Turdus viscivorus
Espèce chassable
Nicheur sédentaire commun (52 000 couples)
Statut en Europe et en France
La Grive draine est répandue dans toute l’Europe, du nord scandinave au sud de l’Espagne. La France est son principal bastion européen, mais elle montre un déclin sur les trente dernières années.
Elle habite toute la France, excepté la plaine méditerranéenne.
Statut en Normandie
La Grive draine est commune et présente partout en Normandie. Il faut noter cependant que les densités sont bien inférieures à celles de sa cousine, la Grive musicienne, sauf dans ses bastions bocagers où elle fait jeu égal avec elle. La Normandie regroupe une part non négligeable des effectifs nicheurs français (autour de 10 %).
Pour la Haute-Normandie, Olivier connaissait en 1938 la Grive draine « commune ou assez commune partout ».
Écologie et habitat
La Grive draine n’est pas prioritairement un oiseau forestier, elle affectionne les zones plus ouvertes, mosaïques de champs, prairies, vergers, dès lors qu’elle trouve des grands arbres. Elle peut toutefois habiter les lisières forestières, les clairières. On la rencontre fréquemment près des villages, dans les vallées dont les cours d’eau sont bordés d’arbres. C’est d’abord l’oiseau de la prairie pâturée, bordée de haies bocagères.
Elle pond 4 à 5 œufs en mars-avril et effectue une seconde ponte régulièrement. On peut trouver des oisillons jusqu’en août. Elle se nourrit d’escargots, vers de terre, insectes et invertébrés. Elle est friande de fruits à l’automne, y compris les baies du gui.
Conservation
Encore bien répandue, la Grive draine peut être affectée par l’intensification agricole, dès que les modes de gestion éliminent les arbres, nécessaires à sa présence. Elle a donc dû être impactée par les remembrements et la diminution générale de la « forêt linéaire ».
Au vu de son statut de conservation défavorable en France, la Grive draine doit être retirée de la liste des espèces chassables.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 23 000 | 4 000 | 52 000 |
Les effectifs estimés sur les échantillons normands prospectés représentent une part importante des nicheurs français (environ 12 %).
Carte des densités par zones biogéographiques

Un bastion sur le Lieuvin et le Pays d’Ouche se détache nettement, prolongé à l’est par le Roumois et la plaine de Saint-André. Le Pays-de-Bray accueille également une densité importante de grives draine (2,3 couples / km²). Elle est bien présente sur le reste des zones prospectées (à l’exception de la Côte d’Albâtre) mais son abondance est plus restreinte sur le littoral et les marais du Cotentin, ainsi que le long de la vallée de la Seine (aval et amont) et sur le plateau de Madrie
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 1,9 | 1,1 | 1,6 (32ème rang) |
La densité moyenne de la Grive draine est de 1,6 couple / km² ; les densités allant des plus élevées en Haute-Normandie aux plus basses dans le Cotentin. Cette espèce commune se situe au 32ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie).
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 81 | 80 | 76 (26ème rang) |
C’est une espèce moyennement fréquente (26ème rang), et qui est restée stable entre nos deux enquêtes menées en 2007 et 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 2,0 | 1,5 | 2,0 | 1,6 | 1,7 |
Milieux forestiers (qui se retrouvent dans ses bastions du pays d’Ouche et du Lieuvin) et milieux bâtis attirent d’abord cette grive (2 couples / km²), puis les milieux ouverts (cultures, mosaïques et prairies) lui sont favorables avec 1,6 couple / km².
Période internuptiale
La Grive draine est un nicheur sédentaire en Normandie et se rencontre donc aussi en période hivernale, pendant laquelle elle se mêle aux bandes d’autres grives (litorne, mauvis et musicienne).
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 28 | 46 | 49 | 51 | 59 | 59 |
L’augmentation régulière de la fréquence des grives draine reflète sans doute l’arrivée d’oiseaux migrateurs qui séjournent avec les populations locales. Les fréquences des échantillons de l’enquête sont plus élevées que celles calculées sur les fiches de relevés, mais on retrouve une même tendance à la hausse sur ces périodes (voir tableau ci-dessous).
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 16 | 32 | 33 | 38 | 43 | 41 |
On retrouve une fréquence notable (32 %) en automne avec l’arrivée de probables oiseaux migrateurs.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 55 | 53 |
Comme pour la période de reproduction, la Grive draine est restée quasiment stable entre les deux enquêtes en Haute-Normandie en période internuptiale.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 1,5 | 1,6 | 1,4 | 1,4 | 2,3 | 1,3 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 46 000 | 49 200 | 41 000 | 43 000 | 68 400 | 40 000 |
Son abondance est assez stable au cours de la saison internuptiale. On peut estimer la population hivernante à plusieurs dizaines de milliers de couples sur les zones échantillonnées en Normandie.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Grive draine, période de reproduction ou d’hivernage.
