Locustelle luscinioïde

Locustella luscinioides

Espèce protégée

Nicheur migrateur très rare (150 couples)

Statut en Europe et en France

La Locustelle luscinioïde était beaucoup plus répandue dans l’ouest de l’Europe pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Actuellement, elle occupe surtout l’est et le sud-est du continent, et présente une distribution éparse dans l’ouest et le nord. 80 % de la population européenne se situe en Roumanie, Hongrie, et Pologne. Sa dynamique de population européenne est inconnue.

En France, la situation est loin d’être florissante, avec un recul important des effectifs nicheurs un peu partout, modéré dans certaines régions, alarmant dans d’autres. L’essentiel de la population française est concentré en Brière, marais de la Crau et Brenne.

La Locustelle luscinioïde est considérée comme En danger dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).

Statut en Normandie

La Locustelle luscinioïde est extrêmement localisée en Normandie : la principale population se situe dans l’estuaire de la Seine (la moitié de la population régionale), puis viennent les marais de la Touques, ceux du Cotentin (en particulier aux Ponts d’Ouve) et les marais de la Dives.

Pour la Haute-Normandie, Olivier ne mentionnait pas cette espèce en 1938. Du reste, la Locustelle luscinioïde était vraisemblablement inconnue des auteurs normands anciens. Ceci peut s’expliquer par l’absence de l’espèce à leur époque, par l’absence de détection liée à ses mœurs cachées, ou peut-être par une confusion avec la Locustelle tachetée.

Écologie et habitat

Hivernant dans les roselières de l’Afrique sub-saharienne, au nord de la zone forestière, la Locustelle luscinioïde s’installe dans les grandes et denses roselières inondées, où elle construit son nid près du niveau de l’eau, entre des tiges de phragmites voire de laîche, comme cela a été le cas par le passé à la limite de notre région, dans l’Orne. Une ou deux pontes sont effectuées. Elle se nourrit d’insectes, d’araignées ou de petits escargots.

Conservation

Dans un contexte général de dégradation des milieux naturels, les très fortes exigences de l’espèce quant à son milieu de reproduction expliquent sa rareté et sa raréfaction. Les altérations (du fait en partie de la sécheresse sévissant au Sahel) des sites d’hivernage peuvent aussi expliquer la diminution du nombre des couples reproducteurs constatée en Europe occidentale. C’est en assurant la pérennité – voire la restauration – des grandes roselières et des cariçaies inondées que l’on conservera la Locustelle luscinioïde en Normandie.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Locustelle luscinioïde dans les roseaux
Locustelle luscinioïde © Frédéric Malvaud

Nidification

On peut estimer sa population à environ 150 couples.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
1 (117ème rang)

L’espèce a été notée sur un échantillon en Haute-Normandie, dans l’estuaire de la Seine.

Période internuptiale

Migratrice, elle arrive en avril et au début de mai, et repart en août voire début septembre.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

Espèce migratrice, la Locustelle luscinoïde n’a pas été contactée sur les échantillons prospectés lors de la période internuptiale. Comme cette espèce est très localisée, le passage migratoire de septembre n’est pas davantage capté dans notre base de données.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Locustelle luscinioïde, période de reproduction et d’hivernage.