Mésange huppée

Lophophanes cristatus

Espèce protégée

Nicheur sédentaire commun (13 000 couples)

Statut en Europe et en France

La Mésange huppée est une espèce quasi endémique du Paléarctique occidental, qui n’est absente en Europe que dans le nord de la Fennoscandie, la plus grande partie des Iles Britanniques (population isolée en Écosse) et le sud-est du continent  qu’elle n’occupe que dans les montagnes des Balkans et des Carpates. A l’origine cantonnée aux montagnes, elle a conquis les plaines à partir du XIXe siècle, suite aux plantations massives de conifères. Elle est aujourd’hui en déclin en Europe.

En France, la Mésange huppée est présente sur tout le territoire, mais de manière non homogène. Ainsi, elle est absente ou rare dans les plaines du Sud-Ouest, une grande partie du Centre-ouest, l’extrême-nord et la vallée du Rhône. Elle semble décliner récemment.

Statut en Normandie

La Mésange huppée est présente dans toute la Normandie, mais très inféodée aux secteurs forestiers. Elle habite peu le bocage, est rare dans la Manche. Elle est cependant presque toujours présente dans les plantations de résineux, que ceux-ci soient d’un seul tenant ou épars, singulièrement en Haute-Normandie. 

Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Assez commune dans les massifs forestiers de la vallée de la Seine comptant beaucoup de conifères, et dans les parcs, où elle se reproduit. Erratique en hiver ».

Écologie et habitat

Spécialisée dans les boisements de conifères (purs ou mixtes), elle a bénéficié depuis le XIXe siècle de la multiplication des plantations de résineux. Elle niche néanmoins ça et là dans des feuillus, qu’elle fréquente plus particulièrement en hiver, saison où elle fréquente plus volontiers parcs et jardins. La population hivernale de l’espèce ne semble pas être augmentée par l’arrivée d’oiseaux nordiques ou orientaux. La Mésange huppée installe son nid dans une cavité d’arbre déjà existante, qu’elle modifie parfois, voire dans une cavité qu’elle creuse elle-même dans du bois pourri. Elle se nourrit d’insectes, d’araignées, et de graines en hiver (qu’elle stocke volontiers dans une cachette) et a une seule nichée annuelle. Elle est en grande partie sédentaire.

Conservation

Espèce spécialisée, elle pourrait avoir du mal à s’adapter au changement global du climat ainsi qu’à des méthodes de gestion forestière trop intensives.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Mésange huppée
Mésange huppée © Jean-Pierre Aumont

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
5 10013 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

Sur les échantillons prospectés, on peut estimer la population nicheuse à 12 000 couples, soit environ 2,5 % de la population française, soit une densité deux fois moindre que celle du territoire national, ce qui est logique au vu des habitats peu favorables dans la région.

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, l’Accenteur mouchet C’est en vallée de la Seine-amont qu’on trouve ses plus fortes densités (2 couples / km²). Bessin, estuaire de la Seine et vallée de la Seine-aval, plaine de Saint-André, plateau de Madrie n’accueillent plus que 0,6 à 1 couple / km². Ses densités sont faibles dans le Cotentin, Pays-de-Caux, Petit-Caux, plateau de Rouen. Sa faible présence peut s’expliquer sur le plateau du Neubourg et le Vexin (grandes cultures) ou dans les marais du Cotentin et sur le littoral, mais plus difficilement dans des régions boisées comme le Pays d’Ouche (Elle est peut-être défavorisée dans ce secteur majoritairement composé de feuillus).

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
5,10,4NA0,4 (54ème rang)
Densité (couples / km²)

Espèce commune en Normandie, au 54ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), la Mésange huppée a une densité moyenne de 0,4 couples / km² ; cependant sa fréquence trop faible en Cotentin / Bessin ne permet pas d’estimer sa densité sur cette zone.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
352119 (62ème rang)
Fréquences (%)

Sa fréquence sur les échantillons prospectés est de 19 %. Cette fréquence a baissé fortement (- 40 %) entre les deux périodes d’enquête (2007 et 2019) en Haute-Normandie.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
1,30,12,10,10,2
Couples / km²

C’est en forêt que les densités de mésanges huppées sont les plus fortes (2 couples / km²). Les milieux anthropisés peuvent lui convenir dans une moindre mesure, notamment par la présence de conifères plantés dans les parcs et les jardins. Les autres habitats restent anecdotiques pour cette espèce.

Période internuptiale

Espèce sédentaire, la Mésange huppée se rencontre également en période hivernale.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
121112111211
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Espèce sédentaire, la Mésange huppée montre une fréquence régulière en période hivernale sur les échantillons prospectés. Ces valeurs sont cohérentes avec celles calculées d’après les fiches de relevés de septembre à février en moyenne, voir le tableau ci-dessous).

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
101014181514
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés
Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
1714
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Sa fréquence a baissé entre les enquêtes de 2007 et 2019 en période internuptiale en Haute-Normandie (- 17 %) mais de façon moins marquée qu’en période de reproduction.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)0,30,20,20,40,20,2
Effectifs (nombre d’individus)8 4007 4007 30013 3007 4005 100
Densités et effectifs par mois en Normandie

Comme pour les fréquences, on constate dans ce travail d’échantillonnage, une stabilité de l’abondance de la Mésange huppée de septembre à janvier, avec cependant une hausse en décembre. On peut estimer le chiffre « plancher » d’environ 8 000 oiseaux sur les zones prospectées en Normandie en hiver.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Mésange huppée, période de reproduction ou d’hivernage.