Fulica atra
Espèce chassable
Nicheur (10 000 couples) et hivernant peu commun
Statut en Europe et en France
Répandue dans toute l’Europe, la Foulque macroule a ses bastions en Europe du Nord (des Pays-Bas à la Lituanie) et à l’Est (Hongrie, Roumanie, Ukraine).
Elle est présente dans toute la France, mais bien plus dispersée dans l’extrême sud du pays où elle suit les grandes vallées fluviale ou se concentre dans les marais littoraux. Si elle est en augmentation en France, elle est en déclin dans la plupart de ses bastions européens.
La Foulque macroule est considéré comme Quasi menacée dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Europe (UICN).
Statut en Normandie
Il est certain que la Foulque macroule a profité dans notre région du creusement de nombreuses ballastières pour étoffer ses effectifs. Elle niche dorénavant en effet sur la plupart des plans d’eau, dès lors qu’ils ne sont pas trop petits.
Pour la Haute-Normandie, elle était connue par Olivier en 1938 comme « hivernant parfois en grand nombre et nicheuse en plusieurs localités ». Hivernante en nombre (plusieurs milliers dans l’Eure, à Poses par exemple), la Foulque macroule atteint quelques dizaines de milliers d’individus sur l’ensemble de la Normandie à cette saison.
Écologie et habitat
Strictement herbivore, la Foulque macroule recherche pour nicher des milieux aquatiques de faible profondeur à végétation herbacée abondante. Elle accompagne aussi presque systématiquement le grèbe huppé. Généralement, une ponte de 5 à 12 œufs est déposée en mai, quelquefois plus tôt. Une deuxième ponte est habituelle et des jeunes non volants peuvent être observés jusqu’en août.
Conservation
Peu recherchée par les chasseurs, peu exigeante en matière d’habitat, la Foulque macroule semble donc s’être bien adaptée à l’homme, allant même jusqu’à s’installer sur les plans d’eau urbains. Elle ne pose donc pas pour le moment de problèmes de conservation en Normandie. Cela dit, au vu de son statut de conservation défavorable en Europe, la Foulque macroule devrait figurer sur la liste des espèces protégées.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 7 000 | 2 000 | 10 000 |
L’estimation indique que la Normandie regroupe une part non négligeable des effectifs nicheurs français (environ 22 %).
Carte des densités par zones biogéographiques

Sans surprise, les zones les moins peuplées sont celles qui sont pauvres en plans d’eau permettant d’abriter un nid.
Comparaison des densités par grandes zones
| Haute-Normandie | Cotentin / Bessin | Normandie |
| 0,6 | 0,6 | 0,2 (53ème rang) |
Au 53ème rang d’abondance régionale (sur 187 espèces d’oiseaux nicheurs), la Foulque est assez commune en Normandie. Ses densités sont similaires partout dans la Région.
Fréquence sur les échantillons prospectés
| Haute-Normandie en 2017 | Haute-Normandie en 2019 | Normandie |
| 8 | 16 | 17 (63ème rang) |
En termes de fréquence sur les échantillons, on note une hausse très significative de fréquence (+ 100 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie.
Densité par type d’habitat
| Bâti | Cultures | Forêt | Mosaïque | Prairies |
| NA | NA | 0,8 | 0,4 | 0,7 |
Deux habitats ressortent un peu en termes de densités pour la Foulque : les zones forestières et les prairies. Ces milieux ont en effet une densité de plans d’eau un peu supérieure aux autres milieux, en général.
Période internuptiale
Les foulques, sédentaires en Normandie probablement pour la plupart des individus, sont rejointes en hiver par un grand nombre d’hivernantes, issues de l’Est et du Nord de l’Europe.
Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 10 | 8 | 12 | 9 | 11 | 15 |
On constate dans ce travail d’échantillonnage une augmentation modérée de la fréquence de l’espèce en février, date du passage prénuptial vers le Nord.
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février |
| 21 | 17 | 21 | 21 | 29 | 23 |
Les fréquences sont proches tout au long de l’hiver, avec cependant un pic en janvier (expliqué par les hivernantes, au nombre cependant variable selon les périodes et selon les hivers).
| Haute-Normandie en 2007 | Haute-Normandie en 2019 |
| 8 | 10 |
On note une petite hausse de fréquence sur les échantillons prospectés en Haute-Normandie entre 2007 et 2019, en période internuptiale.
Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie
| Septembre | Octobre | Novembre | Décembre | Janvier | Février | |
| Densité (individus / km²) | 1,6 | NA | 3,3 | NA | 2,9 | 2,0 |
| Effectifs (nombre d’individus) | 48 000 | NA | 99 000 | NA | 86 700 | 60 000 |
La densité et l’abondance de l’Accenteur mouchet augmente, sur les échantillons prospectés, de septembre à février, comme pour les fréquences. Cela pourrait être dû à sa visibilité plus qu’à sa réelle abondance, l’Accenteur mouchet étant moins discret à l’approche de sa période de reproduction. La population normande hivernante peut être estimée autour de 1000 000 oiseaux.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de la Foulque macroule, période de reproduction ou d’hivernage.
