Fuligule milouin

Aythya ferina

Espèce chassable

Nicheur très rare (20 couples) ; hivernant assez rare

Statut en Europe et en France

Présent essentiellement en Europe orientale (bastions en Pologne et Roumanie), le Fuligule milouin est marginal en Europe de l’Ouest.

Il semble s’être implanté en France dans les années 30, avoir connu une forte expansion dans les trente ans qui ont suivi, le conduisant à coloniser la moitié nord du pays. Depuis, il a amorcé une phase de déclin particulièrement dans ses quatre bastions (Dombes, Sologne, Brenne et Forez).

Le Fuligule milouin est considéré comme Vulnérable dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Europe et dans celle de l’Union européenne (UICN). Il est considéré comme menacé (Vulnérable) à l’échelle mondiale.

Statut en Normandie

C’est dans sa phase d’expansion (1960 – 1980) qu’il a d’abord colonisé les étangs du Perche en Basse-Normandie, puis des ballastières de l’Eure en Haute-Normandie ainsi que l’estuaire de la Seine. C’est certainement le déclin de l’espèce en France depuis lors qui ne lui a pas permis de s’installer durablement. Il reste un nicheur irrégulier (Mare de Vauville, estuaire de la Seine, vallée de la Touques, étangs de Poses…).

Pour la Haute-Normandie, le Fuligule milouin n’était connu par Olivier en 1938 que comme « migrateur ou hivernant commun ».

Certaines années, en période d’hivernage, le Fuligule milouin dépasse le millier d’individus dans la vallée de la Seine. Ailleurs, il est beaucoup plus rare, surtout présent en Haute-Normandie.

Il peut être observé tous les mois de l’année, mais reste très rare de mars à juillet, le maximum étant composé d’hivernants entre novembre et février.

Écologie et habitat

Le Fuligule milouin habite des étangs d’eau douce de profondeur moyenne avec une abondante végétation immergée. Il peut habiter les plans d’eau artificiels, au moins transitoirement, pendant la phase de colonisation végétale et animale.

Il se nourrit de végétation mais aussi de petits crustacés et de moules zébrées. La ponte (8 à 10 œufs) a lieu essentiellement de mi- avril à mi-juin, quelquefois plus tôt. L’envol des jeunes se produit entre mi-juillet et mi-septembre.

Conservation

Le Fuligule milouin est affecté par divers facteurs expliquant son déclin : chasse trop tôt en été, beaucoup de jeunes n’étant pas volants avant la mi-septembre, pollution agricole ou urbaine des étangs, gestion des étangs éliminant la végétation aquatique, dérangement touristique.

La survie de l’espèce en France passe donc par une série de mesures, locales ou globales, visant à réduire ces facteurs limitatifs. En Normandie, la gestion écologique des anciennes carrières est un enjeu pour l’espèce si l’on veut voir un jour des populations nicheuses stables.

Compte tenu de son statut européen et national, le Fuligule milouin devrait être retiré de la liste des espèces chassables.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Fuligule milouin mâle au bord de l'eau
Fuligule milouin © David Gibouin

Nidification

Sa population est estimée à une vingtaine de couples.

Fréquence sur les échantillons prospectés (%)

Normandie
1 (117ème rang)

Espèce rare, il est logiquement très peu noté sur nos échantillons. 

Période internuptiale

L’espèce est surtout présente en hivernage sur deux sites : les étangs de Poses dans l’Eure (où il est en net déclin) et la tourbière de Baupte dans la Manche (où il a nettement progressé). Au total, ce sont quelques milliers de couples qui hivernent en Normandie, avec une tendance au déclin.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
1111NANA
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

La localisation de l’espèce explique le faible pourcentage de fréquence sur nos échantillons. 

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
5588137
Fréquence (%) par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique une augmentation de fréquence jusqu’en janvier.

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

Le peuplement localisé de l’espèce n’a pas permis de calculer des densités ni des effectifs.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Fuligule milouin, période de reproduction et d’hivernage.