Perdix perdix
Espèce chassable
Nicheur sédentaire commun (24 000 couples)
Statut en Europe et en France
La Perdrix grise est répandue dans toute l’Europe moyenne, avec des populations particulièrement importantes en France (près de la moitié de la population européenne). Elle est remplacée par d’autres espèces de perdrix en région méditerranéenne.
Elle occupe les trois-quarts nord de la France, concentrée dans la partie ouest à l’exception du massif armoricain où elle est plus rare. Une petite population d’altitude existe sur la chaîne pyrénéenne. Elle est en déclin à ;l’échelle de l’Europe.
Statut en Normandie
La Perdrix grise est répandue de manière non uniforme en Normandie. Si elle occupe toute la Haute-Normandie, elle est localisée en Basse-Normandie à la plaine de Caen et aux zones de grandes cultures de l’Orne. Elle évite ainsi quasiment complètement la Normandie armoricaine, et singulièrement est très rare dans la Manche.
Pour la Haute-Normandie, Olivier signalait en 1938 la Perdrix grise comme « espèce très commune .
Écologie et habitat
La Perdrix grise se rencontre dans les zones de cultures mais préfère, pour nicher, les zones herbeuses, bordures de chemin, lisières de haie, jachères. A défaut, elle peut nicher dans les céréales.
Elle effectue son unique ponte annuelle (15 œufs) en mai. Elle peut effectuer une ponte de remplacement jusqu’à mi-juillet en cas de destruction de la première.
Si les adultes se nourrissent de graines, les poussins consomment principalement des insectes. Elle est strictement sédentaire. Les perdrix forment des compagnies familiales qui se disloquent en janvier.
Conservation
Si la Perdrix grise a besoin des cultures qui lui fournissent les ressources alimentaires, elle a aussi besoin des zones en herbe et bordures de haies pour nicher. Elle est donc autant menacée par l’abandon agricole que par l’intensification agricole (destruction des friches et zones herbeuses, raréfaction des insectes). C’est la raison de son déclin actuel en Europe, mais il est difficile d’évaluer la dynamique de population de cette espèce, tant les nombreux lâchers d’oiseaux par les chasseurs modifient la répartition et l’abondance de l’espèce.
La Perdrix grise est donc à son optimum dans un paysage agricole ouvert, mais diversifié et compartimenté, avec des zones en friches.
L’introduction de perdrix d’élevage devrait être bannie et au vu du statut de conservation défavorable en Europe, la Perdrix grise devrait faire l’objet d’un moratoire de chasse.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 14 000 | – | 24 000 |
L’estimation des effectifs indique que la densité en Normandie serait inférieure à la densité moyenne en France (environ 3 % des effectifs nationaux).
Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Perdrix grise est quasi exclusivement une espèce de Haute-Normandie. Elle est très rare, voire absente de la partie échantillonnée de Basse-Normandie. Elle montre sa densité la plus forte sur le plateau du Neubourg, puis dans le Roumois, sur les plateaux de Rouen et le Vexin ainsi que sur la côte d’Albâtre et dans l’estuaire de la Seine. Ses densités sont plus faibles dans les zones forestières ou prairiales.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 1,2 | – | 0,9 (41ème rang) |
Au 41ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), la Perdrix grise est une espèce assez commune en Haute-Normandie, assez rare en Basse-Normandie.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 71 | 51 | 39 (48ème rang) |
En termes de fréquence sur les échantillons, on retrouve une situation similaire à celle notée pour les densités (respectivement 48ème rang et 41ème rang). On note une baisse importante entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie (- 28 %).
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| NA | 2,4 | NA | 0,4 | 0,5 |
Sans surprise, c’est dans les cultures que l’on trouve les plus fortes densités pour la Perdrix grise. Absente des zones bâties et des forêts, elle est présente en faible densité dans les secteurs de prairies et ceux en mosaïque.n ».
Période internuptiale
La Perdrix grise est strictement sédentaire. Les perdrix forment des compagnies familiales qui se disloquent en janvier.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 11 | 16 | 12 | 13 | 19 | 17 |
Les fréquences sont stables sur l’ensemble de la période.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 12 | 12 | 11 | 14 | 10 | 11 |
Notre base de données indique bien des fréquences stables sur la période de septembre à février, comme pour l’enquête sur les échantillons.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 38 | 19 |
Comme ce qui est constaté en période de reproduction, la Perdrix grise montre une importante baisse de fréquence entre les deux enquêtes en Haute-Normandie (- 50 %).
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 0,8 | 1,3 | 1,3 | 1 | 1,7 | 1 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 24 500 | 38 200 | 38 700 | 29 300 | 49 500 | 29 300 |
On peut estimer à plusieurs dizaines de milliers d’individus (entre 24 000 et 50 000) le nombre de perdrix grises présentes en Normandie en période internuptiale. Janvier ressort assez nettement.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Perdrix grise, période de reproduction ou d’hivernage.
