Charadrius alexandrinus
Espèce protégée
Nicheur (250 couples); hivernant rare
Statut en Europe et en France
Espèce eurasienne présente également en Amérique et en Afrique du Nord, le Gravelot à collier interrompu occupe en Europe les côtes maritimes non rocheuses depuis le sud de la Suède jusqu’à la Grèce, les Iles Britanniques n’étant pas occupées. Quelques populations intérieures de faible importance et considérées comme relictuelles existent dans certains pays. La plus grande partie de ces populations est en déclin, avec un recul patent dans le nord-ouest et le centre de l’Europe. L’espèce a disparu de Norvège à la fin du XIXe siècle, et d’Angleterre dans les années 1930. Elle est proche de l’extinction en Suède et au Danemark. C’est la péninsule ibérique qui héberge les plus gros effectifs européens (un quart des effectifs). Il est considéré comme en déclin en Europe.
En France, le Gravelot à collier interrompu est présent sur l’ensemble du littoral. La population diminue fortement dans le Nord et la région méditerranéenne et à l’inverse est stable, voire en augmentation, dans l’Ouest (côtes de la Manche et de l’Atlantique). Le Gravelot à collier interrompu est migrateur ; le passage prénuptial est surtout détectable en avril-mai et le passage postnuptial d’août à novembre. La plupart des oiseaux passe la mauvaise saison de la Méditerranée à l’Afrique de l’Ouest tandis que quelques dizaines hivernent surtout sur le littoral méditerranéen et le Sud-ouest.
Le Gravelot à collier interrompu est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
Le Gravelot à collier interrompu est un nicheur rare en Normandie, bien implanté dans le département de la Manche (côte est et partie sud de la côte occidentale). Des petites colonies existent aussi sur les côtes basses du Calvados. Cette population représente une part importante des effectifs français (autour de 15 %).
Pour la Haute-Normandie, Olivier indiquait en 1938 : « De double passage régulier sur les côtes. Bien qu’ayant été signalé comme nichant par Noury, nous ne connaissons aucun record précis ».
Au début des années 2000, la petite population de Gravelot à collier interrompu s’était éteinte sur la rive nord de l’estuaire de la Seine suite aux bouleversements des aménagements portuaires. Il semble de nouveau vouloir s’y réinstaller durablement (quelques couples seulement), ainsi que sur la rive sud.
Écologie et habitat
Le Gravelot à collier interrompu niche soit en couples isolés, soit en colonies lâches, les oiseaux étant généralement fidèles aux sites de reproduction, sur lesquels ils arrivent dès courant mars. La grande majorité des couples utilise le haut des plages pour nicher, quelle que soit la granulométrie en présence, pourvu qu’une laisse de mer fournie lui assure sa pitance (invertébrés présents au sol). En baie de Seine, ce sont les terre-pleins estuariens (remblais sableux) et peut-être les schorres à végétation clairsemée qui sont utilisés. Il faut finalement à ce limicole des zones plates et dégagées lui permettant de camoufler ses œufs (graviers, galets, coquillages, laisses de mer), qu’il pond dans une cuvette aménagée à même le sol. Les premières pontes (une seconde est fréquente) sont déposées avant la fin du mois de mai. Les jeunes ne peuvent voler qu’à l’âge de quatre semaines, les derniers envols ont lieu fin août. Le régime alimentaire de l’espèce comprend des mollusques, des crustacés et des insectes.
Conservation
Le problème principal pour le Gravelot à collier interrompu est la forte pression humaine sur ses sites de nidification et de stationnement (tourisme, activités de sports de plage, voire urbanisation). Il est indispensable pour sauvegarder cette espèce de sensibiliser le public, mais aussi d’aménager les sites connus sur le haut des plages (enclos, panneaux d’information). Il serait indispensable en Normandie pour cette espèce comme pour toutes celles exploitant les plages de mettre en réserve des zones choisies sur le littoral. Dans l’estuaire de la Seine, la première menace est constituée par les aménagements, essentiellement industriels. Il conviendrait donc sur ce site de faire en sorte que ce gravelot puisse toujours trouver des lieux à sa convenance, stables dans le temps et suffisamment étendus, non dérangés, non pollués et riches en faune invertébrée si l’on veut voir le retour pérenne de cette espèce.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Au début des années 2000, la petite population de Gravelot à collier interrompu s’était éteinte sur la rive nord de l’estuaire de la Seine suite aux bouleversements des aménagements portuaires. Il semble de nouveau vouloir s’y réinstaller durablement (quelques couples seulement), ainsi que sur la rive sud.
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 1 (117ème rang) |
Le Gravelot à collier interrompu n’a a été noté que sur seul un échantillon dans le nord-est du Cotentin.
Période internuptiale
Le Gravelot à collier interrompu est un hivernant rare sur nos côtes basses, dans le Calvados ou la Manche.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| NA | NA | 1 | NA | NA | NA |
L’espèce est absente des échantillons prospectés, sauf en novembre, lors de l’enquête internuptiale.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 0,6 | NA | 0,3 | 0,2 | 0,1 | 0,4 |
Notre base de données reflète également une fréquence très faible de l’espèce de septembre à février.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La densité et les effectifs du Gravelot à collier interrompu en Normandie ne sont pas évaluables par notre méthodologie d’échantillonnage du fait de la fréquence trop faible de l’espèce et de sa localisation concentrée sur les zones humides. Ce sont tout au plus quelques dizaines d’oiseaux qui sont présents à cette période en Normandie.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Gravelot à collier interrompu, période de reproduction et d’hivernage.
