Phylloscopus trochilus
Espèce protégée
Nicheur migrateur commun (8 000 couples)
Statut en Europe et en France
Nicheur paléarctique des latitudes moyennes et septentrionales de l’ouest de l’Europe à la Sibérie, ce migrateur transsaharien ne manque en Europe qu’au sud d’une ligne Bordeaux-Budapest ainsi qu’en Islande. C’est de loin la Fennoscandie qui détient la plus grosse population. Il est considéré comme en déclin en Europe.
En France, il est considéré assez commun, mais comme les autres espèces de pouillots, il montre une forte tendance au déclin depuis vingt-cinq ans. Il est présent dans les deux tiers nord du pays, nettement plus sporadique dans la partie ouest (Basse-Normandie, Bretagne). Le Pouillot fitis est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
En Normandie, le Pouillot fitis est présent partout où son milieu est représenté, mais sa spécialisation en termes d’habitat induit une distribution géographique sporadique, il n’est donc pas un oiseau très répandu, et sa répartition est plus clairsemée dans l’ouest de la région que dans la Normandie orientale. Le retour des nicheurs se produit dès la fin de mars, mais se mélangent avec les migrateurs qui chantent volontiers lors de leur passage, où ils peuvent être signalés dans des milieux très différents de leur habitat de nidification. La migration postnuptiale s’amorce fin juillet, et se termine pour l’essentiel vers le milieu de septembre. Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Arrive en mars-avril ; repart en septembre-octobre. Très commun partout dans les localités sèches où il se reproduit en grand nombre (forêt du Rouvray et de Mauny) ».
Écologie et habitat
Le Pouillot fitis occupe les lisières et les parcelles de régénération forestières au stade arbustif, les friches arbustives, les bosquets clairs, les haies. Il a une préférence pour les bouleaux, les terrains secs, et évite la végétation dense et le couvert des grands arbres, mais a besoin de la présence de buissons pour faire son nid, qu’il construit au sol. En Haute-Normandie, il privilégie trois types de milieux : taillis avec bouleaux, marais avec bouleaux (marais Vernier, par exemple), coteaux crayeux avec arbustes et bouleaux. Une à deux couvées est effectuée chaque année. Insectivore, il consomme aussi des fruits à la fin de l’été.
Conservation
En déclin sur l’ensemble de son aire de répartition européenne, ce pouillot d’affinités septentrionales doit être surveillé sur ses marges sud, dont la Normandie fait partie. Il peut en effet être une des espèces affectées par le réchauffement climatique. Il sera nécessaire de protéger les habitats de friches boisées, indispensables à sa présence, et qui disparaissent de plus en plus souvent du territoire. On peut ainsi noter que dans les années soixante, il était plus abondant que le Pouillot véloce dans la région des Andelys (Eure).
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 5 000 | 1 300 | 8 000 |
L’estimation indique que la Normandie représente une part significative des effectifs nicheurs français (environ 8 %).
Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Pouillot fitis présente un niveau de densité très faible, sauf dans le dans le Pays d’Ouche et la vallée de la Seine amont. L’espèce reste même en dessous du seuil de détection dans plusieurs zones naturelles.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 0,4 | 0,3 | 0,4 (54ème rang) |
Au 54ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), le Pouillot fitis est une espèce peu commune en Normandie. Ses densités sont faibles et assez similaires entre la partie orientale et la partie occidentale de la zone traitée.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 31 | 21 | 22 (60ème rang) |
L’espèce étant rarement contactée, la fréquence est faible sur les échantillons et on note une baisse importante (- 32 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| NA | 0,1 | 0,9 | 0,4 | NA |
Deux habitats ressortent nettement en termes de densités pour cette espèce. Ce sont les milieux forestiers en régénération qui attirent le Pouillot fitis ainsi que les paysages en mosaïques. On peut le rencontrer dans les zones de cultures clairsemées de bois (comme sur le plateau du Neubourg).
Période internuptiale
Les populations de Pouillots fitis qui reviennent de migration dès la fin mars, se composent de nicheurs locaux et de nicheurs en transit. Ils peuvent chanter un peu n’importe où et peuvent être signalés dans des milieux différents de leur lieu de nidification. La migration postnuptiale s’amorce fin juillet et se termine pour l’essentiel vers le milieu de septembre.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
Le Pouillot fitis n’est pas contacté en période internuptiale sur nos échantillons.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 5 | 0,2 | NA | NA | NA | NA |
Sur nos fiches de relevés, l’espèce disparait dès le mois de novembre.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Cette espèce migratrice est absente en période internuptiale, en dehors des quelques oiseaux notés en fin d’été et les densités et effectifs ne peuvent être calculés.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pouillot fitis, période de reproduction ou d’hivernage.
