Macreuse noire

Melanitta nigra

Espèce chassable

Migrateur peu commun ; hivernant assez rare

Statut en Europe et en France

La Macreuse noire niche dans les toundras en Islande, au nord des Iles Britanniques et en Fennoscandie (surtout en Suède qui rassemble l’essentiel de la population nicheuse d’Europe). Les effectifs reproducteurs du Paléarctique occidental semblent stables, au moins depuis les années 1960. Environ 700 000 individus hivernent en Europe, les trois-quarts en Allemagne et au Danemark.

Cependant, en France, les passages migratoires d’automne montrent une nette tendance à la baisse depuis cette même période. L’hivernage est numériquement stable, avec 20 à 30 000 individus en moyenne, depuis 1980, mais en fort déclin depuis une vingtaine d’années.

Statut en Normandie

Le littoral normand, au large du pays d’Auge et de l’estuaire de la Seine, accueille plusieurs milliers de macreuses chaque été, dans un site particulièrement riche en crustacés bivalves. Ces stationnements prennent fin en avril, les premiers départs en migration prénuptiale de retour sur les sites de nidification ayant lieu dès le début de février. On trouve aussi de nombreuses macreuses noires dans la baie du Mont-Saint-Michel, la baie des Veys et au large de la côte ouest du Cotentin. L’ensemble des effectifs normands atteint le tiers de la population hivernante française.

Elle est aussi assez commune au passage postnuptial sur le littoral. Les données s’étalent de juillet à avril, avec un passage marqué d’août à novembre. Les données de l’intérieur des terres sont exceptionnelles. Les groupes en migration peuvent être importants (jusqu’à 200 individus).

Pour la Haute-Normandie, en 1938 Olivier écrivait: « Très commune à l’automne et en hiver sur nos côtes ; quelques sujets séjournent aussi pendant l’été ».

Écologie et habitat

En France, cette espèce est essentiellement maritime. Dans l’ouest de la France, les stationnements de macreuses noires pour muer commencent en juillet, avec des arrivées échelonnées jusqu’en décembre en fonction de l’âge, du sexe et du stade de la mue. Son alimentation est à base de mollusques et de crustacés, récoltés en plongée.

Conservation

La pollution marine par les hydrocarbures touche régulièrement l’espèce, qui subit aussi la pollution par les métaux lourds et les perturbateurs endocriniens tels que les PCB.

Au vu du déclin en France depuis vingt ans, la Macreuse noire doit être retirée de la  liste des espèces chassables.

Dessin de deux macreuses noires
Macreuses noires © Serge Nicolle

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Macreuse noire, période de reproduction et d’hivernage.