Goéland argenté

Larus argentatus

Espèce protégée

Nicheur assez rare (13 000 couples) ; hivernant commun

Statut en Europe et en France

Le Goéland argenté est répandu dans toute l’Europe du nord-ouest, des côtes françaises jusqu’à l’extrême nord de la Scandinavie. Il niche à l’intérieur des terres en Suède et en Finlande. La Norvège et le Royaume-Uni constituent ses principaux bastions européens.

Il est aujourd’hui présent sur toutes les côtes atlantiques françaises, d’Arcachon au Nord. Il s’est installé aussi à l’intérieur des terres le long de la vallée de la Seine, jusqu’à Paris. L’espèce a connu en France un fort déclin en début de XXe siècle, avant d’entamer un redressement dans la deuxième moitié du siècle pour atteindre plus de 90 000 couples. Depuis une quinzaine d’années, le Goéland argenté a stabilisé ses effectifs, puis entamé un déclin marqué. Sa population française est aujourd’hui autour de 50 000 couples. La Normandie et la Bretagne constituent ses principaux bastions français.

Le Goéland argenté est considéré comme Quasi menacé dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Europe et Vulnérable dans celle de l’Union européenne (UICN).

Statut en Normandie

Aujourd’hui, le Goéland argenté niche sur des falaises ou des îles le long de tout le littoral normand (côte d’Albâtre, Bessin, Cotentin), mais le phénomène le plus remarquable est son installation en ville, au Havre, à Dieppe, à Fécamp, à Caen, Cherbourg ou Coutances. Des couples ont récemment colonisé la ville de Rouen. Cette population urbaine, à la différence de la population de falaises, est en augmentation. Elle peut atteindre plusieurs centaines de couples comme à Cherbourg, en colonies mixtes avec des goélands bruns et marins.

En Haute-Normandie, il était considéré par Olivier en 1938 comme : « De passage régulier et nidificateur en de très nombreux points de la côte de la Seine-Inférieure ».

Écologie et habitat

Le Goéland argenté niche en falaises, mais aussi sur les toits des villes côtières. Il se nourrit de diverses proies animales qu’il va chercher aussi bien en bord de mer que dans les cultures, et est facilement nécrophage. Il exploite particulièrement les décharges d’ordures ménagères. Il est aussi prédateur des poussins ou œufs d’autres espèces d’oiseaux. Il pond ses trois œufs de la fin d’avril au début de mai.

Conservation

Dans notre région, la localisation de la moitié des effectifs sur les falaises littorales nécessite une surveillance dans le contexte de la diminution des effectifs de l’espèce. Ce déclin peut s’expliquer par une série de causes : disparition des décharges à ciel ouvert, dynamique normale voyant une diminution suivre naturellement une forte augmentation, diminution des rejets de la pêche, compétition (voire prédation comme avec le Goéland marin) par les autres espèces de goélands, recrutement privilégié des colonies urbaines au détriment des colonies en milieu naturel. Ce phénomène est identique en région Bretagne, autre région française abritant l’essentiel des effectifs nationaux.

C’est aussi dans ce contexte français et européen de déclin qu’il faut replacer les enjeux de la présence du Goéland argenté (et des goélands brun et marin) en ville. Les raisons de ces implantations en ville sont connues : abondante nourriture due aux décharges, poubelles accessibles et déchets portuaires, absence de prédation, chaleur supérieure favorisant les pontes.

Considéré comme une espèce nuisible (déjections sur les toits, bruit, manœuvre d’effarouchements des adultes envers les humains pendant la couvaison), il fait l’objet de mesures de limitation des effectifs reproducteurs (campagnes de stérilisation des œufs) dans maintes agglomérations (La Havre, Cherbourg, Fécamp…). Ces campagnes de limitation ont un coût important et leur efficacité est discutée, sans même prendre en compte leur impact négatif sur une espèce protégée.

Ne faut-il pas penser autrement en s’interrogeant sur la réalité des nuisances (ainsi, en matière de bruit, nos moteurs sont bien plus impactant pour l’homme en ville !) et aussi en réfléchissant à des façons de cohabiter avec les goélands plutôt qu’en cherchant à faire un monde sans nature.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Goéland argenté en vol
Goéland argenté © LPO Normandie

Nidification

La population urbaine de goélands argentés, à la différence de la population de falaises, est en augmentation. L’ensemble de la population normande atteint environ 13 000 couples, le quart des effectifs français, pour l’essentiel aujourd’hui dans les villes suite à la diminution drastique des populations installées en milieu naturel.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
6 (92ème rang)

Le Goéland argenté a été noté sur six échantillons en Haute-Normandie, en vallée de la Seine ou sur le littoral.

Période internuptiale

En hiver, le Goéland argenté est présent sur la partie de la région proche du littoral : Seine-Maritime, ouest de l’Eure, Calvados, département de la Manche. Il peut pénétrer à l’intérieur des terres et suit alors les rivières, la Seine en particulier, pour rejoindre les ballastières de l’Eure.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
403846433942
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

Lors de l’enquête, les fréquences du Goéland argenté sont assez stables (autour de 40 %) au cours de la saison internuptiale.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
495151414243
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique une baisse des fréquences à partir de décembre, peut-être due au départ des hivernants qui remontent vers leurs sites de nidification.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
3233
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

La fréquence de l’espèce est identique entre les deux enquêtes en Haute-Normandie menées en 2007 et 2019.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

La localisation trop restreinte aux zones littorales du Goéland argenté en hiver nous empêche d’estimer sa densité ou ses effectifs par notre méthode d’échantillonnage.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Goéland argenté, période de reproduction et d’hivernage.