Turdus torquatus
Espèce protégée
Migrateur assez rare
Statut en Europe et en France
Le Merle à plastron niche en Europe sous la forme de deux sous-espèces : d’une part la forme britannique et scandinave (T.t. torquatus), qui hiverne du sud de l’Espagne à l’Afrique du Nord, et d’autre part la forme alpestre (T.t. alpestris), qui occupe les Alpes, les Pyrénées et une partie de l’Europe centrale. La dynamique de population européenne est inconnue. Les principaux bastions de cette espèce se situent dans les montagnes d’Europe du Sud. La population nordique est peu abondante et probablement déclinante, comme attesté en Grande-Bretagne.
En France, Le Merle à plastron « alpestris » est présent dans nos massifs montagneux (absent des Vosges, rare dans le Massif central). Il semble en déclin, au moins sur ses marges de répartition (Massif central, Jura). C’est un hivernant très rare dans l’arc alpin. Une petite population de la sous-espèce nordique a existé en Bretagne à la fin du vingtième siècle.
Statut en Normandie
C’est la sous-espèce d’Europe du Nord dont pour une part la population britannique qui passe en Normandie lors de ses migrations. Le Merle à plastron est un migrateur qui hiverne dans le Bassin Méditerranéen, particulièrement en Afrique du Nord. Il n’est actuellement en Normandie qu’un migrateur rare, de passage dans tous types de milieux buissonneux ou arborés et dans toute la région. Des chanteurs ont été notés anciennement (1985) et récemment, en mai et juin au cap de la Hague (Cotentin) dans un milieu (et un climat) similaire à ceux occupés en Écosse, pouvant faire penser à une reproduction. Ce n’est pas impossible, mais n’a pas pu être démontré. Il faut noter qu’une petite population de Merle à plastron a existé dans les années 70 dans les Monts d’Arrée en Bretagne et que l’espèce s’est occasionnellement reproduite ensuite sur ce secteur (dernière reproduction prouvée en 1986 et indice en 2006). Le réchauffement climatique et le déclin de la population britannique rendent peu probable l’installation d’une population de Merle à plastron en France sur les deux sites potentiels pour cette espèce (Monts d’Arrée et cap de la Hague).
Notre base de données indique la régularité de l’espèce, souvent sur les mêmes sites au passage prénuptial. Les données s’échelonnent de mars à juin, mais avec la grande majorité concentrée sur le mois d’avril. Certaines années (2006 par exemple), le passage est nettement plus marqué.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Considéré par plusieurs auteurs comme étant de passage régulier, nous le tenons pour un migrateur accidentel, ne l’ayant observé que deux fois, dont une fois à Mauny le 23 avril 1922. A. Long en captura un à Ambourville le 25 octobre 1908 et en observa une autre fois six ensemble ».
Écologie et habitat
La sous-espèce nordique du Merle à plastron est un oiseau des landes accidentées (avec des bruyères en Écosse), avec secteurs d’herbe rase (souvent en lien avec le pâturage d’ovins) et des arbres chétifs. Il se nourrit et niche au sol, faisant une à deux nichées par an. Son régime est constitué d’insectes et de vers en période de reproduction, auxquels s’ajoutent des fruits en automne et en hiver.
Il fréquente en migration toutes sortes de milieux ouverts, y compris la grande plaine cultivée. Il est toutefois souvent associé au couvert buissonneux que cette espèce farouche cherche pour se cacher.
Conservation
Le Merle à plastron a connu un déclin au Royaume-Uni depuis une trentaine d’années au moins, les populations plus septentrionales ayant décliné également. Cette régression n’est pas clairement documentée, mais il est probable que cette espèce soit impactée, au moins à terme, par le réchauffement climatique.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Aucune reproduction n’est prouvée en Normandie.
Période internuptiale
L’espèce est aussi observée lors du passage postnuptial (septembre-octobre), mais beaucoup plus rarement et irrégulièrement.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 1 | NA | NA | NA | NA |
On note une stabilité dans les fréquences lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête.Le passage postnuptial a été noté sur les échantillons prospectés, en octobre, avec une fréquence très faible.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | 0,2 | NA | NA | NA | NA |
Notre base de données indique, comme lors de l’enquête, un passage très faible en octobre.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Merle à plastron, période de reproduction et d’hivernage.
