Panure à moustaches

Panurus biarmicus

Espèce protégée

Nicheur sédentaire rare (450 couples)

Statut en Europe et en France

La Panure à moustaches est une espèce répandue dans toute l’Europe, de la Finlande aux pays méditerranéens, mais très localisée aux grands marais composés de phragmites. Son bastion européen est en Roumanie (un quart de la population européenne) et plus à l’Est.

En France, elle est localisée dans des marais littoraux : sud Bretagne, étangs du Languedoc à la Camargue (bastion français), baie de la Seine, baie de la Somme et Pas-de-Calais. Elle a disparu de Brenne et montre d’importantes fluctuations d’effectifs sur la côte atlantique.

Statut en Normandie

La Panure à moustaches est réapparue comme reproductrice en Normandie à la fin des années 70, profitant d’une importante extension à la suite de la poldérisation de nouvelles zones aux Pays-Bas, ayant conduit à la création de phragmitaies sur de vastes superficies. Elle s’est alors implantée de manière pérenne dans l’estuaire de la Seine, profitant du terrain gagné par la roselière du Hode sur les vasières, ainsi que sur de petites zones de roselières (Gatteville, Ver-sur-Mer) où elle n’a pu faire souche.

Pour la Haute-Normandie, après avoir niché au XIXe siècle à la Grand-Mare, Olivier, en 1938, ne connaissait plus la Panure comme reproductrice en Haute-Normandie au début du XXe siècle.

Écologie et habitat

La Panure à moustache est l’oiseau typique de la phragmitaie inondée. Pendant l’été, la Panure est insectivore ; l’hiver, elle se nourrit exclusivement des graines de phragmite. Elle pond ses 2 à 7 œufs de mars à août. Elle peut faire jusqu’à trois ou quatre nichées successives.

Conservation

Le maintien de cette espèce rare dans l’avifaune de Normandie dépend totalement des mesures de gestion qui seront prises dans les grands marais littoraux et en particulier dans la réserve naturelle de l’estuaire de la Seine. L’exploitation des roseaux doit être contrôlée et la roselière doit être maintenue en bon état de conservation sur des espaces suffisants. La pollution, les traitements insecticides (une éventuelle démoustication par exemple) pourraient nuire à la Panure à moustaches. Il faut ajouter à cela la fragilité de l’espèce à des hivers très froids, qui ont souvent éliminé l’espèce lors de ses tentatives d’implantation sur de petits marais littoraux ou à l’intérieur des terres.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Panure à moustaches posée dans la roselière
Panure à moustaches © Guillaume Grège

Nidification

Ce sont aujourd’hui quelques centaines de couples qui se reproduisent dans l’estuaire de la Seine. Plus récemment, elle s’est implantée aussi de manière durable dans les marais de la Touques (Calvados). Ailleurs (Pirou, Ver-sur-Mer, Poses, Vauville…), elle reste marginale et instable. 

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
1 (117ème rang)

L’espèce a été notée lors de l’enquête sur un échantillon (estuaire de la Seine).

Période internuptiale

La Panure à moustaches est sédentaire. Des oiseaux erratiques isolés ou en petits groupes peuvent être observés l’hiver sur de petites roselières proches de la côte.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NANANANANA1
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Il y a eu très peu d’observations en hiver lors de l’enquête.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
0,60,60,60,30,30,2
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Il y a peu d’observation en hiver dans la base de données, avec une fréquence en baisse à la fin de l’hiver.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Densité et effectifs de cette espèce ne sont pas évaluables par notre méthode d’échantillonnage du fait de sa rareté.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Panure à moustaches, période de reproduction et d’hivernage.