle d’eau en France, celui-ci devrait être inscrit sur la liste des espèces protégées.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
L’essentiel de la population est concentré dans la vallée de la Seine-amont et les marais du Cotentin et du Bessin et concerne environ 250 couples..
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 4 (100ème rang) |
L’espèce est très peu notée sur nos échantillons.
Période internuptiale
La Normandie représente manifestement une importante zone d’hivernage pour les râles d’eau nordiques.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 1 | 3 | 5 | 1 | 4 |
On note une arrivée d’hivernants à partir du milieu de l’automne pendant la saison internuptiale lors de l’enquête, avec probablement un passage prénuptial débutant en février.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 3 | 5 | 7 | 6 | 6 | 5 |
Notre base de données permet de faire le même constat.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 1 | 2 |
La fréquence est différente entre les deux enquêtes en Haute-Normandie, mais les effectifs notés ne permettant pas de considérer ces différences comme significatives.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La rareté des données ne permet pas d’évaluer les effectifs hivernants.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Râle d’eau, période de reproduction et d’hivernage.
