Grand-duc d’Europe

Bubo bubo

Espèce protégée

Nicheur très rare et irrégulier (3 couples)

Statut en Europe et en France

Le Grand-duc d’Europe est présent sur l’ensemble du continent eurasien. Ses populations occupent toute l’Europe sauf l’extrême nord, les îles Britanniques et méditerranéennes. Après un déclin considérable au début du XXe siècle, le Grand-duc a réoccupé une grande partie de son aire de distribution d’origine.

En France, il a commencé dès les années 80 à étoffer ses populations du sud-est, puis s’est étendu dans l’ensemble du nord-est en partie grâce aux réintroductions conduites en Belgique et en Allemagne. Il est dorénavant présent jusqu’à la côte du Pas-de-Calais et les falaises picardes depuis 2004. Il est en forte augmentation et doit comprendre aujourd’hui entre 2 000 et 4 000 couples nicheurs.

Statut en Normandie

Il est connu comme migrateur occasionnel en Normandie par les auteurs du XIXe siècle et du début du XXe.

Ainsi, pour la Haute-Normandie (Seine-Maritime), Olivier notait en 1938 : « Trois individus auraient été tués aux environ du Tot, près Fontenay, entre 1852 et 1855, selon Bacaille ». C’est la seule donnée historique connue.

L’installation de l’espèce en Normandie est donc nouvelle. Elle était attendue tant l’espèce progressait du nord-est vers le nord-ouest depuis une trentaine d’années. Sa présence comme reproducteur a été confirmée au printemps 2021 sur un secteur de falaises maritimes du Pays-de-Caux (Seine-Maritime). En 2023, c’est sur trois secteurs des falaises que l’espèce s’est reproduite, entre Le Tréport au nord et Fécamp au sud..

Écologie et habitat

Le Grand-duc est d’abord un oiseau rupestre. Il s’installe de préférence sur des falaises naturelles ou artificielles, et singulièrement dans des carrières abandonnées ou en activité.

Il peut aussi occuper, comme en Normandie ou dans le Nord des falaises maritimes.  Mais dans le nord de l’Europe et aussi en France orientale, des oiseaux peuvent s’installer en plaine, nichant en lisière forestière sur d’anciens nids d’autres espèces ou même au sol !

Le Grand-duc est sédentaire, mais les jeunes effectuent des déplacements quelquefois importants à la recherche d’un site de reproduction et les adultes peuvent s’éloigner sensiblement de leur site de reproduction en hiver si les conditions sont devenues défavorables. 

Il se nourrit essentiellement de mammifères jusqu’à ceux d’un poids de 2 kg et les oiseaux peuvent représenter un quart des proies capturées.

Conservation

Actuellement considéré comme non menacé à l’échelle européenne et française au vu de l’augmentation de son aire de distribution et de ses effectifs, le Grand-duc est toutefois très fragile sur ses marges de répartition et sur les zones nouvellement colonisées. C’est la raison pour laquelle les données précises ne sont pas publiées.

Il peut en effet être menacé par les lignes électriques (électrocutions et collisions), les installations d’éoliennes, l’usage des biocides utilisés contre les rongeurs et aussi le dérangement direct. Il faut donc impérativement s’abstenir de présence trop proche sur les sites de nidification pendant la période d’activité des oiseaux (dès le crépuscule) et bannir toute tentative de photographies.

Grand-Duc d'Europe
Grand-Duc d’Europe © LPO Normandie

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Grand-duc d’Europe, période de reproduction et d’hivernage.