Hippolais icterina
Espèce protégée
Nicheur éventuel, très rare et irrégulier (1 couple) ; migrateur très rare
Statut en Europe et en France
L’Hypolaïs ictérine est une fauvette orientale et nordique atteignant tout juste la France dans l’extrême nord et est du pays. Elle est en augmentation dans ses bastions nordiques et orientaux tandis qu’elle connaît une forte régression sur ses marges sud-ouest (sa cousine proche l’Hypolaïs polyglotte a progressivement colonisé ses territoires sur quelques centaines de kilomètres sur la frange de contact, sans que la progression de la seconde puisse être incriminée dans le déclin de la première).
Ainsi, en France, l’Hypolaïs polyglotte, apparue en Lorraine au tout début des années 1970, occupe aujourd’hui toute cette région que l’Ictérine a désertée. En Picardie, l’Hypolaïs ictérine n’habite plus que la plaine maritime picarde (moins de 100 couples) et la Thiérache alors qu’on la trouvait dans toute la région jusque dans les années 1930. Elle n’a plus d’effectifs significatifs en France en dehors du Nord-Pas de Calais et de l’Alsace (2 000 couples au total).
L’Hypolaïs ictérine est considérée comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
De tous temps, l’Hypolaïs ictérine a eu un statut incertain dans notre région qui est frontalière avec ses zones de répartition picardes. Déjà Olivier signalait en 1938 : « Nous ne savons rien de précis sur l’Hypolaïs ictérine en ce qui concerne la Haute-Normandie ».
Plus récemment des chanteurs ont été notés dans le Pays-de-Bray en 1980. Nous avons contacté l’Hypolaïs ictérine en période de nidification dans le Pays-de-Bray picard à deux kilomètres de la frontière régionale en 1998. Notre base de données indique quelques mentions de chanteurs en migration surtout dans le nord de la Seine-Maritime. Mais c’est surtout le cantonnement d’un couple en mai et juin 2007 en vallée de l’Yères (Seine-Maritime) qui est à noter. L’Hypolaïs ictérine a donc probablement niché cette année là dans notre région. Le site a été déserté l’année suivante.
Écologie et habitat
L’Hypolaïs ictérine habite des milieux à végétation buissonneuse, parsemés de trouées avec présence d’arbres dominant les buissons, souvent à proximité de l’eau. Dans sa zone de répartition normale, elle s’installe volontiers dans les jardins. Son milieu est donc différent de celui de l’Hypolaïs polyglotte, bien que les deux espèces puissent cohabiter.
C’est une grande migratrice arrivant à mi-mai et repartant en Afrique dès les mois d’août et septembre.
Conservation
On s’est beaucoup livré à des conjectures sur le déclin de l’Hypolaïs ictérine concomitant avec la progression de l’Hypolaïs polyglotte. Concurrence, changement climatique, résistance différente à la pression de prédation ont ainsi été avancés. En l’absence d’hypothèses claires concernant ce recul, il faudra surveiller les marges de répartition haut-normandes et proposer des mesures de protection très locales, si besoin.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Hypolaïs ictérine, période de reproduction et d’hivernage.
