Hirondelle de rivage

Riparia riparia

Espèce protégée

Nicheur (3 000 couples) ; migrateur assez rare

Statut en Europe et en France

L’Hirondelle de rivage occupe presque toute l’Eurasie et l’Amérique du Nord. En Europe, c’est un oiseau bien présent là où il trouve des sites favorables à sa reproduction, sa distribution étant néanmoins plus clairsemée dans le sud du continent. Ses populations montrent des fluctuations extrêmement importantes et parfois rapides. Globalement, les populations de l’Hirondelle de rivage ont décliné dans la plus grande partie de l’Europe du Nord-Ouest entre 1970 et 1990, ainsi que dans le sud du continent, y compris en Espagne où une importante population niche.

En France, des régressions parfois sévères ont de la même façon été constatées ici où là. Elle est considérée toutefois comme stable à l’échelle européenne et en France de nos jours.

Statut en Normandie

Les populations normandes de l’Hirondelle de rivage sont réparties dans les secteurs littoraux et sur le cours de certaines rivières pourvu que les oiseaux trouvent de quoi y faire leur nid. Mais, c’est surtout dans les carrières de granulats du département de l’Eure que sont situées maintenant la plupart des colonies, en particulier les plus importantes. Aucune tendance notable n’a été constatée quant à l’évolution des effectifs ou de la répartition de l’Hirondelle de rivage en Haute-Normandie. Elle reste peu représentée dans le département de l’Orne.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Arrive en avril-mai ; repart en août-septembre. Niche en de nombreuses localités, dans des sablières, carrières et berges de rivières ».

Écologie et habitat

L’Hirondelle de rivage vit en colonies comportant quelques dizaines de couples. Elle a deux exigences principales : la disponibilité en insectes volants, qu’elle attrape en vol, et la présence de parois abruptes meubles où elle peut creuser son terrier. Elle recherche le sable des reliefs dunaires (comme dans le Cotentin) ou des fronts de tailles des sablières (de très loin les sites les plus occupés en Normandie aujourd’hui), les rives des rivières et des fleuves, le sommet des falaises maritimes (sur la côte du Pays-de-Caux), parfois les talus des bords de routes ou des chantiers. La présence d’eau semble être une exigence indirecte, étant souvent associée à la présence des sites potentiels de nidification, ainsi qu’à une grande richesse en insectes volants. Les oiseaux reviennent de leurs quartiers d’hiver à partir de début mars. Ils sont fidèles à leur colonie. Les deux membres du couple, parfois aidés par d’autres, creusent alors pendant deux semaines une galerie, allant d’une profondeur de 30 cm à plus d’un mètre, où ils effectuent deux couvées successives, en mai et en juillet. Des poussins peuvent encore être au nid à la fin du mois d’août. Les adultes libérés de leurs tâches parentales passent leurs nuits dans des dortoirs situés le plus souvent dans des roselières, qui servent également de halte nocturne aux migrateurs venant du nord. Si le succès de la reproduction est généralement bon, la mortalité en hivernage et en migration est considérable, de l’ordre de 70 % en temps normal. L’Hirondelle de rivage est en effet très sensible aux sécheresses parfois rencontrées dans ses quartiers de l’Afrique occidentale.

Conservation

La sécheresse, qui prive l’Hirondelle de rivage de proies sur ses sites d’hivernage africains est une cause importante de la fluctuation de ses effectifs. Les menaces qui pèsent sur les grandes zones humides africaines qu’elle occupe en hiver sont également préoccupantes. Par ailleurs, ses milieux de reproduction étant par nature très précaires, la stabilité des colonies n’est jamais assurée. Les principales causes de destruction sont les effondrements (favorisés par le passage de piétons), les crues et, dans les sablières, le remblaiement ou l’exploitation de la zone de la colonie. L’avenir d’une colonie peut être compromis par la modification naturelle ou l’aménagement humain des berges de cours d’eau, le remblaiement, l’aménagement paysager ou l’abandon des carrières en fin d’exploitation.

Il conviendrait d’informer et de sensibiliser les carriers à l’espèce, qu’ils détruisent parfois sans le savoir. Il suffirait parfois de différer l’exploitation ou les aménagements en attendant la fin de la saison de reproduction, et de susciter une approche différente du réaménagement des carrières en fin d’exploitation. On peut également envisager un entretien ad hoc de certaines anciennes carrières afin qu’elles restent attractives pour l’espèce. La tranquillité et la sécurité des colonies pourraient être favorisées par des actions visant à empêcher le passage des promeneurs ou des véhicules au-dessus des colonies susceptibles d’être « écrasées », et près de celles qui pourraient être à portée de mains malveillantes ou tout simplement inconscientes. Mais, l’avenir de l’espèce ne pourra être assuré, en raison de la diminution programmée de l’exploitation des granulats, qu’en favorisant les sites naturels potentiels. Le contrôle strict des aménagements de rivières, dans le sens d’un retour à une certaine « liberté », permettrait l’apparition naturelle de berges verticales à certains endroits.

L’accueil des migrateurs faisant escale chez nous sera favorisé par le maintien ou la création de roselières sur le trajet des oiseaux, et des aides en matière de gestion des zones humides des pays d’accueil africains seront utiles pour pérenniser ces sites d’hivernage.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Hirondelle de rivage
Hirondelle de rivage © Michel Ménanteau

Nidification

On peut estimer la population à quelques milliers de couples.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
6 (92ème rang)

L’Hirondelle de rivage a été notée principalement sur les échantillons qui bordent les côtes et les grands cours d’eau. 

Période internuptiale

La migration postnuptiale s’étale de la fin de juillet à la fin de septembre, menant les oiseaux dans les grandes zones humides de l’Afrique occidentale. Les oiseaux reviennent de leurs quartiers d’hiver à partir de début mars.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
3NANANANANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Encore présente courant septembre, l’espèce disparaît de la Normandie lors de la migration automnale.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
6NANANANANA
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données confirme la présence de l’espèce en septembre ainsi que sa disparition à la migration automnale.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Cette espèce migratrice stricte n’hiverne pas en Normandie. Cela ne permet de présenter des densités et des effectifs inter-nuptiaux.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Hirondelle de rivage, période de reproduction et d’hivernage.