Goéland leucophée

Larus michahellis

Espèce protégée

Nicheur très rare (5 couples) ; migrateur estivant assez rare ; hivernant rare

Statut en Europe et en France

Espèce méridionale, maintenant considérée comme distincte du Goéland argenté nordique, le Goéland leucophée est répandu sur toutes les côtes méditerranéennes et le long de la mer Noire.

En forte expansion partout, il a progressivement colonisé, en France, la vallée du Rhône et tout le Sud-Est, puis s’est installé le long du littoral atlantique via la vallée de la Garonne. Il s’est ensuite installé dans la vallée de la Loire, puis de la Seine francilienne d’où il a atteint la Normandie. De nombreux estivants non reproducteurs se répandent le long de la Loire, en baie du Mont-Saint-Michel, puis le long de la Seine.

Statut en Normandie

Après une première tentative de nidification avortée en 1994 à Tosny (Eure) en vallée de la Seine, l’espèce s’est installée durablement comme oiseau nicheur en vallée de la Seine (Eure) et même jusque dans la banlieue de Rouen.

Le Goéland leucophée est assez fréquent en estivage dans la vallée de la Seine-amont, de juillet à octobre et sur les côtes basses du Calvados.

Pour la Haute-Normandie, Olivier, en 1938, signalait l’espèce comme « accidentelle  ».

Écologie et habitat

Si le Goéland leucophée est présent comme nicheur dans les mêmes habitats que son proche cousin le Goéland argenté dans ses bastions méridionaux (îlots marins, falaises, toits de villes…) il n’en est pas de même dans les régions plus nordiques où les couples s’installent le long des fleuves, sur des barrages hydroélectriques ou des ballastières. Il en est de même en hivernage ou en migration ; le Goéland leucophée occupe les zones de côtes basses tandis que le Goéland argenté est présent dans les secteurs de falaises.

Il se reproduit singulièrement plus tôt que le Goéland argenté, fin mars ou début avril, tandis que le Goéland argenté niche plutôt de fin avril jusqu’à début mai.

Conservation

Comme il est fréquent chez cette espèce, les couples isolés peuvent se cantonner des années sans réussite dans la reproduction, l’apport d’oiseaux nouveaux étant toujours entretenu par l’arrivée d’estivants.

Au vu de la dynamique globale positive de l’espèce en France, bien que comme pour  tous les goélands on aboutisse à un seuil et à une stabilisation des effectifs à terme, on aurait pu penser que l’espèce se serait implantée de manière plus importante ou plus rapidement en Normandie. Ce n’est pas le cas et les quelques couples normands forment une population fragile, très dépendante des futurs réaménagements de carrières ou de la prise en compte de la biodiversité dans les réhabilitations programmées de zones industrielles.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Goéland leucophée sur le rivage
Goéland leucophée © Frédéric Malvaud

Nidification

Le nombre de couples est très faible (moins de 10 couples) et n’augmente pas significativement.

Période internuptiale

Des adultes sont observés de plus en plus souvent en période hivernale dans la région.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
4311NANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On note une baisse de fréquence progressive pendant la migration automnale jusqu’à une absence en hiver sur les échantillons prospectés.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
654333
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données confirme la baisse de fréquence en automne mais montre une fréquence sensible pendant l’hiver.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
12
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Pour la Haute-Normandie, on constate une augmentation de fréquence entre les deux enquêtes en période internuptiale. 

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Goéland leucophée, période de reproduction et d’hivernage.