Muscicapa striata
Espèce protégée
Nicheur migrateur commun (23 000 couples)
Statut en Europe et en France
Le Gobemouche gris niche dans l’ensemble de l’Europe, mais possède ses bastions dans le Nord, en particulier en Finlande et en Suède. Il est noté en déclin dans l’Union européenne.
Il est présent sur tout le territoire français, mais en général avec de faibles densités et des différences importantes suivant les régions, nettement plus faibles dans le sud-est. Il est en net déclin sur le long terme en France. Les populations des îles de la Méditerranée occidentale (dont la Corse) pourraient constituer une espèce propre. Le Gobemouche gris est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs de France (UICN).
Statut en Normandie
Le Gobemouche gris est une espèce peu fréquente, bien que répandue sur l’ensemble de la région. Il est plus fréquent dans les vallées et nettement plus rare dans le Cotentin. La Normandie représente un bastion national pour cette espèce. Pour la Haute-Normandie, Olivier en 1938 indiquait le Gobemouche gris « très commun » ce qui n’est manifestement plus le cas.
Le Gobemouche gris est un migrateur arrivant tardivement, souvent pas avant début mai. Les oiseaux repartent vers l’Afrique dès le mois d’août.
Écologie et habitat
Oiseau de plaine, le Gobemouche gris semble dépendant de milieux lui assurant une importante ressource alimentaire, composée d’insectes volants. Il est, en général, lié aux arbres, du moment qu’ils ne sont pas en formation trop denses. Ainsi, dans les pays du Nord, il habite la taïga et en France les forêts assez âgées et claires, les ripisylves. Il s’est cependant adapté au voisinage de l’homme et fréquente assidûment les parcs et jardins, jusqu’au cœur des villages en Normandie, milieu où est présent aujourd’hui l’essentiel de la population. Il installe souvent son nid dans la vigne vierge ou les cavités des maisons de campagne. La ponte (4 ou 5 œufs) a lieu dès fin avril ou début mai, à l’arrivée de migration. Il peut effectuer une second ponte.
Conservation
On peut supposer que le déclin de l’espèce en Europe est lié à la diminution des ressources alimentaires (agriculture intensive, pesticides), ainsi qu’à la raréfaction des vieux boisements, peut-être aussi au réchauffement climatique, pour cette espèce nordique et spécialisée. Malgré ces causes présentes aussi en Normandie, l’espèce échappe peut-être à un déclin trop marqué par sa propension à nicher près des habitations humaines et à privilégier les bords boisés des cours d’eau.
Le Gobemouche gris est cependant à surveiller attentivement. Une prospection serait nécessaire pour évaluer plus finement les effectifs régionaux, ainsi que le pourcentage de sa population régionale habitant en milieu forestier.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 10 000 | 2 500 | 23 000 |
L’estimation indique que la Normandie regroupe une part importante des effectifs nicheurs français (environ 21 %).
Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, le Gobemouche gris montre forte densité dans le Vexin normand, marquée aussi dans le Pays-de-Caux, les plateaux de Rouen, le Roumois, le Lieuvin et le marais de Carentan. A l’inverse, le bocage du Cotentin est très peu recherché par l’espèce, comme la vallée de la Seine ou le sud de l’Eure.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 0,8 | 0,7 | 0,8 (45ème rang) |
Au 45ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), le Gobemouche gris est une espèce répandue en Normandie avec de faibles densités, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest pour ce qui est de la partie échantillonnée.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 90 | 84 | 85 (16ème rang) |
En termes de fréquence sur les échantillons, on note une baisse significative de fréquence (- 7 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie pendant la période de reproduction.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| 0,3 | 0,5 | 0,6 | 0,7 | 0,9 |
Le Gobemouche gris préfère les milieux ouverts qui peuvent lui fournir suffisamment d’insectes pour élever ses jeunes. Les prairies arrivent en tête ainsi qu’une grande variété de milieux, y compris près des habitations.
Période internuptiale
Le Gobemouche gris est un migrateur strict qui quitte la Normandie à l’automne.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 2 | NA | NA | NA | 77 | NA |
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 6 | 0,8 | NA | NA | NA | NA |
L’espèce est encore notée en septembre, avec des derniers oiseaux en octobre.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
La conséquence du départ rapide en migration (beaucoup d’oiseaux partent dès août) est que les effectifs ne sont pas comptabilisables en période postnuptiale et hivernale.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Gobemouche gris, période de reproduction ou d’hivernage.
