Periparus ater
Espèce protégée
Nicheur (5 000 couples) et hivernant peu commun
Statut en Europe et en France
La Mésange noire est largement répandue dans tout le Paléarctique, à l’exception du nord de la Scandinavie. Son bastion est l’Espagne. La population européenne de la Mésange noire est considérée comme en augmentation.
Elle est présente dans une grande partie de la France, commune sur tous les reliefs et rare en plaine, presque absente du Sud-Ouest. L’hiver voit cependant l’espèce y devenir parfois nettement plus abondante certaines années, à la suite d’invasions ou de déplacements migratoires (en lien avec une pénurie alimentaire ou une forte poussée démographique dans le nord et l’est de l’Europe). Un certain nombre d’hivernants viennent de toute façon grossir chaque année les effectifs français de cette petite mésange. La Mésange noire est actuellement nettement plus commune qu’au xixe siècle dans notre pays, et n’est apparue dans l’extrême Ouest qu’à partir des années 1940, sans doute en lien avec le développement des résineux, tant de rapport que d’ornement. L’hivernage, concerne tout le pays, et est le fait d’oiseaux issus de l’est et du nord de l’Europe, en plus des autochtones, qui sont sédentaires.
La Mésange noire est considérée comme Quasi menacée dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
La Mésange noire, en période de nidification, n’est pas fréquemment rencontrée en Normandie, même dans les boisements forestiers étendus d’épicéas, et sa reproduction dans les parcs ou les grands jardins semble rare. Elle est pourtant bien présente, mais de manière clairsemée, rencontrée surtout en Haute-Normandie et dans les grands massifs forestiers de l’Orne.
L’hiver la montre plus facilement, essentiellement en raison de son éclectisme inter-nuptial (elle fréquente volontiers les mangeoires), ceci étant particulièrement le cas lors des années d’invasion, et plus encore lors de la migration d’automne (parfois dès fin août) marquant le début de ladite invasion qui, dans l’ouest de la France, est le fait d’oiseaux issus des pays voisins de la Baltique. La migration prénuptiale est nettement plus diffuse, et se déroule jusqu’au début de mai. Ces individus chantent toutefois et peuvent laisser croire à une installation de reproducteurs sans que ce soit le cas.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Migratrice. Peu commune. En hiver surtout, dans les grandes forêts de la vallée de la Seine ».
Écologie et habitat
Les facteurs climatiques influencent grandement la présence de l’espèce en période de reproduction ; on constate ainsi qu’elle devient de plus en plus montagnarde en allant vers le sud. Les régions marginales de peuplement, moins idéales climatiquement parlant, bénéficient régulièrement de l’apport démographique d’hivernants, pourrait-on dire surnuméraires, restés sur place. La Normandie est vraisemblablement concernée, au moins certaines années, par cette dynamique. La Mésange noire est classiquement inféodée aux conifères (épicéas surtout), qu’il s’agisse de boisements purs ou mixtes, mais il arrive qu’elle niche dans des bois de feuillus sans résineux, bien que cette occurrence n’ait semble-t-il pas été rapportée dans notre région, où l’espèce est de toute façon fort clairsemée. En période internuptiale, la Mésange noire est nettement moins éclectique, et peut se rencontrer, au fil de ses déplacements migratoires ou erratiques, dans des lieux et des milieux où elle ne niche pas.
Le cantonnement a lieu en février-mars, mais la ponte a lieu en règle à la fin d’avril, une seconde ponte étant fréquente, généralement en juin. Elle fait son nid dans des cavités, que celles-ci soient naturelles ou artificielles : arbres, souches, au sol entre des racines ou dans des trous de rongeurs, parfois nichoirs.
La Mésange noire est essentiellement insectivore lors de la reproduction. En dehors de cette période, des graines de conifères, de hêtre, d’aulne ou de bouleau sont ajoutées à son régime.
Conservation
La Mésange noire est une espèce dont le statut semblait favorable, eu égard à l’expansion des plantations de résineux qui l’a manifestement favorisée, jusqu’aux années 70. On a constaté un déclin significatif en France (concernant surtout les oiseaux de plaine) depuis le début des années 90, peut-être dû à la fin de l’enrésinement massif des forêts françaises.
La Normandie étant en marge de distribution, il conviendra de surveiller cette espèce, certainement sensible aux changements climatiques, afin de mieux comprendre sa dynamique de population.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Sa population est faible, quelques milliers de couples estimés.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 6 | 3 | 2 (110ème rang) |
L’enquête fait apparaître une forte diminution de fréquence en Haute-Normandie (- 64%) par rapport à la session précédente.
Période internuptiale
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 1 | 1 | 3 | 1 | 3 |
On remarque la présence de la Mésange noire tout au long de la saison internuptiale lors de l’enquête avec quelques variations.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 2 | 3 | 2 | 3 | 3 | 3 |
Notre base de données indique une présence régulière et constante bien que faible des fréquences de septembre à février, les variations étant lissées sur plusieurs années.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 2 | 1 |
La fréquence est moitié plus basse entre les deux enquêtes en Haute-Normandie sans qu’il faille y chercher une signification, du fait de la faiblesse des chiffres.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Espèce trop rare en hiver, sa densité ou ses effectifs ne sont pas estimables par notre méthode d’échantillonnage.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Mésange noire, période de reproduction et d’hivernage.
