Mouette tridactyle

Rissa tridactyla

Espèce protégée

Nicheur rare (1 200 couples) ; migrateur et hivernant peu commun

Statut en Europe et en France

La Mouette tridactyle niche dans le nord de l’Europe (Iles Britanniques, Islande, Norvège essentiellement) en très grandes colonies. Ses effectifs sont concentrés dans quelques pays : Islande, Royaume-Uni, Norvège, Spitzberg et îles Féroé (80 % de la population européenne). En phase d’expansion dans la deuxième moitié du XXe siècle, la Mouette tridactyle montre aujourd’hui un déclin prononcé, en particulier dans ses bastions britanniques et islandais. 

Les colonies françaises sont situées sur la marge sud de répartition et sont très marginales (moins de 1 % de la population européenne). 

La Mouette tridactyle est considérée comme Quasi menacée dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France, comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Europe et En danger dans l’Union européenne (UICN).

Statut en Normandie

La Mouette tridactyle est reproductrice en Normandie depuis la fin des années 70 (Basse-Normandie) et le début des années 80 (Haute-Normandie) en quatre colonies : Saint-Pierre-du-Mont et Englesqueville-la-Percée dans le Calvados, Cap d’Antifer et Cap Fagnet (Fécamp) en Seine-Maritime. Ces colonies ont progressé d’abord de manière importante jusqu’à héberger près de 4 000 couples à la fin des années 90. S’en est suivi un déclin prononcé : moins de 1 500 couples aujourd’hui (diminution globale, abandon de la colonie d’Antifer suite à des effondrements de falaises).  On suppose un transfert de ces oiseaux vers les colonies du Nord-Pas de Calais qui voient dans le même temps leur population augmenter.

Strictement littorale, elle est notée dans notre base de données toute l’année, mais surtout de juillet à septembre, puis en novembre.

Pour la Haute-Normandie, Olivier connaissait la Mouette tridactyle en 1938 comme « très commune et régulière comme migratrice ».

Écologie et habitat

La Mouette tridactyle construit son nid sur des falaises maritimes, au sein de colonies. Les mouettes rejoignent les colonies en janvier. La ponte de 1 à 3 œufs se déroule de mi-avril à mi-mai.

Les jeunes s’envolent en juillet et les colonies sont désertées en août. La Mouette tridactyle est piscivore et va rechercher sa nourriture en mer, jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres de la colonie.

Conservation

Si l’on met à part la pression de prédation (des corvidés et des goélands) qui peut toujours impacter les espèces en difficulté ou en marge de répartition, la Mouette tridactyle peut surtout craindre les pollutions marines et la diminution globale ou locale des ressources alimentaires. Il faut s’interroger aussi sur les risques de dérangement des colonies par l’homme, car la localisation extrême de l’espèce conduit à une réelle fragilité des implantations. Il faudra veiller aussi à évaluer le risque potentiel des implantations d’éoliennes en mer si celles-ci se trouvaient sur les territoires de pêche. Enfin, le réchauffement climatique peut constituer, comme pour les alcidés (Macareux, Guillemot, Pingouin) un risque majeur, particulièrement pour les colonies les plus méridionales (déplacement vers le nord des ressources alimentaires).

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Mouette tridactyle au nid avec deux poussins
Mouette tridactyle © Frédéric Malvaud

Nidification

Seules deux colonies subsistent en Seine-Maritime (Fécamp) et dans le Calvados (Saint-Pierre-du-Mont) rassemblant environ un millier de couples. La population normande représente aujourd’hui un quart des effectifs français.

Période internuptiale

Elle est commune en bord de mer lors de cette période. Les hivernants restent au large et sont observés sur les côtes à la faveur des tempêtes ou coups de vents et à partir des points d’observation des migrations (Antifer et Gatteville).

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

Espèce typiquement littorale, la Mouette tridactyle a été contacté sur un seul échantillon en février.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
445221
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

La base de données LPO indique une diminution progressive des contacts au fur et à mesure de l’avancée de la saison, les oiseaux restant en mer en hiver.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Mouette tridactyle, période de reproduction et d’hivernage.