Pigeon ramier

Columba palumbus

Espèce chassable

Nicheur sédentaire très commun (330 000 couples)

Statut en Europe et en France

Répandu dans toute l’Europe, sauf l’extrême nord, le Pigeon ramier a ses bastions en France, en Allemagne, en Espagne et en Grande-Bretagne (deux tiers des effectifs européens dans ces quatre pays).

Le Pigeon ramier est un nicheur commun sur l’ensemble du territoire national. La France est en outre traversée par des migrateurs du nord de l’Europe, surtout à l’automne.

Statut en Normandie

Le Pigeon ramier est répandu sur l’ensemble de la Normandie, et est présent toute l’année. Il est cependant moins fréquent sur le littoral et plus abondant dans les zones forestières et bocagères. La Normandie regroupe une part non négligeable des effectifs nicheurs français (plus de 10 %). Pour la Haute-Normandie, Olivier connaissait le Pigeon ramier en 1938 comme « très commun, à la fois comme migrateur et nidificateur ».

Écologie et habitat

Le Pigeon ramier habite aussi bien les forêts que les campagnes, du moment qu’il trouve des arbres, et s’est installé récemment en ville où il semble devenir de plus en plus commun.

Il construit son nid dans un arbre. Les deux œufs sont pondus en avril. Deux à trois nichées successives sont fréquentes et, en ville, on peut encore trouver des pontes en septembre, voire en octobre. Végétarien, le Pigeon ramier est très éclectique dans son comportement alimentaire : graines au sol, sur les arbres, fruits charnus, céréales, légumes des cultures maraîchères et des jardins, baies sauvages.

Conservation

Cette espèce ne pose pas de problèmes de conservation en Normandie, mais il faut noter que l’on signale une diminution des effectifs de ramiers migrateurs traversant les cols pyrénéens.

L’espèce, peut-être particulièrement les pigeons migrateurs, est localement affectée par des empoisonnements aux pesticides (épandages ou graines traitées). La chasse joue un rôle important dans la diminution des populations migratrices.

Quant à son statut d’espèce nuisible, il faut noter l’absence de justification scientifique, un impact important sur les activités agricoles n’ayant jamais été démontré.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Pigeon ramier
Pigeon ramier © Jean-Pierre Aumont

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
14600038 000330 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

Avec plus de 300 000 couples estimés, la Normandie accueille une part non négligeable des effectifs nicheurs français (environ 13 %).

Carte des densités par zones biogéographiques

Présent partout dans la zone échantillonnée, le Pigeon ramier a ses bastions dans le Roumois, le plateau du Neubourg, le plateau de Madrie et le Pays d’Ouche avec 16 à 17 couples / km².Il reste fortement abondant partout ailleurs (environ 11 couples / km²) sauf dans les marais du Cotentin, le Pays-de-Bray, le plateau de Rouen et la vallée de la Seine-amont avec moins de 10 couples / km².

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
11,810,311,3 (5ème rang)
Densité (couples / km²)

Espèce très commune, le Pigeon ramier se place au 5ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie). Ses densités sont à peine plus élevées dans la partie occidentale de la région.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
939999 (2ème rang)
Fréquences (%)

Le Pigeon ramier est contacté sur quasiment tous les échantillons prospectés (99 % de fréquence), ce qui le place au 2ème rang parmi les espèces normandes. Sa fréquence a augmenté de 6 % entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
21,311,37,711,410,1
Couples / km²

Cette espèce a fortement investi les milieux anthropisés (21 couples / km²) mais reste abondante dans les milieux ouverts (cultures, habitats en mosaïque et prairies). Ce pigeon fréquente aussi la forêt, mais en moindre densité.

Période internuptiale

Le Pigeon ramier est sédentaire en Normandie. Des migrateurs du nord de l’Europe traversent la région à l’automne.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
979489929190
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Le passage migratoire de septembre et octobre est bien marqué avec une fréquence de 97 %, puis 94 % sur les zones prospectées. Le Pigeon ramier garde une fréquence élevée au cours des mois suivants. Le passage de septembre puis la fréquence hivernale stable se retrouvent dans les fiches de relevés sur la même période (tableau ci-dessous).

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
878175808182
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés
Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
8592
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Comme ce qui est constaté en période de reproduction, le Pigeon ramier a une fréquence plus élevée en 2019 (+ 8 %).

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)202723231918
Effectifs (nombre d’individus)597 200811 900693 400689 300555 800523 000
Densités et effectifs par mois en Normandie

Ce travail d’échantillonnage met en lumière le passage migratoire de ce pigeon notamment en octobre. Comme pour les fréquences, les densités sont stables au cours de l’hiver. On peut évaluer un effectif minimum d’environ 600 000 pigeons ramiers sur les zones prospectées en Normandie en hiver.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pigeon ramier, période de reproduction ou d’hivernage.