Caprimulgus europaeus
Espèce protégée
Nicheur migrateur assez rare (500 couples)
Statut en Europe et en France
L’aire de répartition de l’Engoulevent d’Europe est large puisqu’on le rencontre des Iles Britanniques à l’Asie Centrale et du Maghreb au sud de la Scandinavie. La distribution de cet oiseau est néanmoins concentrée autour de la Méditerranée (Grèce, Espagne, Italie et France) ou au nord-est de l’Europe (Pays baltes en particulier).
La distribution méridionale de l’Engoulevent se retrouve assez clairement en France puisque l’on considère que l’oiseau est rare dans la moitié nord du pays, quasi absent de la façade Nord-Est. Au sud, la présence de l’espèce est relativement homogène avec quelques variations régionales. On le rencontre en effet assez peu dans les zones de montagnes (Massif Central, Alpes) alors qu’il est apparemment un hôte régulier de toute la façade atlantique.
L’Engoulevent semble stable en Europe et en France.
Statut en Normandie
L’Engoulevent d’Europe est un nicheur assez rare en Normandie, concentré sur trois bastions : les landes atlantiques des monts gréseux du Cotentin, les landes forestières des forêts ornaises et du sud du Calvados et enfin celles de la vallée de la Seine (Eure et Seine-Maritime). Il est absent des forêts au nord de la Seine.
Pour la Haute-Normandie, Olivier indique en 1938 : « Arrive en avril pour repartir en septembre, après la reproduction. Commun, ou assez commun, comme nidificateur suivant les régions. En forêt de Rouvray et de Mauny, il est particulièrement répandu ».
Écologie et habitat
On rencontre l’Engoulevent dans les zones de landes naturelles et de friches, dans les parcelles forestières de résineux en régénération, les trouées forestières (sous les lignes à haute tension par exemple), les terrains militaires. L’espèce est thermophile et recherche donc prioritairement des territoires bien exposés. Pour nicher, il lui faut au total un couvert végétal bas et clairsemé, lui laissant des zones dégagées pour chasser en vol et parader, sur un sol plutôt sec. Il se nourrit de gros insectes, papillons nocturnes pour l’essentiel, qu’il peut aller chercher jusqu’à six kilomètres de son nid.
L’Engoulevent d’Europe est un oiseau migrateur qui revient nicher chez nous début mai. Le chant du mâle se fait entendre dès la fin de la première décade de mai. Vers la fin mai, la femelle dépose 2 œufs dans le nid qui n’est en fait qu’une légère dépression à même le sol. L’incubation durera environ 18 jours. Les jeunes, semi-nidifuges, sont capables de se mettre à l’écart du nid après seulement 2 jours de vie. L’immobilité et le plumage cryptique de l’oiseau (poussin ou adulte) constituent une protection efficace contre la prédation. On constate souvent que le mâle finit d’élever la première nichée alors que la femelle aborde une seconde nidification vers la mi-juillet. Cette façon de procéder peut permettre à l’espèce de nicher le cas échéant deux fois pendant son court séjour estival. Les jeunes sont parfaitement autonomes au bout de quatre semaines. La migration post-nuptiale s’entreprend en Normandie dès la première décade de septembre.
Conservation
La destruction ou les profondes modifications de l’habitat de cet oiseau constituent les raisons majeures pouvant réduire les effectifs et diminuer la répartition de l’espèce. Les landes naturelles, habitat originel de l’Engoulevent, sont ainsi de nos jours très souvent détruites du fait d’aménagements industriels, d’arboriculture commerciale (résineux) ou d’urbanisation, sur des sites rejetés par l’agriculture du fait d’un sol trop sablonneux donc trop « pauvre ». Les parcelles forestières en régénération peuvent il est vrai constituer un habitat de substitution, qui cependant n’est pas par définition un milieu pérenne. Par conséquent, ces zones dont la végétation amenée à croître finit par fermer le milieu, offrent localement un sursis à l’Engoulevent plus qu’elles n’assurent une sauvegarde durable de l’espèce. Les traitements insecticides utilisés en agriculture (ou même dans certains cas en sylviculture) apparaissent comme une cause supplémentaire du recul des populations d’engoulevents.
La protection efficace de l’Engoulevent d’Europe passe obligatoirement par la conservation durable de son habitat. Il est donc primordial de conserver et entretenir les landes naturelles qui subsistent (landes forestières, landes sèches à bruyères, fougères ou genêts, landes à ajoncs) grâce à des acquisitions par des organismes ou associations compétentes, au maintien d’activités pastorales traditionnelles et à des aides financières opportunes. La sauvegarde de ces milieux remarquables est une priorité. Par ailleurs, la gestion forestière doit impérativement intégrer le respect d’une certaine biodiversité et maintenir un couvert végétal varié (espèces végétales multiples, d’âges différents) et hétérogène (zones boisées et zones de landes de densité variable). Des mesures générales visant à réduire, de manière substantielle, l’usage des pesticides en agriculture ne pourraient qu’être bénéfiques à l’Engoulevent d’Europe.
Répartition en période de nidification (2005-2012)


Nidification
Fréquence sur les échantillons prospectés (%)
| Normandie 2 (110ème rang) |
L’Engoulevent a été noté sur deux échantillons dans l’Eure et la Manche.
Période internuptiale
Espèce migratrice, l’Engoulevent n’a logiquement pas été noté sur nos échantillons lors de la période septembre à février.
Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national de l’Engoulevent d’Europe, période de reproduction et d’hivernage.
