Anser anser
Espèce chassable
Nicheur très rare et irrégulier (5 couples) ; migrateur et hivernant assez rare
Statut en Europe et en France
L’Oie cendrée niche dans le nord de l’Europe, des Pays-Bas à la Scandinavie ainsi que dans les pays du Nord-Est (Pologne, Pays Baltes), en Roumanie, Ukraine et dans les Iles Britanniques. Ses bastions sont présents dans trois pays (Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède) qui représentent 60 % des effectifs nicheurs d’Europe. Elle est globalement en augmentation en Europe.
C’est un nicheur marginal et récent en France, les quelques couples présents étant issus de réintroductions, sauf la population camarguaise issue d’hivernants.
C’est une migratrice commune, les oiseaux du nord traversant la France pour se rendre sur leurs lieux d’hivernage, en Espagne. Environ 25 000 individus hivernent cependant en France pour la plupart dans les marais de l’Ouest, la Champagne, l’Alsace et la Camargue. L’Oie cendrée est considérée comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
L’Oie cendrée est un nicheur occasionnel en Normandie. Des indices de reproduction ont été signalés depuis le début des années 2000 en vallée de la Durdent, dans l’estuaire de la Seine, dans la vallée de la Bresle et à Poses pour la Haute-Normandie, et sur les marais de Réthoville-Vrasville dans la Manche. Il s’agit probablement de couples issus de populations férales.
Elle est une hivernante irrégulière en Haute-Normandie et ne stationne que faiblement pendant les migrations, plus régulièrement à Poses ou dans l’estuaire de la Seine. La plupart des observations concernent des troupes observées en vol lors de leur passage. En Basse-Normandie, l’Oie cendrée est surtout notée en stationnement sur son principal site, la réserve naturelle de Beauguillot en Baie des Veys, où sont présents annuellement plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’individus.
Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 connaissait l’Oie cendrée comme « de passage régulier durant l’hiver, surtout à l’estuaire de la Seine, où elle se trouve parfois en très grand nombre ».
Écologie et habitat
L’Oie cendrée se reproduit dans des marais avec végétation importante, souvent avec des îlots lui permettant de mettre ses nichées à l’abri des prédateurs. En migration et en hivernage, l’Oie cendrée est observée sur des plans d’eau, mais aussi sur des prairies humides ou des cultures où elle se nourrit.
Conservation
La pression de chasse, ainsi que la superficie restreinte des milieux disponibles expliquent la très faible présence de l’espèce dans notre région en stationnement hivernal. Une présence plus significative de l’espèce suppose la réduction de la pression de chasse et plus globalement la mise en place en Normandie d’un réseau de réserves de zones humides plus important.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Elle ne niche qu’occasionnellement en Normandie, avec des couples probablement d’origine férale.
Période internuptiale
Observée surtout de façon parfois importante en milieu d’hiver et en milieu d’automne, dans les deux sens donc, l’espèce stationne assez rarement en migration dans la région, mais elle est par contre régulière très localement en hivernage en baie des Veys, avec parfois plusieurs centaines d’individus et dans l’estuaire de la Seine.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 1 | 1 | 2 | NA | NA |
Ces chiffres s’expliquent par la présence ou le passage des migrateurs d’automne et la localisation de l’espèce en hivernage explique l’absence de données sur les échantillons lors de cette période.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 1 | 4 | 7 | 4 | 3 | 6 |
Notre base de données indique une présence assez stable à partir d’octobre avec un maximum en novembre et en février, certainement due aux deux passages migratoires.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Oie cendrée, période de reproduction et d’hivernage.
