Hypolaïs polyglotte

Hippolais polyglotta

Espèce protégée

Nicheur migrateur commun (28 000 couples)

Statut en Europe et en France

L’Hypolaïs polyglotte a une répartition restreinte en Europe : essentiellement péninsule ibérique, France et Italie. Son bastion se situe en Espagne (75   % de la population européenne). Elle est en expansion, probablement favorisée par le réchauffement climatique. Espèce méridionale, elle a colonisé le nord et l’est de la France au xxe siècle ; elle ne manque aujourd’hui que dans la partie ouest de la Bretagne, qu’elle colonise progressivement et en Corse.

Statut en Normandie

L’Hypolaïs polyglotte est aujourd’hui répandue dans toute la Normandie, nettement clairsemée toutefois dans le Cotentin, ce qui rappelle sa situation dans l’ouest de la Bretagne et montre l’importance du facteur climatique dans sa répartition. Depuis le début des années 70, l’Hypolaïs polyglotte a colonisé la Seine-Maritime, une grande partie de la Manche et l’ouest du Calvados, régions où elle était rare. Pour la Haute-Normandie, Olivier la considérait en 1938 comme « relativement peu commune, se reproduisant dans certaines localités, alors qu’elle fait complètement défaut dans beaucoup d’autres ».

Écologie et habitat

Espèce caractéristique des milieux buissonneux, l’Hypolaïs polyglotte évite cependant les buissons trop bas, qu’elle laisse à la Fauvette grisette, ainsi que les milieux trop arborés. Elle occupe donc des milieux plus bas et plus jeunes que sa cousine l’Hypolaïs ictérine. Dès lors que la structure de la végétation lui convient, elle peut être présente dans des milieux très différents : friches de carrière en voie de recolonisation naturelle de la végétation, jeunes plantations forestières, milieux humides ou à l’inverse secs et chauds. Insectivore, elle effectue sa ponte (4 ou 5 œufs) fin mai ou début juin. C’est une migratrice stricte, apparaissant chez nous début mai et disparaissant en août.

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Conservation

Si la situation de cette espèce ne justifie pas aujourd’hui de mesures de gestion, il faut garder en tête que l’intensification agricole, destructrice des haies, est un facteur limitant pour cette fauvette, comme pour toutes les espèces liées aux milieux buissonneux.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Hypolaïs polyglotte
Hypolaïs polyglotte © Frédéric Malvaud

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
13 0004 30028 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

La population normande représente environ 5 % de l’effectif de la France, similaire à celle de l’ensemble du territoire national.

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que l’Hypolaïs polyglotte, dans la zone échantillonnée, est plus présente dans les zones naturelles bocagères ou à tendance climatique méridionale (Vallée de la Seine-amont, Pays-de-Bray, Lieuvin, Bessin…). Elle est peu présente dans le Cotentin.

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
1,11,21,1  (39ème rang)
Densité (couples / km²)

Le Bessin compense la faible densité du Cotentin. Globalement au 39ème rang d’abondance sur les 187 espèces nicheuses de Normandie, l’Hypolaïs polyglotte est assez commune par endroits et peu commune ailleurs. On peut mettre en avant la faible densité constatée dans les secteurs les plus explosés aux influences océaniques.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
565150 (42ème rang)
Fréquences (%)

En termes de fréquence sur les échantillons, on retrouve la même situation de l’espèce que celle notée pour les densités. On note une baisse relative de fréquence entre l’enquête de 2007 et celle de 2019 en Haute-Normandie.

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
0,30,90,31,61,1
Couples / km²

Sans surprise, les mosaïques sont les plus peuplées par l’Hypolaïs polyglotte, les prairies viennent juste après, ce qui est cohérent avec les préférences habituelles de l’espèce.

Période internuptiale

L’Hypolaïs polyglotte est une espèce migratrice qui nous quitte en août et revient essentiellement début mai.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

Cette espèce migratrice n’est pas contactée sur les échantillons. Quelques individus sont notés seulement en septembre dans notre base de données (tableau ci-dessous).

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
0,4NANANANANA
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Cette espèce migratrice est absente en période internuptiale, en dehors des quelques oiseaux notés en septembre.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Hypolaïs polyglotte, période de reproduction ou d’hivernage.