Carduelis cannabina
Espèce protégée
Nicheur commun (120 000 couples), hivernant assez rare
Statut en Europe et en France
Nicheuse dans presque toute l’Europe, la Linotte mélodieuse est plus abondante dans la partie sud du continent. Son principal bastion européen est l’Espagne. Elle est en déclin en Europe.
Elle occupe tout le territoire français et est considérée comme en fort déclin dans notre pays. La Linotte mélodieuse est considérée comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
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Statut en Normandie
Si elle occupe toute la Normandie en saison de reproduction, la Linotte mélodieuse est particulièrement abondante dans les landes littorales. La Normandie regroupe une part non négligeable des effectifs nicheurs français (plus de 10 %).
Les linottes normandes sont plutôt migratrices, et les périodes migratoires voient ici passer un contingent important d’oiseaux venant du Nord, et se rendant avec les nicheurs autochtones dans le sud de l’Europe et en Afrique du Nord. En hiver, sa présence est sporadique, plus marquée en bordure maritime, singulièrement dans les dunes du Cotentin. Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Passe abondamment au printemps et à l’automne. Sédentaire en partie. Niche en beaucoup de localités, mais en très grand nombre sur les côtes couvertes d’ajoncs et de bruyère du Pays-de-Caux ».
Écologie et habitat
La Linotte mélodieuse niche en Normandie dans des espaces ouverts buissonneux : friches avec ronciers, anciennes carrières, landes côtières ou de régénération forestière, dunes, plaines cultivées, bocages ouverts et coteaux calcaires. Le nid est construit dans un roncier ou des ajoncs, et deux, voire trois nichées, sont menées à bien chaque année. Des insectes sont consommés lors de la nidification, des graines (particulièrement des graminées) le reste du temps, récoltées au sol. En hiver, les oiseaux se déplacent en bandes compactes dans les cultures ou les dunes.
Conservation
Au cours du xxe siècle, l’espèce a décliné, en raison des modifications des pratiques agricoles. Un très net déclin a été mis en évidence entre 1989 et 2001 en France par le programme STOC, avec une diminution des nicheurs à hauteur de 62 %. Ce déclin a également été mis en évidence en Grande-Bretagne entre 1973 et 1998, avec une diminution de 55 %. L’espèce ne semble pas subir un tel déclin dans la région (elle est encore présente sur plus de 50 % de nos fiches de relevés en période de reproduction), mais mérite désormais un suivi attentif. Elle peut en effet être sensible à l’intensification agricole.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 54 000 | 17 000 | 120 000 |
L’estimation indique que la Normandie regroupe une part non négligeable des effectifs nicheurs français (environ 17 %).
Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, la Linotte mélodieuse montre un bastion littoral, plus marqué sur la côte d’Albâtre, mais aussi une forte densité sur le plateau du Neubourg. Nous avions déjà constaté ceci lors de notre enquête sur cette dernière zone en 2013. A l’inverse le bocage du Cotentin est très peu recherché par l’espèce, comme la vallée de la Seine et de manière plus surprenante les plateaux de Rouen et le Pays-de-Bray. Cette espèce est finalement peu présente dans le bocage.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 4,4 | 4,5 | 4,3 (17ème rang) |
Au 17ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), la Linotte mélodieuse est une espèce commune en Normandie. Ses densités sont globalement similaires entre la partie orientale et la partie occidentale de la région.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 90 | 84 | 85 (16ème rang) |
En termes de fréquence sur les échantillons, on retrouve la même situation de l’espèce que celle notée pour les densités. On note une baisse significative de fréquence (- 7 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 0,8 | 6,7 | 0,2 | 6,0 | 3,0 |
Deux habitats ressortent nettement en termes de densités pour cette espèce : les zones de cultures (ce qui explique en partie l’abondance sur le plateau du Neubourg) et les habitats en mosaïque. Ce sont donc bien des milieux à structure de végétation basse (buissons, haies) qui lui conviennent le mieux. Elle est donc logiquement peu abondante en forêt où elle existe cependant dans les zones de landes forestières de régénération.
Période internuptiale
Les linottes normandes sont plutôt migratrices, et les périodes migratoires voient ici passer un contingent important d’oiseaux venant du Nord, et se rendant avec les nicheurs autochtones dans le sud de l’Europe et en Afrique du Nord. En hiver, sa présence est sporadique, plus marquée en bordure maritime, singulièrement dans les dunes du Cotentin.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 54 | 37 | 20 | 17 | 17 | 13 |
On constate dans ce travail d’échantillonnage une diminution régulière de fréquence de l’espèce au fur et à mesure de l’avancée de la saison internuptiale, ce qui est très cohérent avec les fréquences notées sur nos fiches de relevés comme indiqué ci-dessous.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 56 | 41 | 21 | 12 | 10 | 11 |
Les fréquences dans notre base de données sont globalement similaires à celles des prospections sur les zones échantillons.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 24 | 25 |
A la différence de ce qui est constaté en période de reproduction, la Linotte ne montre pas de baisse de fréquence entre les deux périodes d’enquêtes en Haute-Normandie en période internuptiale. Il ne s’agit pas des mêmes populations.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 11,4 | 8,4 | 2,2 | 3,3 | 2,7 | 3,3 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 339 900 | 249 900 | 66 600 | 100 000 | 80 800 | 99 900 |
Comme pour les fréquences, on constate dans ce travail d’échantillonnage une diminution régulière de l’abondance de l’espèce au fur et à mesure de l’avancée de la saison internuptiale. On peut estimer le chiffre « plancher » d’une centaine de milliers d’individus en Normandie en hiver.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Linotte mélodieuse, période de reproduction ou d’hivernage.
