Tachybaptus ruficollis
Espèce protégée
Nicheur assez rare (700 couples) ; hivernant peu commun
Statut en Europe et en France
Le Grèbe castagneux se reproduit dans toute l’Europe moyenne (ses bastions sont en France et en Allemagne). Il est absent de pratiquement toute la Scandinavie.
Il niche sur la presque totalité du territoire français, plus sporadiquement dans la partie sud. On considère qu’environ 6 000 hivernants sont présents en France, mais ce chiffre peut être inférieur à la réalité, tant l’espèce est disséminée, quelque fois sur de petits plans d’eau ou de petites rivières.
Statut en Normandie
Le Grèbe castagneux est présent en Normandie, partout où il trouve des plans d’eau, même de faible superficie. Il est ainsi nettement plus rare dans le bocage du Cotentin, et globalement dans toute la Basse-Normandie intérieure.
Pour la Haute-Normandie, le Grèbe castagneux était considéré comme « très commun, se reproduisant en de très nombreux points » par Olivier en 1938.
Le Grèbe castagneux est observé en période migratoire et en hiver dans les mêmes sites qu’en période de nidification, mais a des effectifs élevés (plusieurs dizaines d’individus) sur les plans d’eau de superficie importante.
Écologie et habitat
Si le Grèbe castagneux peut, à la différence du Grèbe huppé, nicher sur de tous petits plans d’eau, même des mares, il exige que ceux-ci soient pourvus d’une bordure de végétation aquatique abondante.
Il peut aussi s’installer sur des petits cours d’eau, en utilisant des zones avec peu de courant, là où la végétation peut se développer. La ponte, de 5 ou 6 œufs, est déposée entre avril et août. Les secondes pontes et les pontes de remplacement semblent fréquentes, on peut ainsi découvrir des couples nichant en juillet-août. Il se nourrit essentiellement de petits invertébrés.
Conservation
L’espèce, même encore bien répandue, a dû souffrir et souffre encore de la disparition et de la dégradation des zones humides. Nicheur très territorial, le Grèbe castagneux ne niche pas en grande colonie. Le maintien d’un grand nombre de zones humides de qualité, sur tout l’espace géographique de la Normandie, peut éviter un déclin de l’espèce, déjà marqué dans d’autres pays européens (Pays-Bas, Grande-Bretagne, Espagne ou Suède).
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Les effectifs peuvent être estimés de quelques centaines à un millier de couples.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 10 | 12 | 12 (73ème rang) |
La fréquence est similaire sur nos deux zones d’échantillonnage.
Période internuptiale
Plusieurs centaines d’individus hivernent dans notre région.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 6 | 7 | 5 | 7 | 5 | 6 |
On note une stabilité des fréquences sur l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 14 | 15 | 16 | 17 | 20 | 17 |
Notre base de données indique une augmentation régulière des fréquences de septembre à janvier, puis une baisse en février.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 6 | 6 |
La fréquence est identique entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La localisation de l’espèce sur les zones humides ne permet pas d’estimer les densités et les effectifs internuptiaux par notre méthode d’échantillonnage.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Grèbe castagneux, période de reproduction et d’hivernage.
