Pipit maritime

Anthus petrosus

Espèce protégée

Nicheur très rare (30 couples) ; migrateur et hivernant peu commun

Statut en Europe et en France

Le Pipit maritime n’occupe que le continent européen. Il est localisé sur les côtes du nord-ouest du continent. Une première sous-espèce, A. p. petrosus se reproduit dans les Iles Britanniques et le nord-ouest de la France. L’autre sous-espèce, A. p. littoralis, niche en Scandinavie et dans le nord-ouest de la Russie. Le Pipit maritime est considéré comme en déclin dans l’Union européenne.

Des deux sous-espèces qui fréquentent la France, seule A. p. petrosus est nicheuse, de façon régulière sur presque tout le littoral rocheux entre la Normandie et la Charente-Maritime. Elle niche également dans les îles anglo-normandes et les Iles Britanniques.

En hiver, les oiseaux autochtones sont rejoints par des individus de la sous-espèce nordique, l’hivernage étant alors dispersé sur toute la longueur des côtes de la Manche et de l’Atlantique (essentiellement au nord de la Loire), ainsi que sur le littoral méditerranéen, et plus occasionnellement à l’intérieur des terres. Les deux sous-espèces sont indiscernables en hiver.

Des régressions ou des augmentations de populations sont localement rapportées ici ou là, sans qu’une tendance fiable se dégage globalement. On peut considérer les populations comme localement fluctuantes.

Statut en Normandie

Il n’a probablement jamais niché sur les côtes du Calvados et de la Seine-Maritime en dépit de ce que l’on peut lire dans l’atlas des oiseaux nicheurs de France de 1994 et de ce qu’Olivier a écrit, au sujet de petrosus : « Cette forme se reproduit dans les falaises et sur le littoral de Haute-Normandie ; elle y est également de passage hivernal ». Il s’agit certainement de confusions avec des pipits maritimes nordiques qui prolongent leur stationnement jusqu’au début du printemps. 

C’est à partir de la mi-septembre mais surtout en octobre qu’apparaissent les pipits maritimes de la sous-espèce littoralis sur tout le littoral normand, où quelques hivernants (sans doute pas tellement plus de 200 en tout) restent jusqu’en mars-avril période où la remontée migratoire est détectable avec des oiseaux arborant souvent un plumage nuptial permettant de reconnaître cette sous-espèce.

Écologie et habitat

Pour nicher, le Pipit maritime exige semble-t-il la présence de rochers régulièrement recouverts par la mer, mais la plupart du temps découverts et accessibles aux oiseaux, et comportant des anfractuosités où ceux-ci trouvent une grande part de leurs proies ; seules les côtes rocheuses du Massif Armoricain répondent à ces caractéristiques en Normandie. Le nid est habituellement situé dans une falaise, sous une touffe d’herbe, dans une anfractuosité ou un terrier, à quelques mètres de hauteur, mais les pierres disjointes des vieux ports ont parfois sa préférence, tant pour le nid que pour les quêtes alimentaires. Les couples se cantonnent à partir du milieu de mars, et certains effectuent deux nichées, voire trois. Le Pipit maritime consomme des invertébrés : insectes, petits crustacés et mollusques marins.

Conservation

La pollution par les hydrocarbures, qui pourrait compromettre la quantité, voire la qualité des invertébrés dont le Pipit maritime se nourrit, a été incriminée dans les déclins constatés localement.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Pipit maritime posé sur un rocher
Pipit maritime © Photothèque LPO Normandie

Nidification

Nicheur rare, le Pipit maritime (A. p. petrosus ) niche essentiellement à Chausey ainsi que dans le port et autour du Roc à Granville, totalisant une vingtaine de couples. Des données de nidification sont rapportées depuis une quinzaine d’années plus au nord, surtout à Carteret où l’espèce paraît devenir régulière, mais aussi ponctuellement jusqu’à Saint-Vaast-la-Hougue, sans que l’on puisse parler d’une nidification régulière. Ainsi, une expansion récente de la population vers le nord du Cotentin semble réelle et les effectifs de la région doivent dorénavant concerner quelques dizaines de couples.

Période internuptiale

Les hivernants sont sans doute presque exclusivement des oiseaux nordiques, surtout en dehors des secteurs où A. p. petrosus niche.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA2NA11NA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Si les fréquences notées sur les échantillons sont très faibles au vu de la localisation de l’espèce sur le littoral, on notera toutefois un chiffre plus élevé en octobre.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
275545
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

La base de données indique bien un net passage en octobre, décelé aussi lors de l’enquête sur les échantillons prospectés et une fréquence globalement stable sur la période internuptiale.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pipit maritime, période de reproduction et d’hivernage.