Grive litorne

Turdus pilaris

Espèce chassable

Nicheur éventuel très rare et irrégulier (1 couple) ; hivernant commun

Statut en Europe et en France

Espèce orientale et nordique, la Grive litorne est commune en Scandinavie, où elle remplace le Merle noir vers le Nord.

C’est une nicheuse récente en France. Apparue au début des années 1950 dans le Jura, l’espèce a connu une forte expansion vers l’ouest, s’installant jusqu’en Ile-de-France et dans le Massif Central (en zone de montagne). Elle a atteint le bord de la Normandie sur la frontière francilienne. Depuis, sa progression a été stoppée et elle recule de manière significative vers l’Est (disparition d’Ile-de-France, recul en Champagne et dans le département du Nord, diminution en Bourgogne, en Auvergne). On ne peut qu’être frappé par l’importance de la progression géographique entre les deux atlas nationaux (1975 et 1989) de près de 400 kilomètres, la stabilité constatée jusqu’au début des années 2000 et le reflux noté dans le dernier atlas (2015).

Elle reste cependant un hivernant commun en Europe de l’Ouest et en France (quelques centaines de milliers à un million d’individus dans notre pays en fonction de la météo). 

Le Grive litorne, affectée d’un déclin dans toute l’Europe et singulièrement dans ses bastions scandinaves, est considérée comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de l’Union européenne (UICN).

Statut en Normandie

Cette grive est toujours un hivernant commun dans notre région, dont les effectifs sont très liés aux vagues de  froid dans le nord de l’Europe. Elle est présente alors sur l’ensemble de la région.

Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 la connaissait comme « migratrice régulière, parfois en très grand nombre d’octobre à mars ».

Écologie et habitat

En période hivernale, la Grive litorne fréquente en bandes nombreuses et instables les prairies humides, mais aussi les labours. Elle fréquente souvent les vergers dont elle se nourrit des fruits et a besoin d’habitats assez ouverts.

Pour nicher, elle recherche des zones herbacées pour l’alimentation et de grands arbres pour installer son nid. C’est une grive coloniale, les nids peuvent être proches les uns des autres.

Elle pond 4 à 6 œufs en avril et deux pontes successives sont régulières. On peut donc trouver des jeunes au nid jusqu’à mi-juillet. Les nicheurs français semblent sédentaires.

Conservation

La dynamique négative actuelle de population rend nettement plus improbable que lors d’un passé récent l’installation future comme nicheuse de la Grive litorne en Normandie. Cette espèce nordique est peut-être impactée par le réchauffement climatique en cours.

En période hivernale, il serait utile de pouvoir évaluer l’impact de la chasse sur l’espèce, mais aussi d’effectuer un suivi des populations hivernantes en Normandie.

Au vu du déclin européen et particulièrement dans l’Union européenne, la Grive litorne devrait être retirée de la liste des espèces chassables.

Grive litorne
Grive litorne © Sylvie Dezailles

Nidification

La Grive litorne s’est peut-être reproduite en Normandie à la fin des années 2000. Ceci est resté sans suite.

Période internuptiale

Cette grive est un hivernant commun dans notre région, dont les effectifs sont très liés aux vagues de froid dans le nord de l’Europe.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA1253534747
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

L’enquête sur les échantillons visités, fait apparaître une augmentation très importante de la fréquence pendant la migration automnale. Elle reste stabilisée pendant l’hiver à un niveau élevé.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
NA724282520
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données montre aussi une augmentation importante de la fréquence pendant la phase migratoire.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
3536
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

On note que la fréquence est restée stable en Haute-Normandie pendant les périodes hivernales. 

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)NA1,412,417,917,417,9
Effectifs (nombre d’individus)NA41 750371 500535 000521 700535 000
Densités et effectifs par mois en Normandie

Notre enquête indique que quelques centaines de milliers de Grives litornes séjournent en Normandie au cœur de l’hiver, avec une arrivée plus tardive que la Grive mauvis, mais un départ plus tardif et globalement une densité plus élevée.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Grive litorne, période de reproduction et d’hivernage.