Asio otus
Espèce protégée
Nicheur (1 000 couples) et hivernant assez rare
Statut en Europe et en France
Répandu dans toute la zone tempérée de l’hémisphère nord, le Hibou moyen-duc a ses meilleures densités en Allemagne et en France. Les densités déclinent rapidement au fur et à mesure que l’on s’éloigne de ce grand noyau de peuplement, en particulier vers la Scandinavie, les Iles Britanniques et l’Europe du sud. Les populations de la plupart des pays d’Europe ont été stables ou fluctuantes depuis 1970.
En France, l’espèce est surtout présente dans les deux tiers-nord du territoire, plus clairsemée dans la partie sud. Elle apparaît stable en dehors d’une colonisation de la Bretagne et d’un début de colonisation du département de la Manche. En hiver, la population française augmente notablement avec l’arrivée d’hivernants issus des pays situés du nord à l’est de l’Europe.
Statut en Normandie
Même s’il est un nicheur assez rare, le Hibou moyen-duc semble assez uniformément réparti en Normandie, à l’exception notable du département de la Manche où il est très localisé. Il était, à la fin du XIXe siècle, considéré par Gadeau de Kerville comme « peu commun », ce qui donne à penser que son statut n’a pas changé de façon patente depuis un siècle. Les hivernants arrivent dans le courant d’octobre, et repartent à la fin de l’hiver.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « Migrateur régulier, mais parfois en très grand nombre, lors des invasions de rongeurs ; s’installe alors quelques semaines ou même quelques mois, se réunissant pendant la journée dans des bois fourrés de pins ou dans les feuillards. Durant l’hiver 1934-1935, il y eut dans les forêts de la vallée de la Seine une véritable invasion de ces oiseaux de novembre à mars ».
Écologie et habitat
Sédentaire chez nous, ce hibou constitue des dortoirs hivernaux souvent situés dans des résineux (parfois près des habitations), et comprenant jusqu’à plusieurs dizaines d’oiseaux, mélange d’autochtones et de migrateurs. C’est en février que les couples se cantonnent et émettent leur chant discret. Le couple s’installe dans un ancien nid, le plus souvent de corvidé, dans une haie ou à la lisière d’une forêt, volontiers dans un résineux. L’unique ponte a lieu de mi-mars à mi-avril, et les jeunes sortent du nid en mai ou juin sans savoir voler, restant à proximité un certain temps, et dépendants de leurs parents. C’est à cette période, et jusqu’en juillet, qu’ils sont les plus détectables, et les plus vulnérables aussi. Le Hibou moyen-duc chasse en terrain découvert, d’où son choix des lisières et des haies proches de lieux ouverts, et où il s’empare surtout de micro-mammifères, plus secondairement d’oiseaux. Les populations sont fluctuantes selon les années, en fonction de l’abondance des rongeurs.
Conservation
Si le Hibou moyen-duc a dû être favorisé par les défrichements survenus du néolithique au moyen-âge, la suppression drastique des haies lui a assurément été néfaste, même si l’enrésinement de nombreux sites a pu, dans une moindre mesure, lui être bénéfique.
Un déclin sur le long terme est possible avec l’intensification agricole généralisée, qui réduit l’abondance du campagnol (sa proie favorite en maints endroits), comme cela a été mis en évidence localement en Allemagne. A ce sujet, les campagnes d’empoisonnement des campagnols à la bromadiolone touchent bien entendu le moyen-duc, qui s’intoxique mortellement en consommant des proies empoisonnées. Une autre cause de pertes est constituée par la circulation automobile, qui tue bon nombre d’oiseaux lors de leurs chasses nocturnes. Enfin, la destruction par tir, dans des nids attribués à des corvidés, atteint parfois un Hibou moyen-duc installé dans un tel endroit.
La protection et la reconstitution de haies, associée à une agriculture autorisant une plus grande biodiversité, notamment par une moindre utilisation de pesticides, favorisera l’espèce. L’arrêt des traitements par anticoagulants comme la bromadiolone, pour réduire les populations de rongeurs, est bien entendu à considérer. L’aménagement des routes pour obliger les oiseaux à s’élever lorsqu’ils chassent près du sol est une mesure facilement réalisable. Le tir des corvidés au nid devrait être interdit, au moins en raison du doute possible sur son réel occupant.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Du fait de la difficulté de détecter l’espèce, sa répartition et son effectif réels sont plutôt mal connus (entre 500 et 1 500 couples).
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 12 (73ème rang) |
Il a été noté sur 13 échantillons lors de l’enquête, la plupart en Haute-Normandie.
Période internuptiale
Les hivernants sont présents sur l’ensemble de la région, le département de la Manche étant alors en partie occupé.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 1 | NA | NA | NA | 1 | 1 |
On note une très faible fréquence sur l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête, époque où l’espèce est très discrète et où les oiseaux sont rassemblés en dortoirs.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
Les effectifs du Hibou moyen-duc ne peuvent pas être estimés par notre méthode d’échantillonnage.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Hibou moyen-duc, période de reproduction et d’hivernage.
