Martinet noir

Apus apus

Espèce protégée

Nicheur migrateur commun (38 000 couples)

Statut en Europe et en France

Largement répandu dans tout le Paléarctique tempéré, le Martinet noir est considéré comme en déclin en Europe ; il en est ainsi par exemple en Allemagne, au Royaume-Uni et en Suède.

En France, aucune tendance n’a été mise en évidence, même si les rondes des oiseaux autour des pâtés de maisons sont parfois notées comme de moindre importance depuis quelques dizaines d’années. Il occupe toute la surface du territoire national.

Statut en Normandie

Le Martinet noir est répandu et commun dans les villes de toute la Normandie. Il est difficile cependant d’avoir une idée très précise de sa répartition et de ses densités, tant cette espèce, pourtant proche de l’homme, est finalement mal connue.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Très commun ; arrive fin avril ou début de mai et repart vers le 10 août, au plus tard, après la reproduction ».

Écologie et habitat

Le Martinet noir nichait à l’origine dans des cavités de falaises et de vieux arbres. Il a profité des constructions humaines dès que celles-ci purent lui fournir des opportunités (sous forme de cavités ou de fissures à plus de cinq mètres du sol), ce qui explique largement que l’espèce soit devenue très nettement citadine. L’essentiel des nicheurs arrive chez nous fin avril ou au tout début de mai, pour repartir au début d’août après avoir effectué une seule nichée. Insectivore strict, le Martinet noir ne se nourrit qu’en vol, et les jeunes ont la faculté d’entrer en léthargie lorsque les conditions météorologiques sont mauvaises durant un certain temps, leur permettant de jeûner quelques jours pendant que les adultes séjournent dans des zones plus clémentes.

Conservation

Les techniques de construction modernes et la rénovation systématique des vieux bâtiments utilisés par le martinet sont une réelle menace à moyen terme pour l’espèce, privant les oiseaux des cavités qui leur sont indispensables pour nicher dans les villes comme dans les villages. Le suivi des effectifs nicheurs du Martinet noir est pratiquement impossible du fait de sa biologie. Seul un suivi d’une année sur l’autre de l’occupation d’un grand nombre de sites précis par des personnes habitant à proximité pourrait dégager une tendance. Compte tenu des conceptions actuelles en matière de bâtiment, il semble que des aménagements volontairement favorables au Martinet noir seront bientôt pratiquement la seule manière de leur assurer le gîte, dans le cadre d’une politique volontariste des décideurs : conception intégrant des cavités pour l’espèce ou pose de nichoirs (bâtiments publics par exemple), des incitations fiscales pour les entreprises et les particuliers pouvant aller dans le même sens, le tout étant nécessairement associé à une sensibilisation du public. Notons à ce sujet l’existence d’une ordonnance édictée à Amsterdam (Pays-Bas) imposant le maintien des cavités favorables au Martinet lors de la réfection d’un toit ou un ravalement.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Martinets noirs en vol
Martinets noirs © LPO Normandie

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
17 0005 50038 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

L’estimation indique que la Normandie héberge environ 7 % des effectifs nicheurs français, densité un peu supérieure à la densité nationale.

Carte des densités par zones biogéographiques

Les densités du Martinet noir observées dans la zone échantillonnée et dans ce travail sont importantes dans le Pays-de-Caux et la Vallée de la Seine-aval, moyennes dans le Cotentin et le Bessin et étonnamment faibles dans l’Eure.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
1,41,41,4 (38ème rang)
Densité (couples / km²)

Au 38ème rang en termes de densité (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), le Martinet noir est une espèce commune en Normandie. Ses densités sont globalement similaires entre la partie orientale et la partie occidentale de la région, mais la situation y est cependant différente, avec une forte densité en Seine-Maritime et faible dans l’Eure, ce qui donne la même moyenne qu’à l’ouest de la région, plus homogène.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
102224 (57ème rang)
Fréquences (%)

Il y a une nette augmentation de la fréquence d’observation entre 2007 et 2019 en Haute Normandie. Cette fréquence passe de 10 à 22 % ce qui fait une augmentation de fréquence de 124 %.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
90,6NA1,51,1
Couples / km²

C’est clairement dans les habitats bâtis et plus particulièrement en ville, où il existe de grands immeubles que la densité des couples de martinets noirs est la plus grande (9 couples au km2). C’est là que les martinets peuvent trouver des sites où faire leurs nids, en hauteur ; pour se nourrir, ces voiliers infatigables trouvent des zones, mêmes éloignés où trouver des insectes.

Période internuptiale

Le Martinet noir en Normandie est un visiteur d’été exclusivement.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
1,2NANANANANA
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Le départ pour la migration se fait très tôt dès le début du mois d’août pour les plus précoces avec quelques attardés en septembre. 

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

La faible présence en septembre et l’absence durant l’hiver ne permettent pas d’estimer des densités ou des effectifs pour cette période.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Martinet noir, période de reproduction ou d’hivernage.