Merle noir

Turdus merula

Espèce chassable

Nicheur sédentaire très commun (600 000 couples)

Statut en Europe et en France

Largement répandu dans la plus grande partie du Paléarctique (il manque dans le nord de la Scandinavie où il est remplacé par la Grive litorne), le Merle noir est commun dans toute l’Europe, particulièrement dans sa partie occidentale. Le Merle noir niche et hiverne dans toute la France de façon très commune.

Statut en Normandie

C’est une des espèces les plus abondantes de Normandie (3ème en nombre après le Moineau domestique et le Pinson des arbres) et répandue dans toute la région. Essentiellement sédentaire chez nous, de nombreux merles noirs plus nordiques passent en Normandie en migration, ou s’y s’arrêtent pour l’hiver. La migration de retour commence dès la fin de janvier, pour se terminer au début d’avril. Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « En grande partie sédentaire ; certains individus étant migrateurs. Niche en très grand nombre partout »

Écologie et habitat

Oiseau des boisements forestiers et bocagers à l’origine, le Merle noir a commencé à coloniser  toutes sortes de milieux arborés à partir du début du xixe siècle, et notamment les villes, où il est aujourd’hui un des oiseaux les plus présents, partie intégrante de la « nature en ville » avec son chant, ses cris et sa silhouette familière. Il construit son nid dans un buisson ou un arbre, voire un bâtiment, et produit au moins deux nichées, souvent trois, voire quatre. Les premiers poussins sortent ainsi du nid parfois dès fin mars. En milieu urbain, il niche souvent très tôt, parfois même en plein hiver. Le Merle noir se nourrit essentiellement de vers et d’insectes, auxquels s’ajoutent quelques escargots, et devient nettement plus frugivore en automne et en hiver.

Conservation

Les populations des villes et villages ne semblent pas souffrir de l’importante prédation exercée par les chats, en particulier sur les jeunes, bien que les études manquent à ce sujet. Au vu de la diminution des populations de certains pays du Nord (Allemagne, Danemark) qui constituent une part importante des hivernants en France, cette espèce devrait être retirée de la liste des espèces chassables (chasse essentiellement en Provence).

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Merle noir mâle en plumage nuptial
Merle noir © Michel Ménanteau

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
200 00064 000600 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

L’estimation indique que la Normandie regroupe environ 7 % des effectifs nicheurs français, donc une densité un peu supérieure à celle de l’ensemble du territoire national.

Carte des densités par zones biogéographiques

Dans la zone échantillonnée, on est tout de suite frappé par les fortes densités du Merle noir particulièrement dans les régions bocagères du Cotentin, en vallée de la Seine et dans les secteurs fortement boisés du Lieuvin et du Pays d’Ouche.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
1617,416,4 (3ème rang)
Densité (couples / km²)

Au 3ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), le Merle noir est une espèce très commune en Normandie. Ses densités sont quasi identiques entre la partie orientale et la partie occidentale de la région Normande étudiée.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
96100100 (1er rang)
Fréquences (%)

Nous pouvons observer que la fréquence sur les échantillons est restée quasi-stable entre 2007 et 2919, voire en légère augmentation (4 %). Étant l’oiseau le plus facile à détecter par ses cris, son chant et sa livrée, il se situe au 1er rang des oiseaux contactés.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
26,815,11215,916,2
Couples / km²

La végétation urbaine des jardins et des parcs convient parfaitement au Merle noir, comme le prouve la forte densité de couples au km². C’est aussi dans prairies et les paysages variés que l’on rencontre facilement le Merle noir, souvent à terre et à découvert. Il traverse les cultures et se rencontre également en forêt, son milieu d’origine.

Période internuptiale

Essentiellement sédentaire en Normandie, de nombreux merles noirs plus nordiques passent en migration et certains s’arrêtent passer l’hiver dans notre région. Les mouvements migratoires reprennent vers la fin janvier pour se terminer au début d’avril.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
939799999898
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Sauf à observer une présence migratoire en septembre, on constate dans ce travail d’échantillonnage une constance remarquable de la fréquence de l’espèce tout au long de la saison internuptiale, ce qui se reflète également dans les fiches de relevés (tableau ci-dessous). 

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
738587929090
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés
Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
9597
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Comme il a été constaté en période de reproduction, le Merle noir ne montre pas de baisse de fréquence entre l’enquête de 2009 et celle de 2019, en Haute-Normandie en période internuptiale.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)7,410,916,819,818,315,8
Effectifs (nombre d’individus)222 200327 200501 700591 000548 700472 500
Densités et effectifs par mois en Normandie

Les effectifs atteignent un pic en hiver (entre 500 et 600 000 individus estimés), nettement moins à l’automne (discrétion de l’espèce à cette période ?).

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Merle noir période de reproduction ou d’hivernage.