Pluvier guignard

Charadrius morinellus

Espèce protégée

Migrateur très rare

Statut en Europe et en France

Oiseau de la toundra arctique, le Pluvier guignard niche en Scandinavie et en Écosse. Ailleurs, comme dans les Alpes et les Carpates, ce sont de toutes petites populations plus ou moins régulières qui se maintiennent en haute montagne, dans un habitat de prairies rappelant son milieu d’origine. Il est en déclin en Europe.

Il s’est reproduit en France dans les Pyrénées dans les années 90. Actuellement c’est un migrateur rare (surtout à l’automne), principalement dans le Sud-Est.

Le Pluvier guignard est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux de passage en France (UICN).

Statut en Normandie

Le Pluvier guignard est un oiseau d’observation rare, essentiellement lors du passage postnuptial en août et septembre. La plupart des données vient des zones littorales, surtout sur les côtes nord et ouest du Cotentin, mais des recherches seraient à conduire dans les grands plaines de l’Eure ou du Calvados. A noter une remarquable observation de 4 individus en plumage nuptial en mai 2011 sur la côte ouest du Cotentin.

Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 signalait : « Déjà très peu commune au siècle dernier cette espèce est aujourd’hui très rare, lors de ses deux passages annuels ».

Écologie et habitat

Le Pluvier guignard se rencontre sur des pelouses rases dunaires, mais aussi les prairies rases et les champs cultivés, les prairies des aérodromes. Lionel Triboulin décrit ainsi le milieu utilisé en Beauce dans les grandes plaines cultivées par le Pluvier guignard lors de ses haltes migratoires : « Les parcelles retenues (pour la recherche) devront être très ouvertes, de grandes surfaces, dénudées ou presque (pas de végétation ou quelques traces assez rases) et l’état de surface assez homogène : labours fins avec traces de chaumes ou petits restes épars de plantes, sillons peu profonds et surfaces agricoles tassées par le temps. La présence de petits pierriers, d’affleurements calcaires ou de cailloux en tous genres dans ces parcelles doit être un plus. Chercher en fait un substitut de steppe caillouteuse… ». Pour la Haute-Normandie, la plaine de Saint-André, tant par sa localisation géographique que par les habitats présents (zones caillouteuses en herbe alternant avec des cultures) constitue certainement le secteur le plus favorable à la recherche, comme la plaine de Caen en Basse-Normandie. Reste que le nord-ouest du pays est toutefois en marge de la zone principale de passage migratoire. Le passage d’automne se déroule d’août à fin octobre, le passage printanier concerne nettement moins d’oiseaux essentiellement dans la première quinzaine de mai.

Conservation

La possibilité d’accueillir cette espèce rare à l’échelle européenne dans nos zones cultivées est liée à la présence de secteurs peu exploités, habitats qui ont une importance considérable pour toutes les espèces de plaine menacées : Perdrix grise, Œdicnème criard, busards… D’autres enjeux concernent les pelouses dunaires menacées par l’urbanisation, ainsi que le dérangement par la chasse ou sur les aérodromes.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Pluvier guignard femelle
Pluvier guignard © Frédéric Malvaud

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pluvier guignard, période de reproduction et d’hivernage.