Gorgebleue à miroir

Luscinia svecica

Espèce protégée

Nicheur migrateur rare (750 couples)

Statut en Europe et en France

La Gorgebleue à miroir occupe l’Europe avec trois sous-espèces : la Gorgebleue à miroir roux (L. svecica) qui constitue la grande majorité des nicheurs européens et se rencontre de la Scandinavie à la Russie, et les gorgebleues à miroir blanc : L. cyanecula en Europe centrale et L. namnetum sur le littoral atlantique de la France. La Norvège constitue son principal bastion européen. Elle y est du reste en déclin.

En France, la sous-espèce namnetum localisée sur le littoral atlantique est la plus commune, tandis que la sous-espèce cyanecula est rare et localisée dans le nord et l’est du Pays.

Statut en Normandie

Si les effectifs de migrateurs nordiques semblent avoir diminué au point de ne fournir aujourd’hui que des observations occasionnelles, la Gorgebleue d’Europe centrale, dans le cadre de l’expansion de l’espèce en France et en Europe, s’est récemment implantée en Normandie, depuis la fin des années 80 et surtout depuis les années 2000. Elle y est toutefois rare et localisée. A part son bastion de l’estuaire de la Seine (450 couples), elle se reproduit en petit nombre dans les marais de la Touques, les marais de la Dives, le marais de Ver-Meuvaines pour le Calvados, les marais de Carentan et le marais de Réthoville, la baie du Mont-Saint-Michel dans la Manche et la tourbière d’Heurteauville en Seine-Maritime. Elle est en augmentation aussi bien numériquement que géographiquement. Les quelques nicheurs de la baie du Mont-Saint-Michel pourrait appartenir à la sous-espèce nammetum (ou Gorgebleue de Nantes). La Normandie constitue un bastion national pour cette espèce pour ce qui concerne la sous-espèce d’Europe centrale.

Pour la Haute-Normandie, Olivier, en 1938, connaissait la Gorgebleue comme « de passage régulier en mars-avril, observée plus facilement en septembre ». On ne sait si cet auteur parlait d’oiseaux d’origine scandinave ou de la population d’Europe centrale.

Les premiers migrateurs arrivent en mars et les oiseaux ont quitté notre pays pour l’Afrique du Nord en septembre.

Écologie et habitat

La Gorgebleue à miroir blanc recherche les zones humides associant végétation buissonneuse et plages de vase humides où elle va s’alimenter. Elle indique ainsi dans l’estuaire de la Seine une certaine « dégradation » de la roselière, dont les bordures s’assèchent et sont envahies par les saules. Sur les autres sites, elle se rencontre aussi sur les bordures des prairies humides. Elle peut utiliser localement des parcelles de colza pour se reproduire.

Elle effectue souvent deux pontes (4 à 6 œufs), en avril puis dans la deuxième quinzaine de mai.

Conservation

Très localisée, inféodée à un milieu en évolution et quelquefois non pérenne, la Gorgebleue est très dépendante du maintien de l’équilibre global des milieux dans les zones humides. Une attention particulière et des mesures de gestion spécifiques sont indispensables si l’on veut que la bonne santé actuelle de la population ne soit pas provisoire.

Il sera encore plus difficile de stabiliser des couples sur d’anciennes ballastières, le maintien des milieux de transition qu’affectionne l’espèce étant très difficile à assurer sur de petits espaces, qui plus est dans des situations où on ne maîtrise pas souvent les niveaux d’eau, donc les zones de vase nue indispensables à l’alimentation.

Si la préservation des marais où elle est présente est indispensable, l’est tout autant une bonne gestion qui doit être pensée au cas par cas.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Gorgebleue à miroir sur un buisson
Gorgebleue à miroir © Antonin Bénard

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Gorgebleue à miroir, période de reproduction et d’hivernage.