Pluvier doré

Pluvialis apricaria

Espèce chassable

Migrateur et hivernant peu commun

Statut en Europe et en France

Le Pluvier doré niche dans les toundras et les prairies d’altitude de tout le nord du Paléarctique. En Europe, il est présent depuis le nord de l’Angleterre jusqu’à l’extrême nord du continent, ses bastions étant les pays scandinaves et l’Islande. Il nichait cependant au Luxembourg et en Belgique au début du XXe siècle.

Nombre de pluviers dorés traversent la France en migration, se rendant plus au sud, jusqu’en Afrique du Nord. Mais il est aussi un hivernant, avec près d’un million et demi d’individus, ce qui constitue la moitié de la population hivernante d’Europe. Ces oiseaux se rencontrent principalement dans le nord-ouest du pays, du Nord à la Charente-Maritime.

Statut en Normandie

En Normandie, le Pluvier doré peut être noté en migration dans l’estuaire de la Seine ou ailleurs sur la côte, bien qu’en faible nombre. Mais il est surtout un oiseau de l’intérieur, en particulier de novembre à mars. Le département de l’Eure détient plus des trois quarts des hivernants, surtout concentrés dans la plaine de Saint-André. Si une vague de froid vient à s’abattre sur le nord de l’Europe, un afflux considérable d’oiseaux peut se produire, tandis que si la vague de froid survient dans notre région, ils s’enfuient, ne pouvant plus fouiller la terre durcie par le gel. Il semble manifeste que les groupes notés en Normandie comprennent de moins en moins d’oiseaux. A l’heure actuelle, le Pays-de-Caux (Seine-Maritime) est ainsi en passe d’être déserté par l’espèce.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Passe en nombre plus ou moins grand au printemps et à l’automne, le long des côtes ; quelques bandes ou sujets isolés se répandent et séjournent parfois quelque temps à l’intérieur ». Ces commentaires, qui reprennent pour l’essentiel ce qu’avait écrit Gadeau de Kerville cinquante ans plus tôt, peuvent surprendre, et sont sûrement le reflet de la réalité d’alors, concernant un oiseau aussi apprécié des chasseurs. Nos régions sont donc sans doute nettement plus attractives actuellement qu’il y a encore quelques décennies, sans qu’on sache pourquoi ; la biologie de l’espèce en hiver reste en effet très peu étudiée. Il est probable néanmoins que le développement des semailles de blé avant l’hiver (blé d’hiver) ait favorisé le stationnement durable du Pluvier doré dans le nord-ouest de la France, peut-être en association avec le réchauffement climatique. Le pourtour méditerranéen était en effet, d’après certains auteurs anciens (Mayaud, Toussenel), sa zone d’hivernage traditionnelle à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Écologie et habitat

Le Pluvier doré fréquente, en hiver, les espaces très ouverts à végétation rase ou sol nu. Il a une préférence pour les céréales d’hiver, où il s’associe volontiers au Vanneau huppé. La terre plutôt meuble semble avoir sa préférence, et en particulier les blés d’hiver fraîchement semés, où les vers de terre, sa nourriture principale, sont faciles à attraper.

Si le Pluvier doré est rencontré surtout de novembre à mars, c’est à la fin de décembre et au début de janvier que les effectifs sont maximaux, en dehors des coups de froid. De réels mouvements migratoires sont observés à partir de la fin de janvier.

Conservation

Un lent déclin a été constaté dans certains pays d’Europe du Nord (Grande-Bretagne, Suède) depuis au moins le début du xxe siècle, dû vraisemblablement à la destruction de nombreux sites de nidification (disparition des landes par l’afforestation, et des tourbières par l’exploitation de la tourbe ou la mise en culture). En France, c’est la chasse qui présente la menace la plus évidente pour le Pluvier doré ainsi que peut-être la raréfaction – du fait des pesticides – des lombrics dont se nourrit essentiellement ce limicole. En tout état de cause, la fermeture de la chasse doit impérativement être effective au 31 janvier pour éviter que le début de la saison de reproduction soit compromis pour nombre d’individus. Il est notable que le Pluvier doré est une espèce protégée dans la plupart des pays voisins de la France.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Pluvier doré en plumage hivernal
Pluvier doré © Frédéric Malvaud

Nidification

Le Pluvier doré ne niche pas en Normandie.

Période internuptiale

Si l’on peut considérer qu’une moyenne de 30 000 oiseaux hiverne en Normandie, l’effectif varie considérablement d’un hiver à l’autre, et même d’une période à l’autre du même hiver, en fonction des conditions météorologiques

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA31221
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Si les fréquences notées sur nos échantillons sont faibles, on notera toutefois un chiffre plus élevé en octobre.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
145576
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique bien un hivernage d’octobre à février avec un maximum en janvier.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
96
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

On note une baisse importante de fréquence (- 30 %) en Haute-Normandie en hiver entre les deux enquêtes.  Ceci est à mettre en relation avec la quasi disparition des données de cette espèce dans notre base depuis 2010 dans le département de Seine-Maritime, alors que les données dans l’Eure semblent stables (au moins en fréquence). 

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pluvier doré, période de reproduction et d’hivernage.