Guillemot de Troïl

Uria aalge

Espèce protégée

Migrateur peu commun ; hivernant assez rare

Statut en Europe et en France

Espèce circumpolaire coloniale et littorale, le Guillemot de Troïl a une distribution européenne dispersée jusqu’au Portugal. C’est en Islande et dans les Iles Britanniques que les populations sont les plus importantes. La sous-espèce nordique (Islande, Norvège) est en déclin significatif, tandis que la sous-espèce méridionale albionis (France, sud de la Grande-Bretagne) semble maintenir ses effectifs. 

En France, le Guillemot de Troïl que l’on rencontrait au XIXe siècle sur le littoral cauchois (sous-espèce U. a. albionis) est aujourd’hui une espèce uniquement bretonne, qui niche également dans les îles Anglo-Normandes. Cette petite population bretonne est aujourd’hui stable, en léger accroissement.

Le Guillemot de Troïl est considéré comme En danger dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France et comme Quasi menacé en Europe (UICN).

Statut en Normandie

La Normandie n’est plus fréquentée, depuis les années 1920, que par des migrateurs et un petit nombre d’hivernants, de mi-octobre à début avril. Le Guillemot de Troïl nichait en effet jusque là sur le littoral cauchois et au cap de la Hague, avant d’avoir été exterminé par les tireurs « sportifs » qui l’utilisaient comme cible vivante, et par les acrobates dénicheurs d’œufs. Cela dit, depuis quelques années des observations ont eu lieu d’adultes accompagnés de jeunes non volants, en particulier sur les îles Saint-Marcouf (Manche). Nidifications isolées ou oiseaux erratiques en provenance des petites colonies des îles anglo-normandes toutes proches ?

Pour la Haute-Normandie, En 1938, Olivier indiquait ainsi : « Migrateur régulier et commun d’août à avril. Nichait autrefois à Antifer, à Bénouville et en quelques autres points tels le Roc aux guillemots, rocher séparé de la côte, entre Bénouville et Étretat ».

Les oiseaux qui hivernent aujourd’hui sur le littoral normand sont surtout de la sous-espèce nordique (U.a. aalge), qui niche dans le nord de la Grande-Bretagne et en Scandinavie.

Écologie et habitat

Le Guillemot fait son nid sur les corniches des falaises ou les sommets d’îlots à l’abri des prédateurs. Il se nourrit de poissons, qu’il attrape volontiers lors de plongées jusqu’à 60 mètres de profondeur. En migration et en hiver, c’est un oiseau purement pélagique.

Conservation

Si les persécutions humaines passées ne sont plus en cause, la pollution pétrolière de la mer, et sans doute avant tout les captures non intentionnelles par les filets des pêcheurs, sont à l’origine d’une mortalité considérable de l’espèce. La prédation des nichées par les corvidés et les goélands argentés a également été incriminée, ainsi que la diminution des populations de poissons. Les filets maillants pourraient voir leur impact diminué si des mesures adaptées étaient prises, ceci constituant la priorité pour le guillemot, avec la lutte contre les dégazages en mer.

Au vu de la dynamique négative actuelle des populations des oiseaux du nord de l’Europe et  du faible effectif des colonies méridionales, la réinstallation du Guillemot comme oiseau nicheur en Normandie est hautement improbable dans le contexte du réchauffement climatique.

Guillemot de Troïl avec son poussin
Guillemot de Troïl © Frédéric Malvaud

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Guillemot de Troïl, période de reproduction et d’hivernage.