Orite à longue queue (Mésange à longue queue)

Aegithalos caudatus

Espèce protégée

Nicheur sédentaire commun (38 000 couples)

Statut en Europe et en France

La Mésange à longue queue niche de l’Europe de l’Ouest à la Chine, essentiellement dans les latitudes moyennes et méridionales. Elle manque dans la moitié nord de la Scandinavie. Son principal bastion européen se situe en Espagne.

Elle est répandue partout en France, sauf en haute montagne.

Statut en Normandie

La Mésange à longue queue est en Normandie une espèce commune, mais en densité non homogène. Espèce d’abord commune dans les vallées et le milieu forestier, elle habite peu le bocage. Ainsi sa fréquence globale sur nos relevés est de 33 %, tandis qu’elle n’est que de 13 % dans la Manche.

En dehors de la nidification, c’est pratiquement toujours en bandes que ces oiseaux se déplacent dans toutes sortes de secteurs arborés ; on peut alors facilement les repérer, y compris en ville, par leurs petites roulades si caractéristiques, leur déplacements incessants et leur queue sans pareil dans notre avifaune.

Pour la Haute-Normandie, En 1938, Olivier la considérait comme : « En grande partie sédentaire, mais aussi erratique en hiver, cette forme est très répandue, surtout dans toute la zone littoral  ».

Écologie et habitat

Dans nos régions, la Mésange à longue queue habite les haies et les bois, volontiers humides, et s’installe parfois dans les jardins. C’est en fait surtout une espèce présente dans les stades de végétation du haut buisson, ce qui explique certainement sa moindre fréquence en bocage et sa prédilection pour les vallées. Elle construit un nid très particulier, en boule, dans la végétation dense, buisson ou arbre, et dans lequel elle n’effectue qu’une nichée.

Cette mésange, insectivore toute l’année, est très sensible aux hivers rudes, et ses effectifs peuvent ainsi fluctuer notablement d’une année sur l’autre.

Conservation

La population européenne est globalement stable, mais la population française est considérée comme en déclin depuis une vingtaine d’années. Très inféodée aux milieux buissonneux, cette espèce pourrait souffrir de la rationalisation des paysages (y compris en milieu forestier).

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Mésange à longue-queue avec une chenille verte dans le bec
Mésange à longue-queue © Guy Corteel

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
20 0003 00038 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

L’estimation des effectifs indique que la densité en Normandie est un peu supérieure à la densité moyenne en France (7 % des effectifs nationaux).

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Mésange à longue queue est nettement plus abondante dans la partie orientale de la région, ce qui peut être lié à son habitat. Ce sont en effet les zones de vallées qui montrent les plus fortes densités (vallées de la Seine et d’Andelle, Pays-de-Bray, vallée de la Risle, d’Eure et d’Iton).

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
1,60,91,4 (37ème rang)
Densité (couples / km²)

Au 37ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), la Mésange à longue queue est une espèce commune en Normandie. Ses densités sont plus élevées dans la partie orientale de la région.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
807170 (29ème rang)
Fréquences (%)

En termes de fréquence sur les échantillons, on constate qu’elle est plus élevée (29ème rang) que celle notée pour les densités (37ème rang). Cette espèce est en effet toujours en petit nombre. On note une baisse (- 11 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
11,52,31,21,6
Couples / km²

C’est dans l’habitat forestier que la Mésange à longue queue montre sa densité la plus élevée ; elle y habite en fait les lisières. Mais elle occupe tous les types d’habitats, y compris les zones périurbaines.

Période internuptiale

L’espèce est chez nous sédentaire, avec des apports hivernaux – parfois sous forme d’invasions – d’oiseaux nordiques. Les sous-espèces nordique et orientale « caudatus » à tête blanche restent exceptionnelles en Normandie, comme sur l’ensemble du territoire français.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
304544424347
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Les fréquences en période internuptiale sont bien homogènes avec toutefois une fréquence plus faible en septembre.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
313739373639
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique aussi des fréquences plus faibles en septembre pour la période concernée.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
4240
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Comme pour ce qui est constaté en période de reproduction, la Mésange à longue queue montre une légère baisse de fréquence entre les deux enquêtes en Haute-Normandie (- 5 %).

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)1,62,42,52,62,82,1
Effectifs (nombre d’individus)56 30069 00076 50085 30075 500133 400
Densités et effectifs par mois en Normandie

Comme pour les fréquences, on constate une densité moins élevée en septembre. Ce sont plusieurs dizaines de milliers d’individus qui fréquentent la région lors de cette période.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Mésange à longue queue, période de reproduction ou d’hivernage.