Larus marinus
Espèce protégée
Nicheur rare (1 600 couples) ; hivernant commun
Statut en Europe et en France
Nicheur sur les côtes d’Europe du Nord, de la France jusqu’au nord de la Scandinavie, le Goéland marin a ses principaux bastions en Norvège, Islande et dans les Iles britanniques. Il est considéré comme en déclin en Europe.
En France, il niche de la Normandie à la Bretagne. Probablement éliminé de l’avifaune française au début du XXe siècle, le Goéland marin s’est réimplanté dans la première moitié de ce même siècle et a commencé une remarquable progression, tant en effectif que dans sa distribution, à partir des années 1950. Cette progression s’est cependant ralentie en France. En hiver, c’est environ 15 000 oiseaux qui sont présents sur l’ensemble des côtes françaises à l’exception de la Méditerranée.
Statut en Normandie
Historiquement présent en Normandie, le Goéland marin a vu, comme les autres espèces de goélands, ses effectifs augmenter de manière importante depuis 30 ans. Il est aujourd’hui présent sur l’ensemble du littoral, mais de manière non uniforme. La majorité des nicheurs est en effet concentrée dans des îles de la Manche (Chausey, Saint-Marcouf, Tatihou…) et en milieu urbain (Cherbourg, Caen, Fécamp, Le Havre, Dieppe, et même Rouen).
Pour la Haute-Normandie, Olivier signalait en 1938 le Goéland marin comme « de passage régulier sur les côtes, en petit nombre »
Écologie et habitat
Espèce caractéristique des îlots rocheux, le Goéland marin habite surtout en Normandie les îles du Cotentin. Il s’est adapté en Haute-Normandie aux pentes herbeuses ou éboulis de bas de falaises et se reproduit de plus en plus sur les toits des villes ou les bâtiments industriels, à l’instar du Goéland argenté.
Il pond ses 3 œufs en avril ou mai et les sites de nidification sont désertés à la mi-juillet. Il est très dépendant du milieu marin pour son alimentation. Il manifeste souvent un comportement prédateur sur les autres espèces d’oiseaux côtiers et peut donc poser problème aux autres espèces lorsqu’il niche en grandes colonies.
Conservation
La conservation de l’espèce passe par le maintien de la protection des sites des principales colonies sur les îles. Par ailleurs, un risque existe de voir cette espèce pâtir des mesures de régulation des effectifs du goéland argenté en milieu urbain. Ce qui serait regrettable, le Goéland marin jouant lui-même un rôle de régulateur sur son cousin plus petit. L’enjeu de conservation est réel, la Normandie, avec la Bretagne, abritant l’essentiel de la population française.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
La Normandie constitue un bastion national pour cette espèce (20 % des effectifs français).
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 2 (110ème rang) |
Le Goéland marin a été noté sur deux échantillons en Haute-Normandie.
Période internuptiale
L’espèce peut être observée aujourd’hui communément sur l’ensemble du littoral en période internuptiale, d’août à avril. Il s’aventure moins souvent à l’intérieur des terres que les autres laridés, mais il est devenu très régulier le long de la Seine et dans les marais de Carentan.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 8 | 9 | 8 | 12 | 8 | 8 |
On note une stabilité de la fréquence du Goéland marin lors de l’ensemble de la saison internuptiale lors de l’enquête, avec toutefois une augmentation ponctuelle au mois de décembre.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 25 | 26 | 26 | 17 | 17 | 19 |
Dans notre base de données l’espèce est plus fréquente en première partie d’automne (septembre à novembre), puis la fréquence diminue à partir de décembre.
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 5 | 4 |
La fréquence de l’espèce est faible mais similaire entre les deux enquêtes en Haute-Normandie.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La fréquence du Goéland marin en hiver est trop faible et sa localisation trop limitée pour pouvoir estimer sa densité ou ses effectifs par notre méthode d’échantillonnage.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Goéland marin, période de reproduction et d’hivernage.
