Ouette d’Egypte

Alopochen aegyptiaca

Espèce introduite

Nicheur très rare et irrégulier (1 couple) ; hivernant rare

Statut en Europe et en France

L’Ouette d’Égypte (qui est en fait plus apparentée aux tadornes qu’aux oies) est une espèce d’origine africaine, introduite de longue date (XVIIIe siècle) au Royaume-Uni, puis aux Pays-Bas. Depuis la fin du vingtième siècle, elle a vu sa population exploser, en partie grâce au développement de nombreux plans d’eau artificiels. Elle est présente surtout aux Pays-Bas et en Allemagne (quelques dizaines de milliers de couples).

Elle s’installe en France depuis le début du XXIe siècle surtout. Elle occupe essentiellement le nord-est du pays (250 couples) et progresse très rapidement depuis 2009.

Statut en Normandie

L’Ouette d’Égypte s’est reproduite après introduction à Caen de 1985 à 1995, puis à Poses. Son installation récente en Normandie (de nouveau à Poses en 2015) relève d’un autre phénomène, puisqu’il s’agit d’une arrivée naturelle, à partir des populations férales du nord de l’Europe. Il y a donc lieu de penser que contrairement aux tentatives précédentes, cette implantation en Normandie pourrait se révéler pérenne, dans le contexte européen d’expansion. En plus des nicheurs, des oiseaux sont observés ici ou là sur les ballastières de la région, surtout en vallée de la Seine.

Écologie et habitat

Cette espèce occupe les gravières, les prairies et les bois inondés pour se reproduire. En France, les pontes sont notées de mars à mai. Elle est essentiellement herbivore. En erratisme, on peut la rencontrer sur tous les plans d’eau.

Conservation

L’Ouette d’Égypte  fait partie de ces espèces allochtones dites « invasives » qui font de plus en plus souvent l’objet de rejet de la part des pouvoirs publics, voire des ornithologues, plus que du grand public qui au contraire voient en elles, une nouveauté et souvent un spectacle de plus de la nature. Leur présence est donc génératrice de conflits. Ces espèces peuvent en effet concurrencer les espèces indigènes, en plus d’impacter des activités économiques.

Il convient cependant de rester prudent et d’exiger l’évaluation scientifique réelle d’éventuels impacts sur la biodiversité et économiques avant d’envisager des mesures de régulation des effectifs.

Ouette d’Égypte au bord de l'eau
Ouette d’Égypte © Hervé Le Hénaff-Elaine Dakers

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Ouette d’Égypte, période de reproduction et d’hivernage.