Lanius collurio
Espèce protégée
Nicheur migrateur assez rare (300 couples)
Statut en Europe et en France
La Pie-grièche écorcheur est la plus répandue des pies-grièches en Europe, présente de la Scandinavie aux bordures de la Méditerranée, absente du nord de la Scandinavie, des Iles Britanniques et d’une grande partie sud de l’Espagne. Ses bastions sont aujourd’hui en Europe orientale, principalement Roumanie et Pologne. Elle est en déclin en Europe.
Elle est présente dans une grande partie de la France, rare dans le Nord-Ouest, ainsi que dans les plaines méditerranéennes.
Statut en Normandie
La Pie-grièche écorcheur n’a pas une distribution homogène en Normandie. Pratiquement disparue de Haute-Normandie dans les années 70, son retour à la fin des années 90 pourrait être pour partie une conséquence du réchauffement climatique.
Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 connaissait la Pie-grièche écorcheur comme « de passage régulier. Se reproduit à peu près partout, mais en nombre très variable ».
Écologie et habitat
La Pie-grièche écorcheur est caractéristique des prairies, sèches ou humides, parsemées de buissons bas. Elle trouve cet habitat en Vallée de la Seine près d’anciennes carrières sèches. Le milieu est oligotrophe et la pousse de la végétation, très lente, évite l’envahissement qui serait fatal à l’espèce. On peut supposer que de nombreux milieux à priori favorables à l’espèce (pelouses sèches de coteaux) sont actuellement trop envahis par la végétation herbacée, avec une couverture trop importante en buissons, suite à l’abandon pastoral. Qui plus est, cette espèce a besoin d’une nourriture abondante composée de coléoptères et orthoptères de bonne taille (qui se sont beaucoup raréfiés). Elle empale souvent ses proies.
La Pie-grièche écorcheur pond de 4 à 6 œufs, tardivement, fin mai ou début juin. Elle est présente de mai à début août, donc très peu de temps chez nous.
Conservation
En tout premier lieu, l’enjeu pour cette espèce menacée en Normandie consiste à protéger les secteurs où elle est présente et à les gérer pour maintenir l’habitat caractéristique qu’elle affectionne : friches ouvertes avec buissons d’épineux, mosaïques de prairies et de haies, lisières forestières. C’est bien le retour à une agriculture moins intensive qui permettra de conserver cette espèce en Normandie, dans un contexte rendu un peu plus favorable par le réchauffement climatique qui doit la favoriser. Enfin, on peut espérer que les mesures récentes de gestion des coteaux calcaires puissent permettre à l’espèce de se réimplanter durablement dans cet habitat.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Elle est présente en populations stables dans quatre zones seulement : la basse vallée de la Seine dans l’Eure (une dizaine de couples), le Pays-de-Bray en Seine-Maritime (quelques couples), le Perche ornais et surtout une vaste zone bocagère correspondant aux pays d’Auge et d’Ouche à cheval sur les départements du Calvados et de l’Orne (plus d’une centaine de couples). Ailleurs elle est dispersée, en augmentation numérique et spatiale en Haute-Normandie.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| NA | 1 | 1 (117ème rang) |
L’enquête fait apparaître une apparition sur les échantillons en Haute-Normandie, correspondant bien à la progression géographique de l’espèce.
Période internuptiale
Migratrice, la Pie-grièche écorcheur est présente de mai à début septembre, donc très peu de temps en Normandie.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 0,3 | NA | NA | NA | NA | NA |
L’espèce n’a pas été contactée pendant cette période sur nos échantillons. Elle est présente en petit nombre en septembre dans notre base de données.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Pie-grièche écorcheur, période de reproduction et d’hivernage.
