Poecile montanus
Espèce protégée
Nicheur éventuel très rare et irrégulier (5 couples) ; hivernant très rare
Statut en Europe et en France
La Mésange boréale occupe l’Europe et l’Asie jusqu’au Pacifique, ainsi que l’Amérique du Nord. Largement répandue en Europe, elle en est absente à l’extrême ouest (Irlande, Écosse, tiers sud-ouest de la France) et au sud (Péninsule Ibérique, Italie, Grèce). Les populations les plus importantes sont situées en Scandinavie et au sud de l’Europe où elle occupe les montagnes des Balkans et des Carpates. Elle est en déclin dans la plupart des pays d’Europe.
La France est située en limite d’aire de répartition, et deux sous-espèces distinctes y habitent : la Mésange alpestre (P. montanus montanus) dans les zones de montagne et la Mésange des saules (P.montanus. rhenanus et salicarius) en plaine.
En France, c’est une des espèces qui semblent les plus atteintes par le réchauffement climatique ; son déclin est généralisé et le recul de son aire de répartition est important. Elle abandonne toute la partie ouest du pays : Normandie, Centre, Picardie, Nord. Les populations de montagne semblent moins affectées, au moins sur le plan spatial.
La Mésange boréale est considérée comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de l’Union européenne (UICN).
Statut en Normandie
La Mésange boréale est au bord de l’extinction en Normandie. Si elle occupait dans les années 1980 l’est de la Seine-Maritime, une bonne partie de l’Eure et de l’Orne, elle était déjà restreinte aux bordures orientales de la région au début des années 2000. Nous estimions alors sa population à un maximum de 100 couples surtout concentrés dans les massifs forestiers de Seine-Maritime. Depuis, nous n’avons plus de contacts avec l’espèce qui a déserté tous ses territoires, en cohérence avec la situation nationale. Deux indices sont encore notés (Eure et Orne) dans le nouvel atlas des oiseaux nicheurs de France (2009-2012).
C’est la Mésange des saules qui occupait la Normandie, région qui marquait historiquement la limite de l’aire de répartition de cette mésange plutôt orientale, et difficile à identifier.
En dehors de la période de nidification, et bien que l’espèce soit particulièrement sédentaire, la Mésange boréale se disperse un peu, et pouvait être observée dans des secteurs éloignés de ses lieux de reproduction. Ce n’est plus le cas actuellement.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Doit se trouver dans de nombreuses localités de Haute-Normandie, où nous ne l’avons observée que rarement ».
Écologie et habitat
Pour nicher, l’espèce recherche avant tout des bois tendres et pourrissants, car elle creuse généralement elle-même sa loge (contrairement aux mésanges nonnette et huppée) dans un vieux poteau, un tronc ou une branche de saule, bouleau, aulne ou peuplier. Ceci explique sa préférence pour les bois humides. Mais elle peut à l’occasion, pourvu qu’un arbre friable s’y trouve, nicher dans des milieux plus secs comme les hêtraies âgées. La surface du boisement n’a semble-t-il pas d’importance, la Mésange boréale pouvant occuper aussi bien une grosse haie qu’une grande forêt, pourvu que ses exigences s’y trouvent. Elle se nourrit d’insectes en été, de graines et de baies en hiver.
La loge est creusée en avril et les pontes (en règle deux) s’étalent de fin avril à juin. La rareté historique de la Mésange boréale en Normandie pourrait s’expliquer par la douceur de son climat, en particulier dans l’ouest de la région, l’espèce étant particulièrement adaptée aux climats froids.
Conservation
Les menaces globales pesant sur les zones humides (aménagements touristiques, industriels, agricoles) se répercutent sans doute sur cette espèce liée particulièrement aux boisements humides et recherchant des arbres bien souvent éliminés par les forestiers du fait de leur faible valeur commerciale. Une prise en compte de l’habitat de la Mésange boréale dans la gestion des espaces naturels, avec en particulier le maintien de ripisylves (bords de cours d’eau et d’étangs) avec vieux arbres et arbres morts, est nécessaire à la conservation de l’espèce, surtout dans un contexte global climatique très défavorable à l’espèce. Reste que le recul étant extrêmement rapide, la question pourrait hélas être déjà obsolète.Deux problèmes peuvent se poser pour l’espèce : la disparition ou la dégradation des milieux humides qu’elle fréquente et le dérangement sur les dortoirs, les sites d’alimentation ou de nidification.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Mésange boréale, période de reproduction et d’hivernage.
