Certhia familiaris
Espèce protégée
Nicheur sédentaire rare (100 couples)
Statut en Europe et en France
Le Grimpereau des bois est une espèce nordique et orientale. A l’ouest de l’Europe (France, Espagne), c’est un montagnard. Il est absent de la zone méditerranéenne, sauf en Corse.
En France, il occupe toutes les zones élevées (massifs montagneux) ainsi que des forêts de plaine de Lorraine. Il semble en légère expansion géographique dans cette région. Il remplace le Grimpereau des jardins en Corse.
Enfin, il faut signaler une petite population relictuelle dans quelques forêts de l’ouest de la France, du sud de la Picardie aux contreforts bretons (forêts de Chantilly et Compiègne dans l’Oise, forêt de Senonches en Eure et Loir, forêt de Bercé dans la Sarthe, forêt du Pail en Mayenne, forêt de Rennes en Ille et Vilaine, et enfin en Normandie).
Statut en Normandie
C’est cette population qui est présente en Normandie, isolée au milieu du cousin dominant, le Grimpereau des jardins. Actuellement, le Grimpereau des bois est restreint au département de l’Orne : forêts de Gouffern, Ecouves, des Andaines et de Réno-Valdieu. Il y est un nicheur rare et localisé, découvert tardivement (début des années 70).
En Haute-Normandie, la population a été découverte plus tardivement (plusieurs dizaines de couples au début des années 80) et semble éteinte depuis le début des années 2000. Elle était présente dans trois massifs forestiers (La Londe et Lyons dans l’Eure et Brotonne en Seine-Maritime).
La découverte du Grimpereau des bois en Normandie n’est cependant pas signe d’une progression de l’espèce, mais plutôt de la meilleure connaissance de cet oiseau très difficile à identifier. Du reste, le Grimpereau des bois n’était pas connu en Haute-Normandie par Olivier en 1938 (les deux espèces de grimpereaux étaient alors confondues).
Écologie et habitat
Relique d’une époque où le climat de la France était beaucoup plus froid, le Grimpereau des bois n’a survécu en plaine, face à la concurrence de son voisin méridional, le Grimpereau des jardins, que dans des parcelles forestières bien particulières : « vieille futaie peu dense, constituée d’un mélange de hêtres et de chênes, à l’exclusion des conifères; comportant un taillis d’arbustes d’âges divers et une strate inférieure buissonnante, constituée de houx ou d’ifs » (Chapuis 1995)). D’après Lecoq (GONm – 2009), il serait aussi présent dans des parcelles de conifères dans l’Orne.
Le Grimpereau des bois semble se cantonner plus tard en saison que son cousin, en avril ou mai, et pond les 4 à 8 œufs à ce moment de l’année. Une seconde ponte en juin-juillet est régulière.
Il se nourrit d’insectes avec une importante proportion d’espèces volantes. L’espèce semble très sédentaire, mais des mouvements erratiques ont certainement lieu en automne. C’est en tout cas attesté pour la sous-espèce nordique.
Conservation
Très dépendant de l’existence de parcelles forestières très âgées, abandonnées en partie, le Grimpereau des bois, avec des populations si petites et disjointes, est en grand danger d’extinction en Normandie. Ce qui serait regrettable car la population de plaine du nord-ouest de la France est unique en Europe. Le maintien de cette espèce chez nous est donc un enjeu non négligeable, vu l’intérêt biogéographique de cette population. Il dépend totalement des mesures que devrait prendre l’ONF, la plupart des parcelles étant en forêt domaniale.
Il ne s’agit pas forcément de sanctuariser définitivement les zones à Grimpereau des bois mais de laisser vieillir des parcelles adjacentes, avec le sous-bois caractéristique, avant d’exploiter les zones de nidification actuelles.
Et en attente de ce moment, il s’agit d’éviter toute intervention forestière dans des parcelles où la présence de l’oiseau a été attestée ces dernières années. Un classement en Réserve Biologique Domaniale de toutes ces parcelles est urgent. La disparition récente des populations haut-normandes, le déclin en Bretagne et la disparition dans plusieurs forêts de cette région, doivent nous alerter sur la situation de l’espèce. En plus des problèmes liés à l’exploitation forestière, cette espèce est certainement très sensible au réchauffement climatique. Si pour le moment les populations montagnardes ne semblent pas montrer de signes de déclin (mais il n’y a pas de recherches ciblées !), il n’est pas étonnant que cette remarquable population de plaine soit fortement menacée.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Grimpereau des bois, période de reproduction et d’hivernage.
